L’Iran attaque des bases américaines en Jordanie après que le CENTCOM ait heurté des navettes à Larak

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? L’Iran a lancé dimanche 30 août des missiles balistiques contre les bases américaines du roi Hussein et d’Al Azraq, en Jordanie. Ils ont été interceptés et aucun impact n’a été enregistré.
  • Qui est derrière ? L’attaque répond à une opération de CENTCOM contre deux navettes sur l’île de Larak, prêtes à poser des mines marines dans le Détroit d’Ormuz.
  • Quel impact cela a-t-il ? Cette escalade met le marché du pétrole brut en alerte : près de 20 % du pétrole mondial transite par Ormuz, une route essentielle pour l’approvisionnement énergétique espagnol.

Le dimanche, L’Iran a lancé des missiles balistiques sur deux bases américaines en Jordanie, quelques heures après que le commandement central américain (CENTCOM) attaquera deux navettes iraniennes sur l’île de Larak. Chaque missile a été intercepté et il n’y a eu aucun coup sûr ni aucune victime, comme l’a confirmé un responsable américain cité par CNN.

La séquence qui s’est terminée par une attaque directe avait débuté dans la matinée. Il CENTCOM a frappé les navettes sur l’île de Larak après avoir observé que le Gardien de la révolution islamique se préparait à déployer des mines marines dans le Détroit d’Ormuz. Washington avait déminé ces eaux la semaine dernière. L’Iran a interprété le coup d’État comme une provocation. Il a répondu avec des missiles au-dessus de la Jordanie.

Une escalade qui se mesure en missiles et en mines

Washington n’avait pas attaqué de cibles iraniennes depuis le 29 juillet. Donald Trump avait donné la priorité aux sanctions économiques pour isoler l’Iran des marchés mondiaux, après près de deux semaines d’attaques quotidiennes au cours du mois précédent. Dimanche, ce rythme a changé.

Le porte-parole du Commandement Central, le Capitaine Tim Hawkinsa expliqué l’opération dans un communiqué publié après les attentats : « Les forces américaines surveillent de près la zone et restent prêtes à protéger la libre circulation du commerce à travers cette voie maritime essentielle. » Toutefois, cette déclaration n’est pas une rhétorique vide de sens : pour le Détroit d’Ormuz Environ 20 % du pétrole brut consommé dans le monde y transite.

Ce que cela signifie pour l’Espagne et pour le prix du pétrole brut

L’Espagne ne dispose pas de bases militaires sur le territoire jordanien, mais le Détroit d’Ormuz Oui, c’est dans la chaîne d’approvisionnement énergétique espagnole. Les navires transportant du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié traversent ce goulet d’étranglement depuis le golfe Persique ; Une interruption prolongée rendrait les factures d’électricité et de carburant plus chères dans les foyers espagnols.

Les marchés n’ont pas encore intégré un blocus total du détroit. La réponse interceptée dimanche était symbolique et militairement limitée. Mais le mouvement des tokens est déjà en cours. L’Iran a revendiqué l’attaque contre les bases de Le roi Hussein et Al-Azraqselon les médias iraniens ; Le régime a promis une réponse militaire énergique. La propagande des deux côtés coexiste désormais avec un fait plus inconfortable : Téhéran est prêt à serrer la corde au point le plus délicat du commerce mondial.

Ormuz n’est pas un scénario lointain : c’est l’autoroute de l’énergie qui relie le golfe Persique au prix payé par les foyers espagnols.

Logique de Washington

La logique de Washington n’est pas nouvelle : c’est la même qui a conduit les États-Unis à escorter des pétroliers dans le Golfe lors de la guerre dite des pétroliers de 1987. Alors comme aujourd’hui, la Maison Blanche considérait qu’abandonner le contrôle d’une voie maritime stratégique coûtait plus cher que d’intervenir ponctuellement contre quiconque tenterait de la fermer.

Le raisonnement interne au sein du Pentagone et le Conseil national de sécurité C’est simple : si Téhéran parvient à miner Ormuz sans réponse, le prix du pétrole monte en flèche et la stratégie d’étranglement économique est récompensée. C’est pourquoi le CENTCOM a frappé avant que les mines n’atteignent l’eau. Non pas pour ouvrir une guerre, mais pour vider le tableau. La coalition qui soutient cette politique au sein du Parti républicain Il voit dans ces frappes sélectives le prolongement naturel de la campagne de pression économique ordonnée par Trump depuis juillet dernier.

Ce que nous observons dans ces écrits, c’est que le cycle de représailles n’a pas encore dégénéré jusqu’à une guerre ouverte, mais qu’il est soutenu par un équilibre instable de logique de dissuasion. La prochaine fenêtre critique est la réaction navale dans le Détroit d’Ormuzoù toute manœuvre iranienne visant à poser une mine sera répondue par CENTCOM avec tir direct. L’Espagne et l’Union européenne suivront l’évolution en gardant un œil sur le prix du Brent. Le marché a déjà intégré une partie du risque ; La question est de savoir combien de temps cela peut durer sans prime de pénurie.

Dossier

  • Le cas : Escalade entre l’Iran et les États-Unis dans le détroit d’Ormuz suite à une attaque iranienne contre deux bases américaines en Jordanie, en réponse à une frappe du CENTCOM contre des navettes à Larak.
  • Données clés : Missiles interceptés sans dommage ; deux bases attaquées (Roi Hussein et Al Azraq) ; Le CENTCOM a attaqué deux lanceurs à Larak prêts à miner Ormuz ; Environ 20 % du pétrole brut mondial transite par le détroit ; première attaque américaine depuis le 29 juillet.
  • Pour l’Espagne : Risque d’augmentation des prix de l’énergie en raison de la dépendance européenne à l’égard de la route d’Ormuz ; sans implication militaire espagnole directe, mais exposition indirecte au prix du pétrole.