Sanctions pétrolières aux Malouines : au tour de Javier Milei qui fait trembler l’Atlantique Sud

Thibault Delacroix

Le Sanctions pétrolières aux Malvinas sont entrés dans une nouvelle phase : 45 entreprises étrangères sont dans le collimateur Argentine. Le gouvernement de Javier Milei a approuvé des décrets visant à restructurer les postes et à établir un nouveau cadre de contrôle des activités liées aux hydrocarbures, après un rapport urgent du Secrétariat d’État au renseignement.

Ce que l’Argentine annonce et qui est touché

Le CÔTÉ a alerté l’Exécutif sur l’urgence d’arrêter l’avancée de l’extraction pétrolière dans le Atlantique Sudsoutenu par ce que Buenos Aires considère comme illégitime la gestion du Royaume-Uni sur les îles. Les décrets 867/2026 et 868/2026 ont été publiés vendredi et ouvrent la porte à des procédures de sanctions contre les entreprises et les actionnaires qui opèrent sans autorisation argentine dans l’archipel.

Sur la liste officielle, on retrouve surtout deux groupes britanniques : Navitas Pétrole et Exploration des sauterelles. Tous deux sont derrière le projet Otariequi prévoit de commencer les forages dans les prochains mois et d’extraire du pétrole en 2028. La sanction contre ses filiales cherche à étouffer financièrement ce calendrier avant que le pétrole brut ne commence à couler.

Pourquoi le conflit affecte l’Europe et l’Espagne

Pour Espagnela montée argentine a une première lecture calme : Aucune entreprise espagnole ne figure parmi les 45 sanctionnées. Mais ce mouvement introduit un nouveau facteur de risque juridique dans un domaine où la diplomatie européenne a historiquement préféré ne pas prendre parti. Madrid maintient une position de soutien au dialogue entre Buenos Aires et Londres et, en même temps, elle soigne ses relations avec les deux gouvernements.

La portée pratique est plus grande. Tout développement au large dans l’Atlantique Sud nécessitera à un moment donné les services des trois grands du secteur : SLB, Halliburton et Boulanger Hughes. Les trois hommes ont publié samedi des déclarations précisant qu’ils ne participeraient pas à des projets d’hydrocarbures en Malouines ni dans ses espaces maritimes environnants. Cette annonce, favorisée par les efforts du ministère argentin des Affaires étrangères et YPFlaisse le projet Sea Lion sans la chaîne logistique dont il a besoin pour forer.

Le signal est puissant pour toute entreprise européenne ayant des intérêts dans Argentine ou dans le secteur énergétique mondial : L’alignement sur Buenos Aires pourrait être l’option la moins risquée. Le lobby pétrolier argentin célèbre également le tournant souverain comme une victoire sur la concurrence étrangère.

Le départ des trois grands services pétroliers du conseil d’administration modifie la viabilité technique du projet Sea Lion.

Un précédent qui dépasse les îles

Il convient de rappeler que la tension entre la souveraineté et le secteur énergétique n’est pas nouvelle pour Espagne. En 2012, l’expropriation de YPF frapper carrément Repsolalors le plus grand investisseur espagnol en Argentineet forcé la renégociation des compensations pendant des années. Cet épisode a montré que les mesures unilatérales de ce type nuisent généralement à la crédibilité juridique du pays qui les adopte, même si à court terme elles mobilisent un soutien interne. Le décret argentin actuel s’inspire de cette logique : il réaffirme la revendication sur Malouines tout en faisant pression sur les actionnaires étrangers avant que le projet Sea Lion ne devienne irréversible.

Le précédent a aussi un autre aspect. Il Royaume-Uni n’a jamais accepté de négocier la souveraineté sans inclure les insulaires, et l’attitude récente des USA -avec Donald Trump suggérant que cela n’aiderait pas Londres dans un conflit – a affaibli la position britannique. Pour Espagnequi a vécu des débats similaires avec Gibraltarest un miroir inconfortable : le conflit sur les enclaves coloniales est toujours vivant dans la politique internationale et peut être rouvert à tout moment.

Les prochaines étapes sont concrètes. L’exécutif argentin prépare des notifications avec des avertissements de sanctions pour les entreprises et les actionnaires figurant sur la liste et a annoncé un projet de loi qui n’est pas encore rédigé. Entre-temps, la réaction des compagnies pétrolières sanctionnées et de leurs gouvernements d’origine déterminera la véritable ampleur de l’opération. Il convient de suivre les petits caractères des décrets et surtout si une grande entreprise européenne décide de prendre du recul dans la région.

📌 Dossier

  • Dossier : L’Argentine active des sanctions contre 45 entreprises et actionnaires étrangers pour avoir opéré sans licence argentine dans l’archipel des Malvinas.
  • Informations importantes : Décrets 867/2026 et 868/2026 ; Rapport SIDE ; Le projet Sea Lion prévoit d’extraire du pétrole en 2028 ; SLB, Halliburton et Baker Hughes prennent leur retraite.
  • Résumé: Le virage souverain de Milei met à rude épreuve les relations avec Londres et augmente le risque juridique pour les investissements énergétiques dans l’Atlantique Sud, y compris du point de vue de l’Espagne.