Vox rejette la réforme de la loi sur l’immigration approuvée par le gouvernement après la crise de Ceuta

Thibault Delacroix

Voix a rejeté la réforme de la loi sur l’immigration approuvée par le gouvernement après la crise de Ceuta. Il Conseil des ministres a approuvé deux avant-projets lors de sa première réunion après les vacances d’été, mais le parti de Santiago Abascal prévient qu’il ne mettra pas fin à l’immigration irrégulière.

La position de Vox : rejet frontal et revendications sur le terrain

La formation qu’il préside Santiago Abascal a reçu la proposition du gouvernement comme une adaptation bureaucratique du Pacte européen sur la migration et l’asile qui ne s’attaque pas à la racine du problème. Selon des sources du parti consultées par Moncloa.com, la direction affirme que la crise de Ceuta nécessite des mesures d’urgence : déploiement efficace des Corps de sécurité de l’Étatfermeture des passages non régularisés et retour immédiat de ceux qui y accèdent sans autorisation.

Le groupe parlementaire VOX a déjà transféré lors de sessions précédentes du Congrès des députés que l’immigration irrégulière constitue un facteur déstabilisateur. La réforme présentée par l’Exécutif intègre un Triage de 72 heures et une procédure de retour de 12 semaines, mais pour Vox, c’est insuffisant. Le parti réclame des délais plus courts, la détention à la frontière et la suppression de tout itinéraire qui, à son avis, consolide l’effet d’appel.

Que propose le Gouvernement et quelle est la trajectoire du texte ?

Les avant-projets d’une nouvelle loi réglementant la protection internationale et la réforme partielle de la loi sur l’immigration ont été approuvés dès le premier tour. Le Ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaskaa présenté les deux initiatives comme une tentative de concilier une gestion « agile, efficace et ordonnée » avec les garanties des migrants. Le triage aux frontières et la procédure de retour sont les axes centraux de la réforme.

La règle maintient une durée maximale de 72 heures pour la procédure de pré-entrée, contre sept jours autorisés par le Pacte européen. La procédure de retour peut durer jusqu’à 12 semaines, pendant lesquelles les personnes ayant demandé une protection internationale doivent rester à la disposition des autorités. Le texte distingue également les procédures ordinaires et les procédures accélérées, ces dernières ayant une résolution maximale de trois mois.

Les deux avant-projets doivent encore passer les rapports du Conseil d’Étatdu Conseil général du pouvoir judiciaire, du Conseil fiscal et de l’Agence espagnole de protection des données. Un second tour devra alors avoir lieu avant d’être renvoyé au Congrès. Grande-Marlaska espère les transformer prochainement en projets de loi et rechercher le plus grand consensus possible.

La réforme est née d’une logique de gestion et non d’un contrôle efficace : Vox va exploiter cette lacune au Congrès et dans la rue.

La lecture stratégique : le pouls migratoire met aussi la pression sur le PP

Le rejet de Voix Ce n’est pas un geste isolé. L’immigration est devenue le principal conflit stratégique de la législature et la crise de Ceuta remet le parti sur place. Rappelons que Vox a rompu ses pactes d’autonomie avec le gouvernement en juillet 2024. PP pour l’accueil des mineurs étrangers non accompagnés. Ce précédent marquait le périmètre de la relation entre les deux parties.

La direction de Vox voit désormais une opportunité de faire pression sur le PP avant que les projets de loi n’atteignent les Cortes. Si les partis populaires rejoignent le consensus recherché par Grande-Marlaska, Vox pourra se présenter comme la seule véritable opposition en matière d’immigration. Si le PP prend ses distances, le parti d’Abascal renforcera sa thèse selon laquelle seul son discours ose souligner le problème. Aujourd’hui, le site officiel de Vox publie sa campagne contre l’immigration irrégulière.

En parallèle, le Gouvernement maintient un front ouvert contre l’extrême droite. Marlaska a annoncé travailler avec le Bureau du procureur de la Chambre des crimes de haine. La direction de Vox répond que la véritable urgence se situe à la frontière et non dans les discours. Le prochain débat au Congrès sera l’étape où l’on mesurera l’ampleur réelle de cette impulsion.