Netflix, Amazon et YouTube Ils enregistrent un groupe de pression sur le streaming sportif en Washington pour freiner le contrôle du Congrès.
Une alliance au nom de manuel : qu’est-ce que la SACA
La nouvelle coalition s’appelle Streaming Access and Choice Alliance (SACA) et sera dirigée par TechNetl’association patronale technologique qui regroupe les grandes plateformes numériques de la capitale fédérale. Amazon, YouTube et Netflix sont les trois membres fondateurs du véhicule, selon le communiqué publié par le groupe lui-même.
Le message officiel est un manuel. « Les Américains veulent plus de choix et de flexibilité quant à la manière et au lieu où ils regardent leurs émissions préférées, y compris les sports et autres événements en direct », a-t-il déclaré. Mike Wardvice-président senior de la politique fédérale chez TechNet. « L’industrie et ses clients méritent une voix dédiée à Washington », a ajouté le responsable.
Dans sa présentation publique, la SACA assure qu’elle a été créée pour « mettre en valeur les avantages que le streaming apporte aux consommateurs » et « défendre des politiques favorables à la concurrence qui donnent la priorité au consommateur ». Derrière le langage convivial se cache une opération très reconnaissable dans la capitale : acheter de l’influence avant que la loi ne soit écrite.
Le labyrinthe des abonnements et le projet Baldwin
Le groupe s’inscrit au moment même où le Capitole s’est concentré sur le coût du sport sur les plateformes. Au début de l’année, le sénateur démocrate Tammy Baldwin (Wisconsin) a présenté un projet visant à empêcher les ligues professionnelles de bloquer les matchs aux fans, à démêler le labyrinthe des abonnements et à rendre l’accès moins cher. Le texte obligerait les ligues à proposer tous les matchs des équipes locales en un seul endroit, gratuitement et à la télévision ou en streaming.
Le diagnostic est facile à formuler et difficile à réfuter. Pour regarder son équipe, un fan américain peut aujourd’hui avoir besoin de trois ou quatre abonnements différents, en plus du forfait câble traditionnel. Le sport en direct est devenu le dernier grand crochet du streaminget les plateformes le savent : c’est de là que vient le client qui n’annule pas.
Aucune plateforme ne souhaite que Washington mette un prix sur les sports en direct. Et personne ne veut rester assis et attendre que la loi décide à sa place.
L’Espagne n’est pas étrangère à cette dynamique. Le même modèle de fragmentation que le Capitole commence à remettre en question est arrivé plus tôt dans le football espagnol, où suivre une équipe tout au long de la saison nécessite de combiner plusieurs abonnements. Ce qui est pertinent pour Madrid et pour Bruxelles, ce n’est pas tant ce que décide le Congrès que la machinerie qui se met en branle : le même appareil hall d’entrée qui atterrit à Washington finira par frapper à la porte de la Commission européenne.
Logique de Washington
Derrière SACA il y a une logique qu’il faut comprendre sans faire de bruit. Les plateformes ne craignent pas Baldwin à cause de son projet spécifique, mais à cause de ce qu’il représente : que le Congrès décide que le streaming sportif est un marché qui doit être réglementé. La réponse du secteur n’est pas de se défendre au cas par cas, mais créer une association sectorielle qui parle au nom de l’ensemble de l’industrie et négocier avec les législateurs avant que la règle ne prenne forme.
La coalition qui soutient cette logique est plus large qu’il n’y paraît. Ce n’est pas seulement l’aile technologique du Parti républicain celui qui regarde d’un mauvais œil le pouvoir des ligues sportives ; Il y a aussi des démocrates qui soulignent depuis des années que les fans paient de plus en plus pour voir moins. SACA tente d’occuper cet espace avec un message pro-consommateur qui désactive, par avance, le label de monopole.
Le mouvement a un précédent. C’est exactement ce qu’a fait Hollywood dans les années 1920 avec la Motion Picture Association, et l’industrie des télécommunications a peaufiné ce modèle au cours des décennies suivantes. La question que se pose désormais la capitale est la même que toujours : si les droits sportifs sont devenus un coût fixe pour le supporter, l’État doit-il intervenir ? Baldwin appartient à l’aile progressiste, du Parti Démocratique et sa proposition vise à protéger le consommateur d’une augmentation de prix qui, selon son diagnostic, est déjà abusive.
Pour l’Espagne, la clé est dans le calendrier. Le projet de Baldwin est encore dans la phase initiale et aucun vote n’est prévu, mais s’il avance, il donnera le ton à ce que l’Exécutif Communautaire peut proposer concernant les droits sportifs, une question qui affecte pleinement la Liga et les télécommunications. Les plateformes ont décidé d’anticiper. Et à Washington, anticiper signifie avoir un cabinet d’avocats, un bureau et un porte-parole avant l’arrivée de l’assignation à comparaître..
Dossier
- Le cas : Netflix, Amazon et YouTube enregistrent la Streaming Access and Choice Alliance (SACA) à Washington, dirigée par TechNet, pour influencer la future réglementation du streaming sportif.
- Données clés : La SACA regroupe trois des plus grandes plateformes vidéo au monde et répond au projet de la sénatrice démocrate Tammy Baldwin de rassembler tous les partis locaux en un seul service gratuit.
- Pour l’Espagne : Le précédent américain marquera le débat réglementaire européen sur les droits sportifs, une question qui touche la Liga, les entreprises de télécommunications et le portefeuille des supporters.






