Trump soutient la réélection de Netanyahu et prévient : sans lui, les États-Unis devraient combattre seuls l’Iran.
Il président des États-Unis a publié dimanche dans Truth Social une lettre adressée « au peuple d’Israël » dans laquelle il concède au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahouqu’il décrit comme son « soutien total et total » aux prochaines élections. Ce n’est pas une courtoisie diplomatique. C’est une politique étrangère écrite à la première personne, publiée sans filtre du Département d’État et avec prénom et nom.
Ce que dit la lettre et pourquoi elle est publiée maintenant
Trump qualifie Netanyahu de « grand Premier ministre guerrier et de partenaire encore plus grand pour la paix » contre la République islamique, à laquelle il attribue une devise vieille de 51 ans : « Mort à Israël, mort à l’Amérique ». Et il ajoute la phrase qui sous-tend tout le message : « À moins qu’ils ne changent rapidement leurs habitudes, nous aurons bientôt fini le travail ».
Le revers de cette promesse est l’avertissement. Si Israël élit un dirigeant autre que Netanyahu, « l’Amérique devra faire ce travail elle-même, et je ne suis pas enclin à le faire ». Le soutien à un candidat étranger est ainsi présenté comme un moyen d’éviter une guerre que Washington préfère ne pas mener. La lettre reconnaît également que l’opposition la plus ferme à Netanyahu vient « même d’Israël lui-même », un détail qui n’apparaît pas par hasard.
Le mouvement ne surprend personne qui suit le président des États-Unis depuis 2016. En 2018, il a transféré l’ambassade américaine à Jérusalem ; En 2020, il a ordonné l’opération qui a tué le général iranien Qasem Soleimani et, quelques mois plus tard, il a promu les accords d’Abraham, la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes. Un soutien explicite à la campagne ajoute un nouvel élément : la politique étrangère comme outil électoral national, appliqué à l’électorat d’un autre pays.
Trump n’élit pas le Premier ministre israélien par sympathie : il rejette la facture d’une guerre future sur l’électorat d’un autre pays.
Les petits caractères demeurent. Une lettre publiée sur les réseaux sociaux n’engage juridiquement rien : elle ne gèle pas l’aide militaire, ni ne compromet un déploiement, ni ne lie les mains d’un futur locataire du Maison Blanche. Sa valeur est politique et sa fonction est dissuasive. Washington fixe le cadre avant le votepas après.
Le prix que paiera l’Espagne si le pétrole brut se resserre à nouveau
L’Espagne importe pratiquement tout le pétrole brut qu’elle consomme. Toute escalade verbale qui pousse le Brent – la référence qui fixe le prix du pétrole en Europe – à la hausse arrive à Madrid sous la forme d’une facture : carburant, transport, coûts de l’électricité et, par conséquent, inflation. La menace de « finir le travail » contre Téhéran se traduit par une prime de risque géopolitique sur le baril.
Le canal physique est le détroit d’Ormuz, par lequel part environ un cinquième du pétrole brut commercialisé dans le monde. L’Iran a menacé de la fermer chaque fois qu’elle était acculée. Les raffineries de Repsol à Carthagène et à Puertollano, ils travaillent avec des marges qui se rétrécissent lorsque les matières premières deviennent plus chères et le consommateur européen n’absorbe pas cette augmentation avec la même facilité que le consommateur américain.
Il existe un deuxième canal, moins évident et plus espagnol : le tourisme. La hausse du prix du pétrole brut rend les billets d’avion plus chers et freine les dépenses des visiteurs qui arrivent en Espagne en haute saison. Et troisièmement, l’énergie : sur le marché espagnol de l’électricité, le gaz continue de fixer le prix marginal pendant les heures de plus forte demande, de sorte qu’une peur au Moyen-Orient devient une facture plus chère avant que Bruxelles ne réagisse.
Logique de Washington
Pour comprendre la lettre, il faut regarder la coalition qui soutient atoutpas seulement le texte. La base évangélique de Parti républicain Cela fait des décennies qu’il considère la sécurité d’Israël comme une question à part entière, et ce soutien ne rivalise plus avec l’isolationnisme : il est présenté comme sa version la moins chère. L’argument du président est contre-intuitif mais cohérent. Soutenir l’homme fort d’Israël évite d’avoir à envoyer des troupes américaines dans le Golfe. Le précédent remonte à 1991, lorsque le président George HW Bush a conditionné les garanties de crédit à Israël pour stopper l’expansion des colonies : la relation a toujours été transactionnelle et a presque toujours été soumise au Congrès avant la presse.
Le problème est le même que toujours dans la doctrine L’Amérique d’abord: une politique étrangère qui promet de ne pas intervenir finit par conditionner les élections des autres pour ne pas avoir à intervenir. Cette contradiction n’est pas un accident ; C’est le moteur de la doctrine. La lecture que nous faisons dans cet éditorial est que Washington répète avec acier le manuel de Reagan en 1984 : protéger l’allié pour ne pas avoir à se déployer. Seul le secteur change.
Pour l’Espagne, le mouvement a deux dérivés. La première est diplomatique et peu coûteuse : Madrid a reconnu l’État palestinien en 2024 et maintient à Bruxelles une position plus critique que celle de Berlin ou de Rome, ce qui lui laisse moins de marge si Washington demande un alignement explicite. La seconde est celle qui pèse vraiment, celle du pétrole. Il convient de rappeler que l’économie espagnole a traversé deux crises énergétiques en quelques années seulement et que sa marge budgétaire pour compenser un nouveau pic de pétrole brut est aujourd’hui plus étroite qu’en 2022.
La fenêtre clé n’est pas la lettre, mais le calendrier. Israël doit convoquer des élections dans les mois à venir – la date exacte dépend de la dissolution de la Knesset, le parlement israélien – et le pétrole brut réagira plus tôt aux gros titres sur l’Iran qu’au résultat des élections. Nous suivons de près le mouvement suivant : si la Maison Blanche accompagne son soutien par de nouvelles sanctions sur le pétrole iranien, l’impact sur le baril et sur les importations espagnoles se fera sentir dans des semaines et non dans des années.
Dossier
- Le cas : Trump publie une lettre au peuple israélien dans laquelle il soutient « complètement et totalement » Netanyahu pour sa réélection et prévient que, sans lui, les États-Unis devraient affronter seuls l’Iran.
- Données clés : Message diffusé le 18 octobre 2026 dans Truth Social. L’ambassade américaine a déménagé à Jérusalem en 2018, sortie du pacte nucléaire iranien la même année et des accords d’Abraham en 2020. Le détroit d’Ormuz canalise environ un cinquième du pétrole brut mondial.
- Pour l’Espagne : Le risque immédiat n’est pas diplomatique mais énergétique. Une hausse du Brent rend le carburant, l’électricité et le tourisme plus chers et réduit les marges de raffinage de Repsol. La position espagnole sur la Palestine limite l’alignement automatique sur Washington.






