Thomas Massie force un vote à la Chambre pour destituer Hegseth pour la guerre avec l’Iran

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le député républicain du Kentucky, Thomas Massiéa annoncé qu’il forcerait un vote à la Chambre pour ouvrir le mise en accusation contre le secrétaire à la guerre, Pete Hegseth.
  • Qui est derrière ? Massie porte huit accusations pour violation de la Résolution des pouvoirs de guerre de 1973, avec le soutien de l’aile la plus libertaire du parti Parti républicain.
  • Quel impact cela a-t-il ? La Chambre devra s’exprimer au milieu de la campagne militaire contre l’Iran, et la fracture interne pourrait transférer le bruit sur les marchés de l’énergie qui affectent Espagne.

Le membre du Congrès Thomas Massié a annoncé ce mardi qu’il forcerait un vote à la Chambre des représentants pour le mise en accusation de Pete Hegsethsecrétaire américain à la Guerre, pour la guerre avec l’Iran.

Un vote forcé et huit accusations contre le secrétaire à la Guerre

Massie a présenté les articles ce mardi en séance plénière de la Chambre et accusé Hegseth d’agir contre trois dispositions spécifiques de la résolution sur les puissances de guerre de 1973. Les accusations sont au nombre de huit et comprennent le maintien des hostilités en Iran pendant plus de 90 jours sans autorisation du Congrès, l’ignorance des règles visant à minimiser les pertes civiles et les représailles contre les critiques de l’administration. Le vote forcé transforme le mécontentement de l’aile non-interventionniste en un dossier formel contre le chef du Pentagone.

Selon le texte parlementaire cité par The Daily Caller, Massie soutient que Hegseth a mené des exécutions extrajudiciaires, ordonné une guerre au Yémen et fait pression sur le sénateur démocrate Marc Kelly pour avoir demandé à l’armée de rejeter les ordres illégaux. Le législateur du Kentucky l’a résumé dans une phrase qui attaque pleinement la politique de sécurité nationale : « Si nous voulons être fidèles à notre serment, le Congrès ne peut pas détourner le regard face aux actes illégaux et inconstitutionnels du secrétaire.

Le ministère de la Guerre a répondu par une déclaration du porte-parole Kingsley Wilson: « Le secrétaire Hegseth a été un leader transformateur. Les normes et le mérite sont de retour, notre arsenal est plus fort que jamais et le moral et le recrutement sont à des niveaux sans précédent. La déclaration n’a pas abordé le bien-fondé des huit accusations, une décision qui, dans Washington Cela se lit comme une tentative de consolider le soutien interne plutôt que de plaider le dossier en public.

Ce que dit la résolution sur les pouvoirs de guerre et pourquoi Massie l’invoque

Le Résolution des pouvoirs de guerre de 1973 est la loi qui oblige le président à consulter le Congrès avant d’introduire les forces armées dans les hostilités et à les retirer s’il n’y a pas d’autorisation dans un délai de 60 jours, extensible à 90. Il s’agit d’une vieille bataille institutionnelle entre les Congrès et le Maison Blanchené après le Vietnam. Ce que fait Massie n’est pas un geste de témoignage : c’est un amendement à la politique étrangère au sein même du parti au pouvoir.

Les articles accusent Hegseth d’exécuter des ordres sans protection dans l’article 2(c) de la norme ni dans le pouvoir constitutionnel du président, ce qu’on appelle l’article II. Le texte reconnaît que le Congrès a approuvé une résolution concurrente visant à retirer les troupes des hostilités non autorisées, mais rappelez-vous que ce chiffre n’a pas force de loi et que, par conséquent, l’administration n’était pas légalement obligée de s’y conformer. La clé du fichier est que Massie considère comme illégaux le début des opérations et toutes les actions ultérieures en Iran.

La Chambre devra décider si la légalité d’une guerre est examinée avant la bataille ou seulement après qu’il y ait déjà des victimes.

Logique de Washington

La lecture stratégique dans la capitale n’a pas grand-chose à voir avec la rhétorique de campagne. Massie représente un secteur républicain qui estime que l’intervention en Iran répète les erreurs de l’Irak et que le Congrès a cédé trop de pouvoir de guerre à l’exécutif. Leur décision oblige les leaders parlementaires à dépenser leur capital politique dans un vote difficile : le mettre de côté peut être interprété comme une complicité dans une guerre non autorisée, et le poursuivre en justice peut ouvrir un procès en impeachment pour un secrétaire qui a toujours le soutien de Donald Trump. Le précédent historique est le Résolution des pouvoirs de guerreapprouvé en 1973 malgré le veto du Richard Nixonprécisément pour retrouver l’autorité du Congrès sur les opérations militaires. Washington est revenu dans ce combat, avec désormais l’Iran au milieu.

Pour Espagnele vote ne modifie directement aucun contrat ou tarif, mais il introduit du bruit dans un conflit déjà perceptible dans la facture énergétique européenne. Chaque escalade avec l’Iran exerce une pression sur les prix du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié, deux produits sensibles pour les ménages et l’industrie espagnols. Par ailleurs, un secrétaire à la Guerre affaibli ou remplacé en pleine opération militaire peut modifier l’équilibre avec le OTAN et avec les partenaires européens, même si pour l’instant le ministère de la Guerre resserre les rangs avec Hegseth.

Massie a perdu sa primaire en mai contre Ed Gallrein après atout campagne contre le député, ce qui lui donne la possibilité de forcer ce type de débats sans craindre de représailles électorales. Le vote n’a pas de date fixée dans le calendrier de cette semaine, mais le simple fait de présenter les articles en plénière oblige déjà la Chambre à prendre une décision procédurale dans les heures ou les jours à venir. Le résultat pourrait être une simple motion de dépôt d’une plainte ou la première mise en accusation depuis des décennies contre un secrétaire à la Guerre au milieu d’une campagne militaire.

Dossier

  • Le cas : Membre du Congrès républicain Thomas Massié force un vote à la Chambre pour commencer la destitution du secrétaire à la Guerre, Pete Hegsethpour la guerre avec l’Iran.
  • Données clés : Huit accusations ; plus de 90 jours d’hostilités sans autorisation du Congrès ; au moins 221 personnes exécutées dans les eaux internationales, selon l’acte d’accusation ; résolution présentée ce mardi.
  • Pour l’Espagne : Le risque immédiat est l’instabilité énergétique due à la campagne en Iran et à la possible fracture républicaine en pleine opération militaire, ce qui pourrait retarder l’agenda transatlantique.