Le PSOE accuse Feijóo d’avoir exigé la comparution du CNI auquel le PP a opposé son veto au Sénat

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Feijóo exige ce samedi la comparution de la directrice du CNI, Esperanza Casteleiro, au Sénat après la crise migratoire à Ceuta.
  • Qui est derrière ? Le PSOE répond avec son porte-parole à la Chambre haute, Juan Espadas, ainsi qu’avec Montse Mínguez, Rebeca Torró et Rafael Simancas.
  • Quel impact cela a-t-il ? Le conflit institutionnel rouvre : le Conseil sénatorial, avec une majorité du PP, a déjà opposé son veto à une demande similaire de Vox en août pour des raisons juridiques.

Le PSOE accuse Feijóo d’avoir exigé une comparution au Sénat, ce que le Conseil du PP avait déjà rejeté pour des raisons juridiques. La crise à Ceuta a permis ce samedi au leader populaire d’exiger des explications du directeur du Centre National de Renseignement et à Ferraz de répondre avec des informations parlementaires.

Le précédent juridique qui invalide la demande de Feijóo

La pétition de Vox, enregistrée début août, demandait que Espérance Casteleiro est apparu à la Chambre Haute pour expliquer quelles étaient les précédentes alertes concernant l’entrée illégale de milliers de personnes à Ceuta les 30 et 31 juillet. Le Conseil sénatorial ne les a pas admises pour traitement.

L’argument juridique était clair : le directeur du CNI « ne peut comparaître que devant la Commission des secrets officiels du Congrès des députés, comme le prévoit la réglementation en vigueur ». L’écrit, recueilli par Europa Press, cite le article 5.1 de la loi 11/2002 réglementant le CNI, qui déclare des informations classifiées sur les activités, moyens, procédures et sources du Centre, et de l’article 11, qui réserve le contrôle parlementaire au Congrès.

Feijóo exige que Casteleiro précise quand le gouvernement a été informé, quelles informations ont été transférées et ce qu’il savait avant l’entrée illégale de milliers d’immigrants. Le PP a annoncé ce samedi qu’il comparaîtrait dans le procès ouvert devant le Tribunal National.

La réponse socialiste : « incompétence, mauvaise foi ou ignorance »

Le PSOE a réagi de deux manières. Sur le réseau social X, le parti a lancé un message dur : « Nouveau cap politique, vieilles coutumes. Il y a des choses qui ne changent pas. Juan Espadasporte-parole socialiste au Sénat, a accusé Feijóo de vouloir « jouer au leader de l’extrême droite » en s’appropriant une initiative appartenant à Vox.

Espadas a résumé son évaluation en trois mots : « incompétence, mauvaise foi ou ignorance ». Montse Minguezporte-parole du PSOE, a été plus direct : « Il dispose de la majorité absolue au Sénat. Ce dont il n’a aucune idée. Et ainsi de tout.

Rébéca TorroSecrétaire d’Organisation du PSOE, et Rafael Simancassecrétaire d’État chargé des Relations avec la Justice et des Affaires constitutionnelles, se sont également joints à l’offensive. Simancas a utilisé l’ironie: « C’est juste qu’il n’en donne pas ».

Le Sénat n’est pas le siège du contrôle des services de renseignement : la loi réserve cette fonction au Congrès et Feijóo le sait.

L’Axe du pouvoir socialiste

La contradiction signalée par le PSOE n’est pas mineure. Feijoo a majorité absolue au Sénatmais sa demande se heurte à une décision du Conseil lui-même que son parti contrôle. La Chambre haute a rejeté une demande identique de Vox en août car, selon la réglementation, le directeur du CNI n’est responsable que devant le Commission des secrets officiels du Congrès.

Le défi survient au moment où le gouvernement Sánchez prépare la nouvelle période de sessions régulières avec l’intention de consolider l’agenda législatif. Pour Ferraz, le mouvement PP fait preuve d’une stratégie de concurrence avec l’extrême droite sur un sujet sensible comme l’immigration irrégulière, au lieu d’exercer une opposition institutionnelle.

Dans la lecture socialiste, la position de Feijóo oscille entre la méconnaissance des réglementations et l’instrumentalisation partisane d’une crise humanitaire. Le précédent du mois d’août sert aux socialistes à montrer que le PP se contredit dans son propre fief parlementaire. C’est le message que le PSOE veut installer : la droite n’offre pas de gestion, mais du bruit.

La prochaine étape sera de voir si le PP maintient la pression sur le Tribunal National et si le Sénat ouvre une voie autre que la comparution publique que le Conseil considérait déjà comme irréalisable d’un point de vue juridique.

🌹La note de Ferraz

  • Message fort : Feijóo se contredit : il exige au Sénat ce que le Conseil qui contrôle son parti a déjà rejeté pour des raisons juridiques.
  • Protagoniste: Juan Espadas (porte-parole du PSOE au Sénat).
  • Prochaine étape : Début de la nouvelle période de sessions au Sénat et suivi du dossier judiciaire au Tribunal National.