La Colombie recherche des investissements espagnols à New York : présente son offre au CEAPI

Thibault Delacroix

Colombie a atterri dans New York avec 37 projets sous son bras et un objectif clair : attirer Investissement espagnol. L’ancien ministre José Manuel Restrepo a soumis l’offre au CEAPIle forum qui rassemble de grandes entreprises d’Espagne et d’Amérique latine, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Les 37 projets que la Colombie apporte à New York

Ce n’est pas une liste improvisée. Sous l’égide de Mission Croissancel’exécutif colombien a identifié 176 projets à capitaux publics, privés et mixtes pour une valeur commune qui dépasse 600 milliards de pesos, ce qui équivaut à plus de 100 milliards de dollars au taux de change actuel. De cet univers ils viennent 37 initiatives prioritaires: ceux qui parcourent désormais les couloirs de Manhattan à la recherche d’un partenaire.

Les secteurs choisis dessinent les priorités du pays : énergie, infrastructures et logistique, agro-industrie, tourisme, industrie et programmation. Traduit : diversifier une économie encore très liée aux matières premières nécessite exactement le type de travail que les entreprises espagnoles réalisent depuis trois décennies en Amérique latine.

« C’est le pari. C’est le point de départ pour pouvoir avancer », a-t-il résumé. Restrepo devant les hommes d’affaires. Et il a ajouté une idée qu’il faudrait retenir : « La Colombie n’est pas un pays qui se définit par le centre, il faut comprendre les régions ».

Quel est l’enjeu de l’Espagne avec cette offre ?

Le forum choisi n’est pas une coïncidence. Il CEAPIAlliance des conseils d’affaires pour l’Amérique ibéro-américaine, rassemble les premières épées de la communauté des affaires espagnole et ibéro-américaine et il fonctionne depuis des années comme une porte d’entrée pour les capitaux espagnols vers la région. S’y présenter, c’est s’adresser directement à l’investisseur qui connaît déjà le terrain.

Et l’Espagne connaît la Colombie. Le pays est depuis des années l’un des principaux bénéficiaires des investissements espagnols.avec une présence consolidée dans les secteurs de la banque, des télécommunications, de l’énergie, des assurances et des concessions. Des groupes comme Téléphone, BBVA soit Mapfré Ils y sont arrivés dans les années 90, lorsque le marché était aussi prometteur qu’effrayant.

La Colombie ne recherche pas seulement des capitaux : elle recherche des partenaires bien ancrés, et l’Espagne y bénéficie de trois décennies d’avantage.

Comme si cela ne suffisait pas, le moment est délicat. USA pousse son propre agenda commercial, Chine soumissionner pour des contrats d’infrastructure et Bruxelles fait bouger les choses en Amérique latine avec plus de rhétorique que de budget. Dans cette impulsion, chaque contrat signé par une entreprise espagnole à Bogotá est également une position gagnée pour la marque nationale.

Le précédent à retenir

C’est déjà arrivé. La grande vague d’investissements espagnols s’est produite avec les privatisations des années 1990 et a placé l’Espagne parmi les premiers investisseurs européens en Amérique latineune position qui s’est érodée après la crise de 2008 et qui a commencé à se redresser il y a seulement quelques années.

Il y a une nuance dont presque personne ne parle. La Colombie n’est ni le Brésil ni le Mexique: Son marché est plus petit, mais aussi moins disputé et avec une classe moyenne en expansion. Pour une entreprise espagnole de taille moyenne, cela pourrait être le terrain idéal pour rivaliser sans la pression des géants mondiaux.

Le même précédent enseigne le contraire. Une annonce sans contrat ne génère pas de retour : elle génère de l’attrition. C’est pourquoi il convient de s’intéresser moins aux 176 gros titres et davantage au nombre de projets prioritaires, sur les 37, qui aboutissent à un contrat signé, avec des délais crédibles et un financement identifié.

Il est conseillé de suivre trois panneaux. Le premier, si le Gouvernement colombien publie le calendrier des enchères. La seconde, si les chambres de commerce et les bureaux économiques espagnols accompagnent l’offre d’instruments de financement. Le troisième, si le CEAPI répète le format dans d’autres majuscules. Nous saurons alors si New York n’était qu’une annonce de plus ou le véritable début d’un cycle d’investissement.

📌 Dossier

  • Dossier : L’ancien ministre colombien José Manuel Restrepo a présenté à New York un portefeuille de 37 projets prioritaires devant le CEAPI, le forum des grandes entreprises espagnoles et latino-américaines.
  • Informations importantes : La stratégie Mission Crecer identifie 176 projets pour plus de 600 milliards de pesos, dans des secteurs tels que l’énergie, les infrastructures, l’agroalimentaire et le tourisme.
  • Résumé: La Colombie recherche des capitaux espagnols pour son plan de croissance et l’Espagne a l’opportunité de retrouver du poids en matière d’investissement dans la région.