Le lieutenant-colonel Antonio Balas a ratifié devant le tribunal de Badajoz les principales preuves qui pèsent sur David Sánchez, frère du président du Gouvernement, et a désigné l’ancien président du Conseil provincial, Miguel Ángel Gallardo, comme le « niveau supérieur doté de capacité politique » qui a ordonné la création du poste ad hoc. Tandis que l’UCO soutenait le juge, le PP a profité de l’occasion pour dénoncer depuis le Sénat l’opération de harcèlement des magistrats inconfortables, l’encadrant dans ce que Génova qualifie de droit du PSOE.
Balas, Biedma et la place « sur mesure » pour le frère de Sánchez
La déclaration du commandement de l’Unité opérationnelle centrale, qui s’est présentée avec huit autres agents, a été forte. Balas a placé Gallardo comme le véritable promoteur du poste de coordinateur du conservatoire, créé en 2016 et attribué quelques mois plus tard au frère du président. Selon le lieutenant-colonel, le service des ressources humaines n’était qu’un « instrument » pour assurer une couverture juridique à un poste qui, en réalité, était destiné à une personne spécifique.
L’e-mail avec le sujet «el hermanísimo»envoyé par le directeur du Conservatoire supérieur de l’époque au directeur du Conservatoire professionnel le 19 mai 2017, était un autre des axes de l’apparition. Balas a souligné que ce message montre que les responsables des conservatoires « savaient déjà que cela allait être présenté et qu’ils allaient le leur donner », malgré leur opposition initiale à la place.
L’UCO a également souligné que David Sánchez recherchait déjà un logement stable via Airbnb le 26 juin 2017, le jour même où la commission d’évaluation qualifiait les candidats. « Il cherche depuis un moment et cela lui coûte cher », a écrit le frère de Pedro Sánchez au propriétaire, un fait qui, ajouté à l’urgence de créer le poste, a renforcé la thèse des actes préparatoires.
La lecture politique : le PP utilise Badajoz pour renforcer l’offensive institutionnelle au Sénat
Le Groupe populaire du Sénat a transformé cette affaire en munition parlementaire. Des sources du GPP à la Chambre haute confirment que les populaires enregistreront cette semaine un motion pour soutenir les juges persécutés pour ce que l’on appelle « l’affaire des égouts du PSOE » et demandera la comparution du procureur général de l’État. Le porte-parole du PP au Sénat, dirigé par Javier Maroto, cherche à se concentrer sur la « stratégie de harcèlement et de démolition » contre la juge Beatriz Biedma, chargée du dossier, qui serait liée au complot de Santos Cerdán.
Cette manœuvre s’inscrit dans la stratégie de Gênes visant à épuiser le gouvernement en raison de ses « processus judiciaires contaminés » et à présenter le parti comme le seul garant de l’indépendance judiciaire. Le président national, Alberto Núñez Feijóo, avait déjà anticipé ce tournant lors du dernier Comité directeur, où il avait demandé à son peuple de « ne pas laisser de trêve » à la « dérive autoritaire du sanchismo ».
La déclaration du lieutenant-colonel Balas démontre que l’enquête judiciaire a été solide dès le début, malgré les tentatives visant à la discréditer.
L’Axe du pouvoir populaire
Le flanc territorial est également activé. En Estrémadure, la présidente régionale, María Guardiola, a pleinement soutenu l’offensive du Sénat et a fourni des données sur les procédures engagées dans son administration pour clarifier les responsabilités. La politique d’Estrémadure fournit également un élément de punition électorale : l’ancien président Gallardo est aujourd’hui secrétaire général du PSOE de Badajoz, et le PP d’Estrémadure voit dans cette cause une opportunité d’élargir sa base dans une communauté qu’il gouverne déjà.
Au niveau national, le leadership de Feijóo est renforcé par cette offensive. En unissant la défense des juges à la lutte contre la « corruption politique » du PSOE, Génova obtient un double effet : il met le gouvernement sur la défensive et renforce le groupe parlementaire, qui ces derniers mois avait montré quelques doutes quant à l’opportunité de serrer autant la corde au Sénat.
La clé est dans le calendrier. Alors que les élections régionales sont encore loin, le PP a besoin de jalons judiciaires solides qui soutiennent le récit de « l’exception démocratique ». Le cas de David Sánchez arrive à un moment où le film de Begoña Gómez s’essouffle, et permet aux populaires de maintenir l’initiative.
🏛️ La Note de Gênes
- Message fort : La lutte judiciaire du PSOE contre les juges qui enquêtent sur l’entourage du président est une réalité, et le Sénat populaire sera son barrage d’endiguement.
- Protagoniste: Javier Maroto (porte-parole du Groupe Populaire au Sénat).
- Prochaine étape : La séance plénière du Sénat débattra la semaine prochaine de la motion visant à soutenir les juges persécutés.






