Les vice-présidents de Vox tiennent tête à Sira Rego et exigent de paralyser la distribution des minerais de Ceuta

Thibault Delacroix

Les vice-présidents de Vox tiennent tête au ministre Sira Rego et rejettent la distribution de minerais de Ceuta. Carlos Pollán (Castilla y León), Óscar Fernández (Estrémadure) et Alejandro Nolasco (Aragon) ont informé vendredi le ministère de la Jeunesse et de l’Enfance qu’ils ne participeront pas à la Commission sectorielle de l’enfance et de l’adolescence le 13 août et exigent que le gouvernement paralyse tout transfert de mineurs étrangers non accompagnés depuis la ville autonome.

Les revendications de Vox : démarches individuelles et retour au Maroc

Dans les lettres envoyées au ministère, les trois vice-présidents soulèvent trois revendications fondamentales. Ils exigent que le Gouvernement s’abstienne de préparer ou d’exécuter tout transfert tant que les dossiers individualisés prévus par la loi ne seront pas complétés. Ils demandent également à l’Exécutif de transmettre le dossier complet et la situation administrative de chaque mineur dont il entend procéder au transfert. Et, troisièmement, ils exigent que les procédures de regroupement familial soient accélérées et, lorsque la réglementation le permet, le retour au Maroc par remise aux institutions de protection marocaines.

Les dirigeants de Vox fondent leur position sur la loi organique 4/2000 et sur la jurisprudence de la Cour suprême, qui exige une résolution individualisée et motivée, ainsi que la preuve de la minorité, la recherche des parents et la collecte des rapports nécessaires. Ils soutiennent que des solutions automatiques ou collectives ne peuvent être appliquées sans étudier chaque cas. « Les mineurs, avec leurs familles », soulignent-ils, insistant sur le fait que l’intérêt supérieur du mineur nécessite de donner la priorité au regroupement familial lorsque cela est possible.

Le parti ajoute un argument juridictionnel : la matière de l’immigration relève exclusivement de l’État ; Transférer des mineurs avant que les procédures d’immigration ne soient terminées revient à déplacer les conséquences d’une compétence étatique encore ouverte aux communautés autonomes. Selon Vox, cette répartition territoriale peut rendre difficile la localisation des proches, retarder les retours et compliquer le règlement des dossiers.

Par ailleurs, ils rappellent que le Maroc a exprimé sa volonté d’accueillir les mineurs marocains se trouvant en Espagne. Ils exigent donc que l’Exécutif explore cette piste avant de procéder à une quelconque répartition entre régions. Vox annonce qu’elle fera appel devant les tribunaux des dossiers qui, selon ses critères, devraient se conclure par le retour et ne le font pas.

La direction de Vox profite du sit-in auprès du ministre pour faire comprendre qu’elle n’acceptera pas de distributions de mineurs sans un respect scrupuleux de la loi et sans donner la priorité au retour au Maroc.

Réactions et viabilité de l’ordre régional

La Commission sectorielle du 13 août se déroulera sans représentants de Castille-et-León, d’Estrémadure et d’Aragon, un vide délibéré qui montre la fermeté du pouls de Vox. Jusqu’à présent, le Ministère de la Jeunesse et de l’Enfance n’a pas répondu officiellement, mais des sources gouvernementales ont anticipé son rejet catégorique des thèses de la formation, estimant que la distribution solidaire est une obligation dérivée de la législation sur la protection des mineurs.

Vox, pour sa part, n’exclut pas de porter le conflit devant les tribunaux si le gouvernement persiste à transférer les mineurs sans avoir achevé les procédures individualisées. La formation a déjà utilisé cette voie à d’autres occasions pour conditionner la politique d’immigration des exécutifs régionaux.

Une manœuvre en vue de la rentrée politique

L’action conjointe des trois vice-présidents, coordonnée avec la direction nationale de Santiago Abascal, transcende l’épisode spécifique. Vox profite de la crise migratoire à Ceuta pour renforcer son profil de parti unique qui exige un contrôle strict des frontières et des retours systématiques vers les pays d’origine. A la veille du nouveau cap politique, l’objectif est double : marquer les distances avec les PPqui dans certaines communautés a accepté la répartition des mineurs, et mobilise un électorat sensible au discours sur l’immigration.

Le précédent des coalitions régionales montre que Vox ne se contente pas d’occuper des portefeuilles ; Il utilise les institutions pour exprimer son idéologie et conditionner l’agenda du gouvernement central. Le refus de s’asseoir à la table sectorielle est un geste qui dérange à la fois l’exécutif de Sánchez et un PP qui cherche à concilier fermeté et gestion responsable. Dans un scénario de fragmentation parlementaire, chaque mouvement de pression compte.

Avec ce sit-in, Vox indique clairement qu’elle n’acceptera pas de distributions qui, à son avis, violent la légalité et ne protègent pas les mineurs. Les semaines à venir décideront si le gouvernement cède ou si le conflit dégénère devant les tribunaux.