Adieu payer plus : l’OCU révèle le supermarché le moins cher d’Espagne et il se trouve à Aldaia

Thibault Delacroix

Nous avons tous vécu cette scène : vous rentrez du supermarché, vous laissez les sacs sur le comptoir, vous regardez le ticket de caisse et la facture ne monte pas. Les courses hebdomadaires ont de nouveau englouti le budget et on a l’impression qu’elles diminuent de moins en moins.

La bonne nouvelle est qu’il existe une carte. L’Organisation des Consommateurs et des Utilisateurs (OCU) vient de publier son comparatif de prix pour une autre année et le supermarché le moins cher d’Espagne se trouve à Aldaia, à Valence. Plus précisément, dans l’hypermarché Alcampo du centre commercial Bonaire, le même que DANA a dévasté le 29 octobre 2024 et contraint l’établissement à fermer les volets pendant 45 jours.

La deuxième place revient à un autre Alcampo, celui de Coia, à Vigo. À l’extrême opposé, et sans surprises, se trouvent les Madrilènes Sánchez Romero, qui occupent depuis des années le podium du panier le plus cher du pays. A produits identiques, la différence entre l’un et l’autre se traduit par 1 310 euros par an.

Le secret du succès

  • Comparez les établissements, pas les chaînes : Alcampo de Aldaia ne doit pas nécessairement avoir les mêmes prix que votre quartier. L’unité de mesure réelle est le point de vente spécifique.
  • Gardez un œil sur les fresques : Le poisson, les fruits et la viande ont augmenté dans les trois catégories et sont ceux qui varient le plus d’un supermarché à l’autre. C’est là que la facture finale est décidée.
  • Vérifiez le CPI de votre chaîne : deux marques l’ont dépassé et huit l’ont abaissé. Savoir de quel côté est le vôtre représente une demi-économie.

Par chaîne, les moins chers sont Supermercados Dani —le moins cher de tous—, Family Cash, Tifer, Alcampo et Supeco. De l’autre côté de l’échelle, l’achat devient plus cher chez Hipercor, El Corte Inglés, Supercor et Sánchez Romero, un club sélect dont personne n’a bougé ces dernières années.

Attention aux augmentations silencieuses : BM Urban et Ahorramás ont augmenté leurs prix au-dessus de l’IPC, tandis que huit chaînes les ont baissés. Parmi ceux qui sont moins pressants figurent des noms d’usage quotidien comme Mercadona, Lidl, Aldi ou Consum. Il y a les petits caractères des économies.

Le code postal pèse aujourd’hui plus que n’importe quelle carte de fidélité : un même panier peut coûter 1 310 euros de plus par an selon l’endroit où il est rempli.

Les chiffres derrière la liste

Les villes les moins chères se trouvent encore une fois dans la Communauté valencienne : Torrent, Villarreal et Santa Pola, une par province. Les plus chers sont concentrés à Getxo, Pozuelo de Alarcón, Majadahonda et Cerdanyola del Vallés ; Les trois premières comptent également parmi les communes ayant le revenu par habitant le plus élevé d’Espagne.

Le classement ne vient pas de nulle part. Chaque année, l’OCU suit plus de 100 000 prix dans 690 établissements – y compris en ligne – répartis dans 189 villes, avec un panier moyen allant jusqu’à 244 produits couvrant 80 catégories différentes. C’est une photographie assez fidèle de ce qu’il en coûte pour faire le plein d’une voiture dans tous les coins du pays.

Désormais, les 1 310 euros d’économies constituent une moyenne nationale et sont à prendre avec des pincettes. À Madrid, remplacer le supermarché le plus cher par le moins cher de la ville peut coûter jusqu’à 4 380 euros par an. À Mieres (Asturies), la différence reste à 381 euros, et à Puerto Real (Cadix) ou Torre Pacheco (Murcie), elle est respectivement d’environ 434 et 452 euros.

Il y a un détail qui me touche de près et qu’il convient de souligner : les fresques. Le poisson, les fruits et la viande ont augmenté dans les trois catégories, et ce sont précisément les produits où le saut d’un établissement à l’autre est le plus sensible. C’est là qu’un panier bon marché cesse d’être un slogan et devient de l’argent sonnant et trébuchant.

Variations et appairage : comment appliquer le comparatif à votre achat

Si le supermarché le moins cher de votre ville vous trouve à une demi-heure, il n’est pas nécessaire de déplacer la totalité de l’achat. Une option intermédiaire qui fonctionne est de le distribuer : frais et marque blanche dans l’établissement bon marché et le reste dans l’habituel.

Pour ceux qui ont juste le temps, la version express est l’achat en ligne avec retrait en magasin : vous payez le même prix qu’en caisse et vous supprimez le passage dans les allées, où se faufilent la moitié des caprices.

Et pour préserver ses économies, rien ne vaut une liste écrite et un menu hebdomadaire. Cela ressemble à une grand-mère, mais c’est la seule chose que j’ai vue qui fonctionne vraiment : le ticket baisse plus pour s’organiser que pour changer de marque.