Évian – L’accord-cadre pour mettre fin à la guerre en Iran est en place, mais de nombreuses questions restent sans réponse. Il s’agit notamment de savoir si l’importante route commerciale traversant le détroit d’Ormuz doit désormais être sécurisée par une mission militaire. La Bundeswehr pourrait également y participer avec deux navires.
Quelle est l’utilisation possible ?
Le détroit d’Ormuz est l’une des routes commerciales les plus importantes au monde. Environ un cinquième du commerce du pétrole et du gaz liquide passe normalement par le détroit. Depuis le début de la guerre en Iran fin février, Téhéran bloque le passage, faisant grimper le prix du pétrole. Avec la signature prévue vendredi de l’accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran, cela devrait être terminé. Mais les conditions ne sont pas claires. Les États-Unis militent pour un passage sans péage pour les navires marchands, Téhéran veut percevoir des péages.
La mission militaire vise à déminer le détroit et à assurer une plus grande sécurité aux navires marchands en surveillant la route et, si nécessaire, en escortant les navires.
Où en sont les préparatifs ?
Le président français Emmanuel Macron a organisé un sommet à la mi-avril pour préparer une mission militaire visant à sécuriser la navigation marchande après la fin de la guerre et à déminer l’importante route commerciale. Une cinquantaine d’États et d’organisations y ont participé. Le chancelier Friedrich Merz avait déjà assuré que l’Allemagne apporterait sa contribution.
Après s’être mis d’accord sur l’accord-cadre, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie ont confirmé vouloir mettre en place conjointement « une mission purement défensive et indépendante ».
Comment la Bundeswehr pourrait-elle s’impliquer ?
L’Allemagne a déjà envoyé le bateau de chasse aux mines « Fulda » et le navire de ravitaillement « Mosel » en Méditerranée orientale. Outre l’équipage régulier de 42 soldats, quatre plongeurs de mines sont à bord du « Fulda ». Le navire, mis en service en 1998, dispose d’une chambre à pression pour les plongeurs et est équipé de drones capables de localiser les mines. Les experts supposent que l’Iran a distribué plusieurs dizaines de mines marines dans le détroit peu après le début de la guerre, même si Téhéran n’a jamais confirmé une telle utilisation. Trump a depuis annoncé que certaines mines avaient déjà été récupérées.
Selon le ministère de la Défense, les deux navires allemands pourraient arriver dans le détroit d’Ormuz d’ici « sept à dix jours ». Cependant, il pourrait encore s’écouler un certain temps avant qu’une ordonnance d’intervention soit émise. Il reste encore quelques exigences à remplir.
Quelles sont les exigences ?
La toute première exigence est que le gouvernement fédéral soit pleinement au courant de l’accord-cadre. Ce n’est pas encore le cas. « Nous devons d’abord savoir : est-il vraiment clair qu’il n’y a pas de combats ? Est-il vraiment clair que les deux camps veulent que d’autres déminent ? Si nous le savons, nous pouvons en parler », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul (CDU) dans le « heute-journal » de ZDF.
En plus du plan opérationnel, il faut ensuite créer les exigences juridiques, qui incluent un mandat international – idéalement un mandat des Nations Unies. Le gouvernement fédéral examine actuellement quelles résolutions pourraient servir de base.
Quel rôle joue le Bundestag ?
Il a le dernier mot. Le Bundestag doit approuver tout déploiement armé à l’étranger de la Bundeswehr, y compris celui-ci. Peu importe qu’il s’agisse d’un déploiement « défensif ». On ne sait toujours pas à quelle vitesse le Bundestag votera. « A l’heure actuelle, il me manque encore les conditions pour pouvoir dire qu’un mandat est imminent », a déclaré le ministre des Affaires étrangères. Mais tout le monde au gouvernement fédéral s’accorde sur le fait qu’il faut faire vite.
Qu’en disent les autres Européens ?
La mission sera dirigée par la France et la Grande-Bretagne. « S’il s’avère dans les prochains jours que tout va bien, nous rassemblerons nos forces », a déclaré Macron en marge du sommet du G7. Selon lui, les avions de combat sont déjà prêts pour une mission de surveillance. La France pourrait fournir une frégate « demain » et le porte-avions « Charles de Gaulle » « dans deux ou trois jours », a-t-il précisé. « Mais tout cela n’a de sens que s’il existe un accord international, et nous y travaillerons. »
Qu’attend Trump des Européens ?
Trump souhaite solliciter l’aide des Européens dans le détroit d’Ormuz, mais considère désormais que son importance est faible. « Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d’aide », a-t-il déclaré à Évian. Dans le même temps, il a ajouté que ce ne serait pas une mauvaise idée d’y envoyer un ou deux navires de pays différents.
Il y a quelques semaines, Trump avait demandé l’aide des Européens pour sécuriser le détroit d’Ormuz pendant la guerre en Iran. Lorsque cela ne s’est pas produit, il s’est mis en colère contre les pays de l’OTAN et les a qualifiés de « lâches ». Depuis, les discordes se sont multipliées. Dans le même temps, Trump a souligné à plusieurs reprises que les États-Unis n’avaient en réalité pas besoin d’aide.






