EN 30 SECONDES
- Que s’est-il passé ? La Mairie de Tres Cantos a envoyé une lettre à la Commission Electorale Centrale et à l’INE pour vérifier plus de 200 inscriptions au CERA attribuées à la commune par la loi sur les petits-enfants.
- Qui est derrière ? Jesús Moreno (PP), maire de Tres Cantos, une commune madrilène constituée en municipalité en 1991, bien après la période historique exigée par la norme.
- Quel impact cela a-t-il ? Il place le nettoyage du recensement au centre du débat avant les prochains processus électoraux et met à rude épreuve le contrôle du gouvernement sur les attributions.
Tres Cantos demande à l’INE et au JEC de vérifier plus de 200 inscriptions au recensement en raison de la loi sur les petits-enfants. Le maire, Jésus Moreno (PP)a envoyé une lettre au Conseil Electoral Central et à l’Institut National de Statistique pour clarifier comment s’est déroulée l’affectation de ces électeurs à la municipalité.
Ce que demande Tres Cantos et pourquoi l’argument du calendrier pèse
Le Conseil municipal exige un audit et un examen d’office des dossiers CERA confiés à la commune depuis 2022. Il ne s’agit pas d’une poignée de cas isolés. Il s’agit de plus de deux cents inscriptions au recensement qui, selon la Mairie, nécessitent une explication documentée avant tout rendez-vous aux bureaux de vote. Aucun de ces recensements ne dispose encore d’un rapport officiel à l’appui.
Simple et, sur le papier, difficile à réfuter. Tres Cantos a été créée en tant que municipalité 1991déjà en pleine démocratie, très loin de la période couverte par la loi dite des petits-enfants pour reconnaître la nationalité par l’exil. La ville n’existait pas à l’époque où, soi-disant, ceux qui apparaissent aujourd’hui comme électeurs auraient quitté l’Espagne. Comment s’explique alors votre lien de recensement avec cette commune ? La question, affirme Moreno, exige une réponse officielle.
« Tres Cantos est une ville jeune, née dans la démocratie en 1991 », résume le maire. Selon lui, l’apparition d’électeurs liés à la ville à travers l’hypothèse d’un exil historique « démontre qu’il y a eu des échecs flagrants dans la procédure d’affiliation, ou un manque absolu de contrôle de la part du gouvernement central.
Moreno insiste sur le fait que sa demande ne remet pas en cause le droit d’obtenir la nationalité espagnole. « Nous respectons pleinement le droit à la nationalité », déclare-t-il, puis il défend que les listes électorales « doivent refléter un lien réel et vérifiable avec la municipalité où les gens votent ». Le conseil municipal n’intervient pas, dit-il, pour évaluer les intentions des inscrits : « Nous n’allons pas juger des intentions, mais les faits démontrent un manque de rigueur inacceptable ».
La note municipale fixe précisément l’objectif : « assurer la propreté du recensement et défendre la légitimité démocratique dans les prochains processus électoraux ». Le Conseil municipal demande d’éviter, selon les mots de son conseiller, « des ingénieries ou des raccourcis incontrôlés en matière de recensement qui déforment la réalité des municipalités comme la nôtre ». Moreno relie également sa revendication à une résolution récente du Cour suprême qui, selon son interprétation, « est d’accord » avec la Mairie.
La Cour suprême, le gouvernement et la lutte pour le contrôle du recensement
La pétition ne discute pas de qui mérite la nationalité, mais plutôt de la manière dont une municipalité née en 1991 finit par recevoir des électeurs par un itinéraire conçu pour l’exil.
La décision du maire intervient dans un contexte de friction maximale. Le gouvernement a critiqué les « excès » des mesures conservatoires de la Cour suprême concernant la loi sur les petits-enfants, tandis que le PSOE a lancé une collecte de signatures pour révoquer la suspension de la règle. Sur ce panneau, la lettre de Tres Cantos introduit un élément inconfortable : une plainte municipale, avec noms et dossiers, sur le fonctionnement réel du CERA.
L’Axe du pouvoir populaire
Plus qu’un maire en particulier, c’est le patron qui compte ici. La gestion territoriale du PP a fait de la surveillance des recensements son propre domaine d’activité, et ce n’est pas par hasard. Là où le populaire gouverne, la revendication est répétée : transparence dans les affectations, contrôle des inscriptions et défense d’un recensement qui reflète le quartier réel. Tres Cantos n’est pas une exception, c’est un exemple.
La question touche également un terrain sensible pour les communautés gouvernées par le Parti populaire. Madrid, l’Andalousie, la Communauté valencienne ou Murcie concentrent une bonne partie du vote étranger qui se joue à chaque appel, et tout doute sur la propreté du CERA affecte pleinement la crédibilité du système. Génova suit de près ces mouvements municipaux : ils sont peu coûteux à proposer, difficiles à démanteler et utiles pour installer l’agenda de transparence devant le gouvernement.
Lorsque le recensement étranger a été suspecté, la bataille s’est toujours réglée dans les tribunaux et les commissions électorales, et non dans les bureaux de la Moncloa. Ici, le PP joue dans ce domaine à l’avantage de celui qui gouverne la commune. Le risque est cependant de diluer un débat sérieux dans une pure bagarre partisane. Laissons cela à « nous verrons ».
La balle revient désormais à l’INE et à la Commission électorale centrale, qui doivent décider d’ouvrir ou non la révision d’office demandée. Que la plainte reste dans un dossier supplémentaire ou qu’elle constitue un critère pour le reste des communes dépendra de votre réponse. Des choses qui arrivent en politique.
🏛️ La Note de Gênes
- Message fort : Défense de la propreté du recensement et de la transparence contre les « raccourcis » du gouvernement central dans la gestion du vote externe.
- Protagoniste: Jesús Moreno (maire de Tres Cantos, PP).
- Prochaine étape : Réponse de l’INE et de la Commission électorale centrale à la demande d’audit de plus de 200 dossiers CERA.






