La Maison Blanche et le CENTCOM confirment le contrôle du détroit d’Ormuz

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le Maison Blanche et le CENTCOM ont annoncé que le Détroit d’Ormuz reste sous contrôle américain, les mines iraniennes étant déminées et près de 1 500 navires commerciaux protégés.
  • Qui est derrière ? Il président des États-Unis, Donald Trumpet le Commandement central américain (CENTCOM), avec le soutien d’analystes de la défense et de groupes de réflexion conservateurs.
  • Quel impact cela a-t-il ? L’approvisionnement en pétrole vers l’Europe est assuré et une source de stabilité pour les prix de l’énergie en Espagne est consolidée, même si le risque de représailles persiste.

Le Maison Blanche a confirmé que le Détroit d’Ormuz Elle est sous le contrôle des États-Unis.

Les chiffres du contrôle du détroit d’Ormuz

Selon le communiqué publié par la Maison Blanche, le CENTCOM a déminé les mines iraniennes des voies de navigation internationales du détroit. Près de 1 500 navires commerciaux ont transité sous la protection de la marine américaine, avec 750 millions de barils de pétrole brut expédiés vers les marchés mondiaux. L’approvisionnement en pétrole vers les marchés mondiaux est garanti.

Depuis la réactivation du blocus en juillet, l’Iran n’a exporté aucun pétrole de ses côtes. Les chiffres du communiqué officiel ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Soixante-quinze navires qui tentaient de briser le blocus ont été contraints de faire demi-tour. Les exportations de brut du Golfe ont désormais retrouvé les deux tiers de leur niveau d’avant l’opération.

Donald Trump répète la même idée depuis le 10 août. « La seule qui contrôle actuellement le détroit d’Ormuz est la marine américaine », déclarait-il ce jour-là. Le 27 août, il insiste : « Le détroit d’Ormuz est ouvert. Nous avons le contrôle et nous avons le blocus. L’Iran n’obtient rien ; rien ne se passe.

Les analystes cités par la Maison Blanche partagent cette lecture. KT McFarlandancien conseiller adjoint à la sécurité nationale, affirme que l’Iran a exagéré en fermant le détroit : « Pendant cinquante ans, l’Iran a fait chanter le monde. Pas plus. Cette lettre est morte. La carte iranienne du chantage énergétique est morte. John Spencer de West Point ajoute que le blocus est efficace.

Le blocus américain a désactivé le principal moyen de chantage énergétique de l’Iran pendant des décennies et a montré qu’aucun pays ne peut fermer Ormuz sans en payer le prix.

Quels changements pour l’Espagne et l’Europe

Pour Madrid la lecture est double. D’une part, la normalisation du trafic à travers le détroit évite le scénario d’un tir de baril qui affecterait les factures énergétiques des foyers et des entreprises. Un détroit ouvert est le meilleur vaccin contre une hausse des prix du pétrole. D’un autre côté, une escalade prolongée maintient la prime de risque géopolitique en vie.

La grande compagnie pétrolière espagnole Repsol et le reste du secteur énergétique européen suivent de près les évolutions dans la région, car la stabilité de l’approvisionnement se traduit par des coûts d’approvisionnement plus prévisibles. Le consommateur espagnol le remarque sur la facture d’électricité et dans le réservoir d’essence.

Logique de Washington

La décision de déployer la Marine et de maintenir le blocus ne répond pas à un sursaut. Washington applique une stratégie d’asphyxie financière et non d’occupation territoriale. L’objectif est de priver le régime iranien des revenus pétroliers qui financent ses capacités militaires et son influence régionale.

Le précédent le plus clair est l’opération Earnest Will, avec laquelle Ronald Reagan protégé les pétroliers koweïtiens dans le golfe Persique entre 1987 et 1988. L’objectif était le même : qu’aucun adversaire ne transforme le pétrole en arme. A l’époque comme aujourd’hui, la justification était de garantir la liberté de navigation.

Le soutien politique national compte également. L’establishment américain de la défense a resserré les rangs avec la Maison Blanche. Entre-temps, Bruxelles évite une collision frontale et préfère observer les effets du blocus sur l’économie iranienne.

Washington a réalisé ce qu’il s’était fixé, mais il doit maintenant démontrer qu’il peut maintenir le déploiement sans que des représailles asymétriques ne débordent. Cet automne, on verra si la pression économique force Téhéran à s’asseoir et à négocier.

Dossier

  • Le cas : Le Maison Blanche et le CENTCOM confirmer le contrôle de Détroit d’Ormuz et la réactivation du blocus des exportations iraniennes.
  • Données clés : Près de 1 500 navires commerciaux protégés ; 750 millions de barils de pétrole brut expédiés ; zéro exportation iranienne depuis juillet ; 75 navires rejetés ; récupération des deux tiers du flux précédent.
  • Pour l’Espagne : Un approvisionnement énergétique plus stable et des prix plus prévisibles, avec un risque latent de représailles qui déclenche la volatilité.