Aragón (PP-Vox) élimine le programme scolaire de langue arabe et culture marocaine de ce cours

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le Gouvernement d’Aragon (PP-Vox) supprime le PLACM dans dix écoles à partir de l’année scolaire 2026/2027.
  • Qui est derrière ? Le ministère de l’Éducation aragonais, avec Vox comme partenaire en soutien au pacte de gouvernabilité du 22 avril.
  • Quel impact cela a-t-il ? 199 étudiants ne bénéficient plus d’une activité extrascolaire financée par le Maroc.

Le Gouvernement d’Aragon va supprimer cette même année scolaire le programme scolaire de langue arabe et de culture marocaine, annoncé pour ce lundi et avec un impact sur dix collèges communautaires. Ce retrait intervient en pleine crise avec le Maroc à propos de Ceuta et intervient après l’accord de gouvernance PP-Vox du 22 avril.

Le ministère de l’Éducation officialisera la mesure à la rentrée 2026/2027. Le PLACM a été enseigné dans dix centres et a atteint 199 étudiants. S’agissant d’une activité extrascolaire et volontaire, sa suppression ne modifie pas le cursus obligatoire.

Vox a formulé la décision dans son rejet de « l’islamisation de l’Europe » et le vice-président régional a défendu le retrait comme une défense de la culture espagnole et des femmes.

Un programme financé par le Maroc qui alimente le débat

Le PLACM est un programme de coopération bilatérale entre l’Espagne et le Maroc coordonné par l’ambassade du Maroc et le ministère espagnol. Il est dispensé par des enseignants fonctionnaires marocains sélectionnés par Rabat.

Le financement est assuré par la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger. Le gouvernement reconnaît que cela n’entraîne aucun coût pour les administrations éducatives espagnoles, même s’il n’existe aucun chiffre public concernant le déboursement annuel du Maroc.

Il est né de l’accord culturel de 1980. Il s’adresse en priorité aux étudiants d’origine marocaine, bien qu’ouvert aux autres étudiants, et est enseigné majoritairement sous forme de volontariat.

La décision d’Aragon n’arrête pas la coopération bilatérale : elle retire un instrument que Vox considère comme un vecteur d’influence étrangère et que le PP aragonais a accepté de réviser.

Une grande partie de la controverse n’a pas porté sur le budget, mais plutôt sur la souveraineté : qui choisit le personnel enseignant et qui fixe le contenu. La vice-présidence aragonaise a insisté sur le fait que le programme était financé depuis le Maroc et dispensé avec des fonctionnaires marocains, une formule approuvée par le gouvernement central depuis 1980.

L’administration régionale n’a pas financé le programme, les économies budgétaires sont donc marginales. Le débat est plus symbolique que financier : il discute du rôle que devrait jouer un État tiers dans les salles de classe d’une communauté autonome et des limites qu’un gouvernement de coalition impose à la coopération culturelle bilatérale.

Le pouls PP-Vox et la position du président Azcón

Vox avait déjà exigé la paralysie du programme au Congrès des députés, aux Cortes d’Aragon et à la Mairie de Saragosse. L’accord du gouvernement avec le PP, signé le 22 avril, l’a transformé en un engagement à stabiliser l’Exécutif du Jorge Azcón.

L’exécutif aragonais évite de présenter la décision comme une rupture avec le Maroc. Les sources consultées par Moncloa.com l’encadrent dans la défense des pouvoirs éducatifs régionaux et en cohérence avec l’accord de coalition.

L’Axe du pouvoir populaire

Le programme a été étendu à environ 400 centres en Espagnemais plusieurs communautés l’ont déjà abandonné. Le ministère le maintient aujourd’hui en Galice, en Andalousie, à La Rioja ou en Estrémadure, certaines gouvernées par le PP, ce qui montre des rythmes différents au sein de l’espace populaire.

Azcón s’impose devant les autres barons et souligne l’influence de Vox en Aragon. La décision répond à une demande du partenaire et s’inscrit dans un parcours marqué par la crise avec le Maroc à propos de Ceuta, avec le prix de tendre le dialogue avec Rabat.

Un précédent : le PLACM a survécu quatre décennies et son retrait en Aragon n’empêche pas sa validité dans d’autres communautés. Gênes fait profil bas ; Il n’en fait pas une impulsion nationale, mais il ne le censure pas non plus. Les dirigeants nationaux préfèrent y voir une gestion autonome.

Le premier thermomètre sera la communication officielle du ministère de l’Éducation ce lundi et la réaction des familles des élèves. 199 étudiants affecté. A partir de là, il faudra voir si d’autres autonomies avec PP et Vox répliquent le mouvement.

🏛️ La Note de Gênes

  • Message fort : Défense de la souveraineté éducative et respect des pactes d’autonomie face aux influences étrangères.
  • Protagoniste: Jorge Azcón (président du Gouvernement d’Aragon) et la vice-présidence de Vox.
  • Prochaine étape : Communication officielle du ministère de l’Éducation nationale ce lundi et candidature à l’année académique 2026/2027.