Le Gouvernement d’Estrémadure, formé par le PP et Voixa augmenté le budget alloué à la tauromachie de 500% pour 2026, jusqu’à atteindre le 1,78 million d’eurosen entamant les démarches pour le déclarer Bien d’Intérêt Culturel (BIC). Le jeu, géré par le ministère de l’Agriculture qui dirige Juan José García (Vox), multiplie par six les 297 500 euros de l’année précédente.
L’axe taurin de Vox : tradition, emploi et 28 millions d’impact
Selon les données du gouvernement d’Estrémadure, le secteur taurin génère un impact économique estimé à 28 millions d’euros et son poids dans le monde rural est considérable. Le ministère insiste sur le fait que la déclaration du BIC vise à protéger une tradition aux « racines rurales » et à empêcher sa disparition. « Il ne s’agit pas d’une lubie idéologique, mais plutôt de la défense d’une activité qui fait partie de l’identité de l’Estrémadure », défendent des sources départementales.
Le conseiller García a souligné à plusieurs reprises que le soutien à la tauromachie n’est pas une dépense, mais un investissement dans le tissu productif d’Estrémadure. « Nous parlons d’un secteur qui génère un impact économique annuel de 28 millions d’euros ; Il est de notre devoir de le protéger », a-t-il déclaré. Cette vision a été soutenue par les associations d’éleveurs et les professionnels du secteur, qui voient dans la déclaration BIC un garde-fou contre les attaques animales.
Au sein de l’augmentation, le poste de 700 000 euros destiné à la Fondation Fighting Bullqui passe de 69 000 à près de la moitié du nouveau budget taurin régional. Cette entité organisera le circuit Novilladas et le circuit Conquistadores, deux événements qui cherchent à promouvoir le secteur et à attirer de nouveaux fans.
Critiques de l’opposition et coupures dans la coopération
La décision de l’Exécutif de coalition n’a pas été sans controverse. Unis par l’Estrémadure a dénoncé que, tandis que le budget de la tauromachie est multiplié, les postes de coopération internationale sont réduits de 9 millions d’euros. Le Agence d’Estrémadure pour la coopération internationale au développement (AEXCID) passe de 11 à moins de 3 millions, ce qui a provoqué la démission de son directeur et a été contesté tant par le coordonnateur d’Estrémadure de l’ONGD que par les trois diocèses catholiques de la région.
Les organismes de coopération ont manifesté leur profond malaise. Dans une lettre conjointe, le coordinateur de l’ONGD d’Estrémadure et les diocèses catholiques ont demandé au Conseil de reconsidérer la réduction, soulignant que les fonds de l’AEXCID étaient « un outil de solidarité et de projection des valeurs d’Estrémadure ». Le porte-parole d’Unidas por Extremadura, Irène de Miguela accusé le gouvernement d’utiliser l’argent « pour maintenir un secteur taurin structurellement mourant sous respiration assistée » et a qualifié l’injection à la Fondation Toro de Lidia de « financement éhonté des bars de plage idéologiques » de Vox.
Le Conseil, en revanche, défend que les ajustements répondent à une réorganisation budgétaire et que la coopération ne disparaît pas, mais est plutôt restructurée pour être plus efficace. Des sources du Gouvernement Régional insistent sur le fait que l’engagement en faveur de la tauromachie est compatible avec le maintien d’autres services publics.
Tandis que l’opposition parle de démantèlement, le Conseil d’Estrémadure défend qu’investir dans la tauromachie, c’est parier sur la culture et l’économie rurale.
Une stratégie qui va au-delà de l’Estrémadure
Le mouvement en Estrémadure n’est pas isolé. Vox a fait de la défense des traditions – chasse, tauromachie, langues co-officielles – un de ses drapeaux identitaires. Avec ce budget et sa déclaration en tant que BIC, le parti de Santiago Abascal démontre que, même dans les gouvernements de coalition avec le PP, il parvient à imposer une partie de son agenda culturel et économique. La corrida devient ainsi un élément de tension avec le gouvernement central et avec les formations de gauche, renforçant son profil face à un électorat rural qui se sent menacé par les politiques vertes et mondialistes.
La stratégie d’Estrémadure s’aligne sur des mouvements similaires dans d’autres communautés où Vox partage un gouvernement avec le PP, comme en Castille et León ou dans la région de Murcie, où la corrida a également reçu un soutien sans précédent. Pour Vox, ce pari présente un double bénéfice : d’une part, il répond à une promesse électorale clé ; En revanche, il consolide sa position au sein du gouvernement autonome, montrant que sa présence n’est pas décorative. Bien que la polémique soit servie, le parti assume le coût politique avec la conviction que la défense de la tauromachie relie avec sa base sociale et marque des distances avec le reste des forces. Le traitement du BIC, qui pourrait culminer dans les prochains mois, sera la prochaine étape de cette offensive culturelle.






