PP réalise une délégation à Ceuta au Parlement européen: la commission PETI se rendra en février

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? La commission PETI du Parlement européen a approuvé ce jeudi l’envoi d’une délégation de députés européens à Ceuta en février.
  • Qui est derrière ? Les députés européens du PP, avec le soutien des Patriotes pour l’Europe, ECR et ESN.
  • Quel impact cela a-t-il ? Bruxelles évaluera sur le terrain la crise migratoire de Ceuta et votera une résolution la semaine prochaine à Strasbourg.

Ce jeudi, le Parti Populaire a réussi à obtenir que le Parlement européen approuve une délégation à Ceuta pour évaluer la crise migratoire. La commission des pétitions (PETI) du Parlement européen a convenu d’envoyer des députés dans la ville autonome lors d’une réunion des coordinateurs qui s’est tenue aujourd’hui.

L’initiative PP, soutenue par une large majorité

La décision, promue la veille par les députés européens du Parti populaire, a encore besoin du soutien formel du Bureau du Parlement européen (la Conférence des présidents). Cependant, le soutien majoritaire recueilli au sein de la commission prévoit que la délégation avancera sans obstacles majeurs.

L’agenda prévu situe la visite entre 22 et 25 février. Après le voyage, les députés présenteront un rapport avec leurs conclusions à la commission PETI.

L’initiative bénéficie déjà du soutien de groupes de Patriotes pour l’Europe (qui comprend Vox), Conservateurs et Réformistes (ECR) et Europe des Nations Souveraines (ESN). Des sources populaires soulignent que la mission collectera des informations directement auprès des autorités espagnoles et de Ceuta.

Agenda de la mission : autorités, société civile et citoyens

La délégation européenne rencontrera également des organisations de la société civile et des citoyens pour évaluer l’impact de l’arrivée irrégulière d’au moins 70 000 personnesdont plusieurs milliers restent encore dans la ville. L’ampleur de la vague migratoire, avec des dizaines de milliers d’arrivées en quelques semaines seulement, a submergé les services de base de la ville et a placé une fois de plus la pression aux frontières dans le débat communautaire.

Sources de Voix indiquer qu’ils demanderont que la délégation rencontre également le Syndicat de la police Jupolavec des associations de quartier et avec des citoyens de Ceuta, ainsi qu’avec des femmes victimes de violences sexuelles qui souhaitent témoigner, dans le respect de leur vie privée.

La délégation n’est pas un geste institutionnel : elle place la crise de Ceuta au centre de l’agenda européen.

La crise de Ceuta sera également un sujet de discussion lors de la session plénière du Parlement européen, qui se réunit la semaine prochaine à Strasbourg. Le débat est prévu mardi à 13 heures, sous le titre « Les récentes attaques hybrides et l’instrumentalisation des immigrés à Ceuta et la nécessité d’une réponse coordonnée pour protéger les frontières extérieures de l’UE ». La résolution sera votée jeudi.

L’Axe du pouvoir populaire

L’approbation de la délégation européenne est une victoire parlementaire pour le PP à un moment stratégique. La crise migratoire de Ceuta, que le gouvernement a tenté de minimiser, acquiert désormais une dimension institutionnelle européenne qui Gênes il veut utiliser comme exemple sa capacité à transférer l’agenda national à Bruxelles. Le flanc territorial du PP est aligné : de Ceuta à Bruxelles, le parti veut que la voix de la frontière sud soit entendue dans toutes les institutions.

Ce n’est pas la première fois que le PP utilise le Parlement européen pour amplifier son agenda territorial. La différence est que la crise migratoire s’est aggravée au point de devenir une priorité à l’ordre du jour de la communauté. Le débat de la semaine prochaine à Strasbourg le confirme : l’Union européenne ne peut plus détourner le regard.

Pour la ville autonome, la visite de la commission PETI en février représente l’occasion pour Bruxelles d’écouter ses revendications en matière de financement, de sécurité et de services publics. Le PP gouverne à Ceuta et son équipe insiste depuis des mois sur la nécessité d’une réponse européenne coordonnée. La délégation arrivera avec un dossier préparé.

Le risque pour le gouvernement de Pedro Sánchez est évident. Une délégation européenne qui confirme la pression migratoire sur Ceuta mettra en difficulté le discours de la Moncloa, qui a évité pendant des semaines de qualifier les événements de crise sécuritaire. Pour le PP, la mission est la preuve que son diagnostic était correct.

🏛️ La Note de Gênes

  • Message fort : La crise de Ceuta est une question européenne, pas une anecdote locale : le PP place la frontière sud au centre de l’agenda bruxellois.
  • Protagoniste: Dolors Montserrat, porte-parole du PP au Parlement européen.
  • Prochaine étape : Vote de la résolution sur Ceuta lors de la séance plénière du Parlement européen, prévue jeudi de la semaine prochaine.