Si vous bénéficiez du tarif réglementé, votre facture d’électricité va augmenter de 20% ce mois-ci et ce n’est pas seulement à cause de la climatisation : il faut avoir peur de ces choses-là

Thibault Delacroix

Le marché de gros de l’électricité, connu sous le nom piscineaccumule en août une moyenne quotidienne de plus de 124 euros par mégawattheure (MWh) au cours des 23 premiers jours du mois, son plus haut niveau depuis février 2023. Deux jours seulement ont clôturé en dessous de 100 euros/MWh, et le chiffre cache une extrême volatilité : le même jour, des minimums proches de zéro, voire des prix négatifs, ont été enregistrés dans les heures d’ensoleillement centrales, et des maximums proches de 200 euros/MWh pendant la nuit. Cette augmentation du prix de gros explique, dans une large mesure, que la facture d’un ménage moyen couvert par le tarif réglementé (PVPC) a grimpé de plus de 22% sur un an : 61,33 euros les 21 premiers jours contre 50 sur la même période de 2025, soit environ 11 euros de plus en poche.

La cause n’est pas seulement la climatisation, même si les vagues de chaleur ont accru la demande. Le facteur décisif est le gaz : le Mibgas dépasse déjà les 65 euros/MWh, sous la pression de l’incertitude sur les routes d’approvisionnement au Moyen-Orient et de la course européenne pour remplir les entrepôts avant l’hiver. Et ici apparaît le paradoxe : le mois d’août a été l’un des meilleurs mois de l’histoire du photovoltaïque espagnol – le 5, des records ont été battus avec 277 GWh de production solaire, ce qui représente près de 31% du total – mais le système marginaliste fixe le prix avec la dernière technologie qui entre dans les enchères. Lorsque le soleil se couche, les cycles combinés au gaz donnent le ton et renchérissent l’ensemble du complexe. À partir de 2026, en outre, le piscine pèse moins sur le PVPC – les marchés à terme en représentent déjà 55 % –, ce qui adoucit, mais n’évite pas, le coup porté aux près de huit millions de foyers bénéficiant d’un tarif réglementé.