EN 30 SECONDES
- Que s’est-il passé ? Le prix moyen national du diesel en USA a atteint 5,90 $ le gallon, un nouveau sommet, et les stocks de distillats ont chuté de 14 % en dessous de la moyenne quinquennale.
- Qui est derrière ? Les grands opérateurs comme Vitol et Phillips 66 Ils préviennent que les raffineries fonctionnent déjà à 98 % de leur capacité, le détroit de Ormuz bloqué par l’Iran.
- Quel impact cela a-t-il ? La pression sur le diesel va rendre le transport routier et le fioul plus chers, avec un transfert vers le marché espagnol durant l’hiver.
Diesel établit un nouveau record en USA: 5,90 $ le gallon. Les opérateurs préviennent que la pénurie durera tout l’hiver.
C’est le message qui a flotté lors de la conférence Asia Pacific Petroleum à Singapour, où le PDG de VitolRussell Hardy, estime le déficit mondial de produits raffinés à environ deux millions de barils par jour en provenance de Russie et à deux millions supplémentaires en provenance du Moyen-Orient. Les raffineurs mondiaux ne traitent pas suffisamment de pétrole brut pour endiguer la baisse des stocks.
Les chiffres le confirment. Le prix moyen du diesel automobile a atteint 5,90 dollars le gallon lundi, contre 3,70 dollars il y a un an, selon AAA. L’écart entre le diesel et le pétrole brut, connu sous le nom de propagation des fissuresa dépassé le record de 106 dollars le baril le 1er septembre. Les stocks de distillats ont chuté de 14 % en dessous de la moyenne quinquennale.
Des raffineries à la limite et un hiver sans marge d’erreur
La capacité de réponse est pratiquement nulle. Phillips 66 a confirmé que la plupart des raffineries américaines fonctionnent désormais à pleine capacité, soit environ 98 % de leur capacité opérationnelle. Il a prévenu Stuart Turleyprésident de Sandstone Group, rappelant que les opérateurs agricoles et de construction devraient considérer le diesel au-dessus de cinq dollars comme base budgétaire, et non comme un pic temporaire.
La guerre en Ukraine a aggravé le déséquilibre. La Russie a interdit les exportations de diesel le 8 juillet suite aux attaques de drones ukrainiens contre ses raffineries, et Moscou Il a prolongé le veto jusqu’au 30 septembre. Parallèlement, l’Iran conserve le détroit de Ormuzpar lequel transitait un cinquième du pétrole mondial avant le début de la guerre le 28 février. Les rebelles houthis ont attaqué mardi des installations pétrolières saoudiennes.
GasBuddy a confirmé que la moyenne nationale en direct était proche de 5,90 dollars, soit dix cents de moins que six dollars, un seuil jamais atteint. Nous avons les dépôts pratiquement au fondil a résumé Robuste avant la conférence. L’essence reste autour de 4,15 dollars : chère, mais loin de l’urgence du diesel. Aucune capacité de raffinage inutilisée ne peut sauver un mois de décembre froid.
Les réserves sont au minimum et les raffineries à leurs limites : l’hiver ne pardonnera aucune erreur d’approvisionnement.
L’hiver à venir et son impact en Espagne
La tension du diesel américain ne s’arrête pas à USA. Le diesel est commercialisé sur un marché mondial et sa hausse de prix se transmet tout au long de la chaîne logistique. Le transport routier espagnol, qui transporte pratiquement toutes les marchandises nationales, est particulièrement sensible au prix du diesel. Un hiver avec des prix du diesel américains supérieurs à cinq dollars pourrait resserrer les coûts d’importation des biens intermédiaires et exercer une pression sur l’inflation en Espagne.
Entreprises espagnoles exposées au secteur de l’énergie, comme Repsol dans le raffinage et la distribution ou dans les grandes flottes logistiques, ils devront gérer des marges plus étroites. Le gouvernement espagnol, comme d’autres partenaires européens, observe l’évolution du mazout dans le nord-est de USA comme un thermomètre du début de l’hiver.
Logique de Washington
À Washington, la lecture est différente de celle en Europe. Donald Trump a rencontré des dirigeants du raffinage à la Maison Blanche le 1er septembre pour discuter des réformes réglementaires, des autorisations plus rapides et des investissements qui augmentent la capacité de raffinage. L’administration part d’un principe clair : la solution à la pénurie n’est pas de rationner la demande, mais d’augmenter l’offre. C’est la même logique qui, dans les années 80, a conduit à Ronald Reagan déréguler le secteur énergétique pour stimuler la production nationale.
Ted Ellisdirecteur adjoint de l’énergie et de l’environnement à l’America First Policy Institute, a appelé l’administration à surveiller de près les stocks et à être disposée à utiliser les réserves régionales de carburant pour maintenir le mouvement des produits. Le Congrès, a-t-il ajouté, peut proposer une réforme des permis. Mais les opérateurs ne s’attendent pas à des miracles à court terme.
Pour l’Espagne, les prévisions tablent sur des prix du diesel soutenus pendant l’hiver. La prochaine référence clé sera la décision de Moscou sur la prolongation de son veto à l’exportation au-delà du 30 septembre. Si la Russie maintient le blocus et que les raffineries américaines continuent à atteindre leurs limites, l’hiver arrivera avec du diesel à des niveaux que peu de budgets envisageaient.
Dossier
- Le cas : Le diesel américain atteint un niveau historique avec des stocks à des niveaux minimaux et des raffineries à 98 % de leur capacité, tandis que les opérateurs et les dirigeants mettent en garde contre une pénurie prolongée.
- Données clés : Prix moyen national de 5,90 $ le gallon ; spread de crack record de 106 $ le baril ; stocks 14 % inférieurs à la moyenne quinquennale ; raffineries à 98 % de leur capacité.
- Pour l’Espagne : Pression croissante sur le diesel de transport et de chauffage, avec le risque de se répercuter sur les coûts logistiques et l’inflation pendant les mois d’hiver.






