Berlin – Lorsque l’argent se fait rare, les propriétaires de petites entreprises en Allemagne et dans d’autres pays européens préfèrent se serrer la ceinture plutôt que d’obtenir de nouveaux capitaux de l’extérieur. C’est le résultat d’une étude du prestataire de services financiers Qonto, pour laquelle près de 1 700 propriétaires d’entreprises en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne ont été interrogés au printemps 2026.
Le prix personnel de l’indépendance
Près de la moitié (46 %) des indépendants et des petites entreprises ont réduit leur propre salaire, voire l’ont complètement suspendu au cours des douze derniers mois, afin de poursuivre leurs activités. L’Allemagne se situe exactement dans la moyenne avec cette valeur. Les fondateurs sont particulièrement touchés au début : pour les entreprises qui ne sont présentes sur le marché que depuis six à douze mois, cette proportion grimpe à 71 pour cent.
45 pour cent des entreprises européennes interrogées n’ont jamais eu recours à un financement externe. En Allemagne et en Espagne, cette « valeur d’abstinence » est la plus élevée, soit 50 % chacun.
Le stigmate de la dette
Selon l’étude, le déficit de financement n’est pas seulement dû au manque d’offres, mais a également des causes culturelles et psychologiques profondes. « La dette est souvent associée à la honte et est considérée comme un défaut. »
Selon l’étude, 36 pour cent des propriétaires de petites entreprises considèrent l’emprunt comme un signe clair d’une mauvaise gestion financière. En Allemagne, cette valeur est de 27 pour cent ; en France, il est le plus élevé, à 41 pour cent. Lorsqu’il s’agit d’éviter un prêt, la peur de perdre le contrôle joue un rôle clé : un tiers des personnes interrogées (33 %) craignent que leur liberté de choix soit restreinte par les prêteurs externes.
Derrière cela se cache un fort désir d’indépendance. 77 pour cent des personnes interrogées ont déclaré à quel point elles étaient fières de pouvoir diriger leur entreprise entièrement sans aide extérieure. En Allemagne, 62 pour cent des entreprises sans financement déclarent simplement qu’elles ne voient pas la nécessité de recourir à des prêts – le chiffre le plus élevé dans une comparaison entre les quatre pays de l’UE.






