Sánchez active le cadre du « recul de 50 ans » contre un gouvernement PP-Vox et admet son erreur avec Ábalos

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Pedro Sánchez a placé le « revers de 50 ans » au centre de sa pré-campagne et a reconnu que sa plus grande erreur en huit ans de gouvernement a été la corruption d’Ábalos.
  • Qui est derrière ? Le président du gouvernement et secrétaire général du PSOE, dans une interview à El País recueillie par Europa Press ; En face, Gênes et le GPP, qui contre-programment avec l’équilibre régional.
  • Quel impact cela a-t-il ? Cela pose les bases de la campagne 29N : le PSOE veut plébisciter la peur de Vox et le PP veut plébisciter la gestion et le coût de la corruption.

Pedro Sánchez Ce dimanche, il a activé le cadre du « recul de 50 ans » contre un hypothétique gouvernement PP et Vox.

Il l’a fait dans une interview à El País recueillie par Europa Press et publiée cinq semaines avant le 29N, dans laquelle le président du gouvernement affirme que « Vox fournit les idées et le PP, l’ambition du pouvoir » et qu’un exécutif des deux partis ne serait pas une alternance mais « une véritable involution ». Cette phrase résume la stratégie socialiste : transformer le rendez-vous électoral en un plébiscite d’extrême droite et non en un bilan de gestion.

Le cadre du revers : ce que soutient Sánchez et ce que répond le PP

Le chef de l’Exécutif place cette involution dans l’avortement, la mort dans la dignité et la culture, et donne comme exemple la décision du gouvernement de Castilla y León de retirer les subventions aux films qu’il considère idéologiques. La question posée – qui décide quel contenu est idéologique – est répondue par le PP lui-même : la même administration qui décide aujourd’hui de ce qui est financé avec l’argent public.

L’argument selon lequel Gênes a déployé ces dernières semaines rejette le cadre à ses racines. Un gouvernement de coalition entre partis constitutionnels n’est pas une anomalie démocratique, mais plutôt la conséquence arithmétique des sondages : Castille-et-León, Aragon et Estrémadure gouvernent en coalition avec Vox depuis des années sans aucun des revers annoncés par Sánchez, selon la ligne reprise par les cabinets régionaux. Le onze communautés autonomes que les gouvernements du PP concentrent près de 60% du PIB et sont, dans le discours des dirigeants nationaux, ceux qui collectent le moins d’impôts et ceux qui résistent le mieux à la comparaison en matière de santé et d’éducation.

Le point le plus inconfortable pour le président, ce n’est pas Vox : c’est que le débat finit par porter sur sa gestion. Là, le PP dispose de données, et c’est pourquoi la consigne est de ne pas entrer dans le domaine de l’identité et d’entrer dans le domaine de l’économie intérieure, de la paie et des factures d’électricité.

Sánchez n’aspire pas à discuter de sa gestion : il aspire à ce que le 29N soit voté avec le manuel d’instructions Vox ouvert sur la table.

Le recours au « manuel de Milei » – coupes, ciseaux, tronçonneuses, selon ses propres mots – et le contrefaçons profondes terminer le scénario. Chez le président argentin et dans l’intelligence artificielle, Sánchez trouve des adversaires qui ne gouvernent pas les communautés et ne présentent pas d’amendements.

L’ennemi, plus il est loin, mieux c’est.

Ábalos, le SMI et le 29N : les trois fronts que le PSOE veut ouvrir

L’aveu le plus pertinent de l’entretien n’est pas celui de la régression. C’est celle du cas Ábalos : le président reconnaît que sa plus grande erreur en huit ans de gouvernement a été la corruption de son ancien numéro deux. Il le fait cinq semaines avant le scrutin et après des années de refus au Parlement, selon des sources du Groupe parlementaire populaire consultées par ce média. La reconnaissance ne répare pas les dégâts institutionnels, mais elle établit un fait que le PP réclamait par écrit depuis un certain temps.

Le deuxième front est celui du salaire minimum. Sánchez annonce une augmentation du SMI avant le 29 novembre sans chiffre précis et sans référence à l’accord avec les employeurs, puis demande aux syndicats et aux employeurs de négocier les salaires moyens. Le PP répond par l’impact sur les travailleurs indépendants et les petites entreprises dans les communautés où la campagne et le tourisme pèsent plus que l’industrie : Andalousie, Murcie, Castille et León et Estrémadure. La politique salariale est décidée dans le cadre d’accords et non lors d’une réunion.

Le troisième est le logement, avec une question que Sánchez transforme en bannière : « si nous sommes intervenus sur le marché de l’énergie, pourquoi n’allons-nous pas également réglementer le logement » – et que le PP se traduit par une insécurité juridique pour le propriétaire et une offre moindre. Face à l’intervention, l’alternative que Madrid et l’Andalousie appliquent déjà implique la terre, la sécurité juridique et une pression fiscale moindre, et ne pas vendre le parc public aux fonds vautours, ce que le président dit vouloir éviter.

L’Axe du pouvoir populaire

La direction nationale n’envisage pas de discuter du plébiscite dans les termes choisis par la Moncloa. L’instruction qui Alberto Nuñez Feijóo a transmis aux barons, c’est le contraire : parler de gestion, de fiscalité et d’emploi, et laisser l’adversaire porter le cadre de la peur. Dans le PP, on rappelle que les majorités absolues de 2023 à Madrid, en Andalousie et en Galice ont été construites selon ce même scénario.

Le pouls interne existe et il convient de ne pas le cacher. Isabel Díaz AyusoJuanma Moreno et Carlos Mazón ont leur propre feuille de route et aucun des trois ne prévoit de transformer le 29N en référendum sur Vox ; D’autres fédérations exigent cependant de répondre à l’adjectif avec la même intensité, car elles comprennent que laisser le mot involution sans réponse dans chaque commune coûte des voix. Il Groupe Parlementaire Populaire Au Congrès, il a choisi une voie médiane : combattre les données et non les adjectifs, avec des initiatives sur le SMI, le logement et le financement des territoires à chaque séance de contrôle. Au Sénat, la majorité populaire absolue permet de fixer l’ordre du jour avec des commissions et des vetos qui obligent le gouvernement à s’expliquer par écrit.

La lecture à moyen terme est simple à énoncer et difficile à exécuter. Le précédent du Pacte Tinell de 2003 montre à quel point un cordon sanitaire bien construit peut déloger le centre-droit sans avoir besoin de gagner aux urnes ; La contre-expérience se situe en 2023, lorsque le PP a prévalu en parlant d’impôts et de gestion, et non d’identité. Si Sánchez obtient que le 29N vote contre Vox, il gagne. Si le PP obtient un vote sur la corruption, le SMI et le panier, le PP gagne. Il y a toute la campagne.

🏛️ La Note de Gênes

  • Message fort : Sur fond de déclin, équilibre : onze collectivités qui gèrent, baissent les impôts et maintiennent les services publics.
  • Protagoniste: Alberto Núñez Feijóo (président national du Parti populaire), avec les barons régionaux comme caisse de résonance territoriale.
  • Prochaine étape : Le rendez-vous électoral du 29 novembre et la prochaine séance de contrôle au Congrès, où le GPP défiera à nouveau le SMI et Ábalos.