Vox a réussi à faire approuver dans un premier temps par Lérida l’interdiction de la burqa et du niqab dans l’espace public de la ville.
La séance plénière de Mairie de Lérida a initialement approuvé l’ordonnance. Le texte a été adopté avec le soutien de VoixPSC et Junts, tandis que le reste des groupes municipaux ont voté contre. Elle s’appliquera aussi bien sur la voie publique que dans les édifices municipaux et comprend des amendes pouvant aller jusqu’à 750 eurosconsidérées comme des infractions mineures.
Ce que l’ordonnance interdit et avec quels arguments Vox la défend
La rédaction municipale évite de mentionner expressément le voile intégral – la burqa et le niqab. Il établit une restriction générale sur tout vêtement empêchant de voir le visage et laisse de côté trois cas : les lieux de culte, les espaces où il est d’usage de se couvrir le visage conformément aux usages reconnus et les cas liés à l’exercice d’un droit fondamental. Ces réserves visent à surmonter les problèmes judiciaires qui ont causé l’échec de la précédente réglementation de la ville.
Cristina Moronconseiller pour la sécurité, la mobilité et le civisme, a défendu que l’ordonnance vise à protéger la dignité contre les comportements discriminatoires. Il a également soutenu que les mesures contre les femmes qui portent la burqa ou le niqab doivent inclure une réponse sociale et féministe, au-delà de la sanction.
L’argument de Voix Elle repose sur deux axes que le parti répète dans chaque institution où il opère : la dignité de la femme et la sécurité citoyenne. Le président de la formation, Santiago Abascala assuré depuis Lérida que ‘nous sommes confrontés à un choix entre la civilisation et la barbarie’, en faisant référence au débat sur l’immigration.
Voix maintient cette ligne au niveau municipal et l’a déjà transférée à différentes institutions régionales et locales, toujours avec les mêmes arguments : protéger les femmes et garantir l’identification des personnes dans l’espace public.
Le soutien obtenu à Lérida n’est pas un geste isolé : il transpose au niveau local la bataille que Vox mène au Congrès pour le voile intégral.
Le vote favorable de CFP et Junts accorde à la mesure une rare majorité transversale dans une affaire de cette ampleur. Le texte n’est cependant pas exempt de risques juridiques.
Le précédent de la Cour suprême et le chemin de la norme
Le Association Watani pour la liberté et la justice a annoncé une collecte de signatures et son intention de lutter contre l’interdiction par des moyens démocratiques, sans exclure une nouvelle contestation judiciaire. Cette entité a déjà fait appel de la modification de l’ordonnance de civilité approuvée en octobre 2010, sous le mandat du socialiste Àngel Ros, qui limitait l’accès aux espaces municipaux avec des vêtements rendant l’identification difficile.
Cet accord a reçu le soutien de 24 des 27 conseillers. Il a fini par être annulé par le Cour suprêmeaprès que le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne l’ait approuvé. La Haute Cour a estimé que l’interdiction portait atteinte à la liberté religieuse et que le conseil municipal n’était pas compétent pour établir cette limitation d’un droit fondamental. Ce précédent place une fois de plus la portée juridique de la nouvelle ordonnance au centre du débat.
Depuis MRCJordina Freixanet s’est demandé si les sanctions financières, prévues comme infractions mineures, contribueraient à soulager la pression subie par les femmes concernées. Les critiques mettent l’accent sur l’efficacité de l’amende en tant qu’instrument, et non sur l’objectif déclaré de la norme.
L’approbation est initiale et ouvre désormais le processus ordinaire d’information du public et de présentation des allégations avant l’approbation finale. Ce parcours, courant dans l’élaboration des ordonnances municipales, déterminera si le texte atteint la séance plénière finale avec des modifications et si la majorité qui l’a soutenu reste intacte.
La stratégie de Vox : de Lérida au Congrès
Le mouvement Ilerda s’inscrit dans une stratégie plus large. La fête présentée dans le Congrès des députés une proposition de loi organique – une initiative réservée aux questions qui développent les droits fondamentaux et qui nécessite une majorité absolue pour avancer – pour interdire la burqa et le niqab dans les espaces publics dans toute l’Espagne. La procédure a été rejetée par la Chambre basse en février 2026 et le soutien apporté à Lérida maintient cette ligne d’action.
La lecture que nous faisons est double. D’une part, Voix Cela montre qu’il peut constituer des majorités locales en faveur d’une mesure qui, pour l’instant, ne trouve pas de prise à la Chambre basse. En revanche, la pression exercée sur PPun interlocuteur indispensable dans de nombreuses institutions, reste en matière d’immigration et de sécurité, où le parti exige une déclaration sans équivoque des partis populaires.
Reste la période des allégations, le rapport juridique qui établit la sécurité du texte et, comme on pouvait s’y attendre, la bataille judiciaire déjà annoncée. Le précédent de 2010 marque le terrain et explique pourquoi la rédaction actuelle évite de nommer le voile intégral pour s’appuyer sur une restriction générale à la dissimulation du visage. Si cette formule résiste à l’examen des tribunaux, Vox disposera d’un modèle exportable vers d’autres municipalités et d’un argument de plus à réessayer au Congrès.






