La violence au Mexique ne se mesure plus uniquement en homicides. Cela conditionne également les investissements espagnols. Le gouvernement de Claudia Sheinbaum se vante d’avoir coupé 51% de la moyenne quotidienne des homicides volontaires entre septembre 2024 et juillet 2026, mais l’extorsion reste intacte dans les États où BBVA et Santander Ils concentrent une bonne partie de leurs bénéfices.
Moins d’homicides, même extorsion : ce que disent les données
Nous y allons par parties, car la photo comporte deux moitiés très différentes. La première a été donnée par la présidente elle-même dans son deuxième rapport présidentiel, le 1er septembre, avec les données officielles du Secrétariat Exécutif du Système National de Sécurité Publique. La seconde n’apparaît pas dans les discours : l’extorsion, frais plancher — le paiement obligatoire que les groupes criminels imposent aux entreprises, aux transporteurs et aux entreprises — et les disparitions continuent à peine à reculer.
Sur le papier, la stratégie de sécurité fonctionne. L’analyse de Société des Amériques/Conseil des Amériques Il le résume ainsi : la capacité de l’État mexicain à lutter contre le crime organisé s’est clairement améliorée, et les captures ou les pertes de commandants criminels sont des succès incontestables. Le problème vient juste après, quand le patron tombe et que la structure ne se dissout pas : Il se fragmente en cellules plus petites, beaucoup plus difficiles à poursuivre..
L’extorsion est le domaine qui ne baisse pas. Elle frappe le commerce, le transport de marchandises, les travaux publics et le bâtiment, et punit surtout l’homme d’affaires de taille moyenne, celui qui ne dispose pas de sa propre équipe de sécurité ni d’avocats dans trois pays. Pour une multinationale, c’est un coût supplémentaire ; Pour un fournisseur local, c’est la différence entre rester ouvert ou fermer le volet.
Une bonne partie de ces extorsions n’atteint jamais les statistiques. La peur des représailles, la méfiance à l’égard du parquet et le coût du signalement font également du crime le plus répandu la pire mesure de toutes. C’est par là que passent les gros titres optimistes : des homicides sont signalés, des extorsions sont pressenties.
Où l’Espagne joue son avantage au Mexique
Pour l’Espagne, ce n’est pas une chronique lointaine. BBVA México est la plus grande filiale du groupe et l’une de ses principales sources de bénéficeset Santander opère dans le pays à travers une filiale cotée à la Bourse mexicaine. Les deux banques présentent depuis des années le Mexique comme leur marché le plus rentable : chaque rapport trimestriel dépend de la résistance de l’économie et de la possibilité d’ouvrir des succursales dans le nord et à Bajío sans accompagnement.
Les homicides ne font plus la une des journaux ; l’extorsion se poursuit sans relâche pour ceux qui opèrent dans la rue.
Le corridor industriel du Bajío —GuanajuatoQuerétaro, San Luis Potosí, Aguascalientes—est le cœur de l’investissement espagnol dans le paysavec des usines automobiles, de composants et de logistique. C’est aussi la zone où l’extorsion des moyens de transport et des fournisseurs locaux est la plus courante. Rien de tout cela n’apparaît dans les statistiques des homicides.
Quel précédent enseigne les banques espagnoles
Il convient de rappeler le précédent. Les banques espagnoles ont débarqué au Mexique à la fin des années 90 en rachetant des entités fragilisées après la effet tequilala débâcle du taux de change de 1994 et 1995 qui a dévasté le système financier local. Deux décennies plus tard, lorsque l’Argentine a explosé en 2001, Santander et BBVA ont dû constituer d’importantes provisions et réorganiser leurs portefeuilles latino-américains.
La leçon était écrite dans leurs récits : La diversification protège, mais n’immunise pas. Un pays qui réduit les homicides et maintient l’extorsion n’est pas un risque qui peut être résolu avec les gros titres, mais avec les données de l’État examinées mois après mois et en gardant un œil sur le terrain où il opère réellement.
Ce que nous devons maintenant suivre, ce sont les petits caractères. Le Secrétariat Exécutif publie chaque mois le décompte des homicides et extorsions par Etat : là nous verrons si La baisse des homicides se traduit par une réelle amélioration ou si cela ne fait que déplacer le problème vers un autre crime. La coordination entre la fédération et les États est également importante, signalée comme une question en suspens par les analystes signataires du rapport.
Et le cycle électoral mexicain pèse lourdement sur le calendrier, qui débute l’année prochaine et freine généralement toute réforme sécuritaire. Pour les entreprises espagnoles ayant une usine, un bureau ou un portefeuille dans le pays, la question n’est plus de savoir combien d’homicides diminuent, mais combien d’extorsions restent sous le radar.
📌 Dossier
- Dossier : La stratégie sécuritaire de Claudia Sheinbaum réduit les homicides au Mexique, mais les extorsions et les disparitions persistent dans les États où opèrent les grandes banques espagnoles.
- Informations importantes : La moyenne quotidienne des homicides intentionnels diminue de 51% entre septembre 2024 et juillet 2026, selon le Secrétariat exécutif du Système national de sécurité publique. BBVA México est la plus grande filiale du groupe et Santander cote sa filiale mexicaine à la Bourse mexicaine.
- Résumé: L’amélioration de l’indicateur étoile n’élimine pas le risque pays pour les investissements espagnols : l’activité dépend de territoires où l’extorsion reste non mesurée.






