La grève des transports et des machinistes se poursuit après le premier combat avec la SEMAF à Urda

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le premier vice-président et nouveau ministre des Transports, Carlos Body, a clôturé jeudi sa première réunion avec la SEMAF sans progrès : le syndicat des machinistes maintient les grèves de 24 heures les 10 et 12 novembre.
  • Qui est derrière ? Corps, accompagné du secrétaire d’État aux Transports, José Antonio Santano, et du président de Renfe, Álvaro Fernández Heredia, avec le soutien politique de Ferraz et de La Moncloa pour réorganiser le portefeuille après l’accident d’Urda.
  • Quel impact cela a-t-il ? La négociation reprend ce vendredi 6 novembre en commission de suivi ; Au calendrier de la SEMAF s’ajoute la grève du 17 novembre convoquée par les syndicats représentés au comité d’entreprise de l’Adif.

Corps de Carlos Le portefeuille Transports s’ouvre avec le pouls syndical ouvert : la SEMAF maintient les grèves des conducteurs de train après une première réunion sans avancées.

La réunion s’est tenue ce jeudi après-midi et s’est terminée sans accord, selon la force syndicale. Corps s’est présenté accompagné du secrétaire d’État aux Transports, José Antonio Santano, et du président de Renfe, Álvaro Fernández Heredia : trois noms importants à une table que La Moncloa et Ferraz ont voulu dresser comme une priorité politique, car le premier vice-président tient depuis cette semaine les rênes du ministère des Transports.

Rien n’a bougé sur le calendrier. La SEMAF soutient les grèves de 24 heures appelées à 10 et 12 novembreauquel s’ajoute celui de 17 novembre promue par les syndicats représentés au comité d’entreprise de l’Adif. Trois jours en moins d’une semaine qui stressent le démarrage de la nouvelle équipe.

La revendication que les représentants des travailleurs ont mise sur la table n’est pas un chiffre, mais une amélioration des conditions de sécurité pour la fourniture des services ferroviaires. Il s’agit de l’exigence que le système garantisse les conditions de sécurité des matériaux en circulation.

C’est l’axe sur lequel pivote également le débat public depuis l’accident du mercredi 28 octobre à Urda (Tolède), épisode qui a contraint l’Exécutif à se réorganiser et qui explique pourquoi la première vice-présidence s’est assise à la table des négociations.

L’autorité politique se mesure à la table des négociations et non dans l’organigramme : la première lutte avec les conducteurs de train se termine avec le calendrier de grève intact.

Le prochain rendez-vous est ce vendredi 6 novembre, au comité de suivi, la table où se retrouvent syndicats, entreprises et Administration. On y mesurera s’il existe une réelle marge d’accord.

Du 28-O à Urda au 17-N : le calendrier qui saisit le nouveau ministère

Chaque date a une lecture politique. Le 10 novembre est le premier test : si les machinistes soutiennent la grève, le département fera face à sa première grève avec Corps aux commandes. Le 12 arrive deux jours plus tard, sans possibilité de longue négociation. Et le 17, il ajoute les syndicats du comité d’entreprise de l’Adif, ce qui étend le conflit au-delà de la cabane.

En parallèle, le ministère doit soutenir la gestion ordinaire des déplacements domicile-travail, moyenne distance et fret. Il ne s’agit pas d’une simple grève de plus : c’est la preuve que la nouvelle équipe peut réorienter une crise sécuritaire sans consolider la méfiance des travailleurs.

La sécurité comme condition préalable : le détail technique qui bloque l’accord

La SEMAF n’a pas mis sur la table une revendication salariale fermée, mais plutôt un principe : que les garanties matérielles de circulation soient renforcées et que les conducteurs de train ne soient plus le dernier maillon de la chaîne de sécurité. Tout accord qui n’inclut pas ce point est insuffisant.

Pour le ministère, l’équation comporte deux inconnues : le calendrier, car l’annulation nécessite un geste crédible en seulement 48 heures, et la crédibilité, car un engagement sécuritaire ne peut rester à la une des journaux.

Le facteur humain n’est pas rhétorique. Derrière chaque grève se trouvent des conducteurs de train qui ont exprimé leur inquiétude quant aux conditions dans lesquelles ils assurent le service et aux usagers qui dépendent quotidiennement du train. Le gouvernement socialiste met là en jeu son principal atout : la crédibilité de la gestion publique.

L’Axe du pouvoir socialiste

En interne, Corpus concentre la première vice-présidence et les Transports, un mouvement qui renforce l’aile économique de l’Exécutif à un moment où le parti a besoin de gestes de solidité. Ferraz suit le dossier avec attention car tout conflit ferroviaire a une traduction territoriale immédiate : Castille-La Manche —avec Emiliano García-Page à la barre et avec Urda sur sa carte—, les Asturies (Adrián Barbón), la Navarre (María Chivite) et la Catalogne (Salvador Illa) sont les territoires où le réseau et la proximité pèsent le plus dans le débat public. Les barons ne vont pas fabriquer du bois de chauffage avec l’arbre tombé, mais ils demandent que le dialogue avec les ouvriers ne se détériore pas.

Le deuxième angle est celui de la majorité parlementaire. Les GPS du Congrès et du Sénat soutiennent le Gouvernement avec des partenaires à très haute sensibilité ferroviaire : ERC pour la banlieue catalane, le PNV pour le réseau basque, la BNG pour la Galice et EH Bildu pour la structuration du nord. Un conflit enraciné ne brise pas la majorité, mais il érode la confiance dans la capacité de gestion, qui est exactement le terrain sur lequel le PSOE veut rivaliser.

Et le troisième, le risque immédiat. Le précédent utile est l’architecture propre du département : depuis 2020, les Transports ont été conçus comme un portefeuille de gestion intensif, avec Renfe et Adif sous son égide et avec un dialogue syndical permanent. Lorsque ce dialogue échoue, le coût n’est pas seulement celui de l’image ; Elle est motivée par un agenda, car chaque jour de grève déplace le débat des politiques sociales vers la logistique du chaos.

Comme on pouvait s’y attendre, l’opposition exigera des explications de la part de la Commission des transports et portera l’affaire devant la séance de contrôle. La réponse socialiste devrait être la même que toujours : des données, de la rigueur et la démonstration que la sécurité ferroviaire est une priorité du gouvernement et non un argument de circonstance. Si vendredi la commission de suivi aboutit à un accord de principe, la donne change. Dans le cas contraire, le 10 novembre, le pays examinera les plateformes.

🌹La note de Ferraz

  • Message fort : La sécurité ferroviaire comme priorité de la direction et la première vice-présidence comme garantie du dialogue avec les travailleurs.
  • Protagoniste: Carlos Body (premier vice-président et ministre des Transports).
  • Prochaine étape : Comité de suivi ce vendredi 6 novembre ; première grève de 24 heures le 10 novembre.