Les Houthis frappent le pipeline Est-Ouest de l’Arabie Saoudite, déclenchant une crise énergétique mondiale

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Une éventuelle attaque des Houthis contre le pipeline Est-Ouest saoudien, avec des images satellite montrant une traînée de fumée de près de 100 kilomètres et des relevés de chaleur dépassant 70 mégawatts, sans confirmation officielle.
  • Qui est derrière ? Les Houthis, alignés sur L’Iranils ont frappé plusieurs installations Aramco cette même semaine et a fait 73 blessés, selon les porte-parole militaires du groupe.
  • Quel impact cela a-t-il ? Il Brent a augmenté de 1,67% à 98,61 $ et Espagne surveille le risque d’une nouvelle hausse des prix du carburant et du pétrole brut importé.

Une éventuelle attaque des Houthis contre l’oléoduc Est-Ouest saoudien a déclenché l’alarme sur le marché mondial du pétrole brut.

Une attaque sans confirmation officielle mais avec des images satellite

Images satellites Sentinelle-3publié ce jeudi par le compte Lettre d’Ormuzmontrent une traînée de fumée de près d’une centaine de kilomètres le long du tracé du pipeline entre Médine et Mahd adh Dhahab. Données thermiques du système ENTREPRISES La NASA a enregistré des pics de plus de 70 mégawatts, soit plus du double de celui d’un incendie de routine, concentrés sur une étendue de moins de dix kilomètres pendant au moins huit heures. Ni le ministère saoudien de l’Énergie ni Aramco n’ont confirmé l’impact.

Les négociants en pétrole brut se sont réveillés jeudi partagés entre réalité et suspicion. D’un côté, une attaque maritime confirmée près d’Oman. En revanche, le mystère de l’oléoduc, en attendant une deuxième série d’images satellite comparées entre les 9 et 10 septembre, selon Investir en direct.

Le passé récent incite à la prudence : les Houthis combinent depuis des semaines drones et missiles balistiques contre les installations de sécurité. Aramcofaisant 73 blessés, et le ministère saoudien de l’Énergie a temporairement suspendu les opérations dans plusieurs usines pendant que les équipes d’urgence luttaient contre les incendies. Le porte-parole militaire des Houthis, le général de brigade Yahya Sareea revendiqué des frappes contre des objectifs pétroliers et économiques en Abha, Jizan, Najran et Khamis Mushayt.

Le Petroline, la sortie de secours de Riyad

Quoi qu’il en soit, l’objectif n’est pas simplement un autre point sur la carte. Il Pétrolinecomme on appelle l’oléoduc Est-Ouest, transporte du pétrole brut sur quelque 1 200 kilomètres depuis la province orientale de l’Arabie saoudite jusqu’à Yanbudéjà en mer Rouge. C’est la seule sortie lourde de Riyad pour éviter le Détroit d’Ormuzpar lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Les cartes de l’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis la décrivent comme l’artère qui permet à Riyad de contourner Ormuz.

Avec le détroit de Ormuz partiellement bloqué, la route vers Yanbu est devenu encore plus stratégique. Les Houthis frappent Jizan et Yanbu En juillet, ils ont de nouveau attaqué Jizan en août et Arabie Saoudite a détourné davantage de pétrole brut vers l’ouest malgré la baisse de la production de ses raffineries. Il Brent Il a augmenté de 1,67% au cours de la semaine à 98,61 dollars le baril, se dirigeant déjà vers les trois chiffres.

La Petroline n’est pas n’importe quelle infrastructure : c’est la seule alternative lourde de Riyad au détroit d’Ormuz et son interruption prolongée rendrait plus cher tout le pétrole brut qui traverse l’Atlantique.

Logique de Washington

Pour Washingtonle Petroline n’est pas une affaire lointaine. Il Commandement central des États-Unis (CENTCOM, pour son acronyme en anglais) se coordonne déjà avec les autorités saoudiennes sur une éventuelle réponse, selon cnn. La logique est purement celle de la sécurité énergétique : si le pétrole brut du Golfe est piégé, le prix de l’essence augmente en Californie, en Floride ou dans l’Ohio, et l’inflation devient un problème électoral pour toute administration.

Il existe un précédent évident. Durant la présidence de Ronald Reaganla marine américaine a escorté des pétroliers koweïtiens sous pavillon koweïtien en pleine guerre entre l’Iran et l’Irak, en opération Volonté sérieuse. À l’époque comme aujourd’hui, le calcul de Washington n’était pas de régler le conflit du Moyen-Orient, mais de maintenir le robinet du pétrole ouvert. L’oléoduc Est-Ouest remplit aujourd’hui le même rôle que ces convois : il est la vanne qui empêche Téhéran de dicter les prix.

Pour Espagnel’exposition est directe. Le pays importe la quasi-totalité du pétrole brut qu’il consomme et Brent est la référence pour la majeure partie de l’offre qui entre par Algésiras, Bilbao soit Carthagène. Un baril au-dessus de 98 dollars est rapidement transféré au diesel, à l’essence et à la facture logistique d’entreprises comme Repsol. Même s’il n’y a pas d’interruption confirmée, la prime de risque est déjà cotée sur les marchés.

Dans les prochains jours, l’accent sera mis sur deux fronts : la confirmation ou la négation officielle de l’Arabie Saoudite et les images satellites. Sentinelle-3 du week-end. Si la cassure se confirme, les analystes anticipent une poussée supplémentaire de la part du marché. Brent vers la barrière des 100 $. Si cela reste une rumeur, la pression s’atténuera, mais l’affichage de la vulnérabilité laissera une brèche dans la prime de risque du Golfe.

Dossier

  • Le cas : Possible attaque des Houthis contre le pipeline Est-Ouest d’Aramco, avec des images satellite de fumée et des données thermiques de la NASA, en attendant confirmation officielle.
  • Faits marquants : Brent en hausse de 1,67% à 98,61$ ; Un oléoduc de 1 200 kilomètres jusqu’à Yanbu ; 73 blessés lors d’attaques en début de semaine ; des lectures de chaleur supérieures à 70 mégawatts.
  • Pour l’Espagne : Exposition directe du fait de la dépendance au pétrole brut importé et au prix du Brent comme référence, avec risque de transfert vers les coûts de carburant et de logistique si la menace se consolide.