Trump annonce des accords avec neuf sociétés pharmaceutiques pour égaliser les prix des médicaments au minimum dans les pays développés

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Donald Trump a annoncé ce lundi des accords avec neuf autres sociétés pharmaceutiques pour vendre des médicaments au prix le plus bas dans les pays développés.
  • Qui est derrière ? Le Maison Blancheavec des accords déjà signés avec 26 fabricants couvrant 89 % du marché des médicaments de marque.
  • Quel impact cela a-t-il ? Des économies estimées à 600 milliards de dollars en une décennie et une pression directe sur l’industrie pharmaceutique européenne.

Donald Trump Ce lundi, il a ajouté neuf sociétés pharmaceutiques supplémentaires à son accord sur le prix des médicaments. Le Maison Blanche a confirmé qu’il existe déjà 26 fabricants qui acceptent de vendre aux États-Unis au prix le plus bas pratiqué dans d’autres pays développés, un chiffre qui couvre 89% du marché des médicaments de marque. La fiche officielle précise que l’accord comprend des investissements de 19,6 milliards de dollars dans le secteur manufacturier américain.

Neuf accords et 89% du marché des marques

Les neuf nouveaux fabricants sont Alcon, Astellas Pharma, BeOne Medicines, BridgeBio, CSL, Kyowa Kirin, Sun Pharma, Produits pharmaceutiques Teva et UCB. Ce ne sont pas des noms mineurs : ensemble, ils couvrent les traitements de l’hémophilie, de la maladie de Parkinson, de la dégénérescence maculaire, du glaucome, des maladies du foie et de plusieurs types de cancer. Le prix le plus bas dans les pays développés n’est plus l’exception mais la règle.

Le mécanisme est connu sous le nom tarification de la nation la plus favorisée (prix de la nation la plus favorisée, ou NPF). Elle consiste à imposer que le prix payé par les patients américains soit égal au minimum que le fabricant accepte dans tout autre pays développé. Avec les neuf accords annoncés, tous les programmes Medicaid de l’État auront accès aux prix NPF sur les médicaments de ces sociétés.

En outre, chaque fabricant s’engage à étendre les prix NPF aux nouveaux médicaments innovants qu’il commercialise. Il s’agit d’une clause pertinente : elle empêche les sociétés pharmaceutiques de compenser la réduction des anciens médicaments par des prix plus élevés pour les thérapies qui arriveront dans le futur. La Maison Blanche estime que les accords NPF combinés généreront des économies de 600 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Les petits caractères : fabrication, réserves et TrumpRx

Le programme TrumpRxlancé le 5 février, a déjà permis d’économiser plus de 700 millions de dollars pour les patients, selon la Maison Blanche. En juillet 2026, les patients de plus de 65 ans sans couverture pour les médicaments anti-obésité pourraient accéder aux traitements GLP-1 pour seulement 50 $ par mois. Depuis, plus de 500 000 personnes âgées ont économisé 216 millions de dollars en deux mois. Les économies ne sont pas une promesse : elles sont déjà en pharmacie.

Les petits caractères de l’accord renforcent la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique. Les neuf entreprises alloueront à court terme au moins 19,6 milliards de dollars aux usines de production sur le territoire américain. Plusieurs d’entre eux feront don de principes actifs à la Réserve Stratégique d’Ingrédients Pharmaceutiques Actifs (SAPIR) : UCB fournira 163 tonnes de lévétiracétam, Sun Pharma 71,4 tonnes de clindamycine et 6,75 tonnes de doxycycline, Teva 45 tonnes de métronidazole et 4,8 tonnes d’amlodipine, et Astellas 25 kilos de tacrolimus.

L’objectif de Washington n’est pas seulement de rendre les médicaments moins chers : il est de reprendre le contrôle industriel et stratégique de la chaîne pharmaceutique.

Logique de Washington

Depuis Washingtonla logique est simple : les consommateurs américains paient les prix les plus élevés de la planète pour les mêmes médicaments depuis des décennies. D’autres pays développés négocient avec des contrôles de prix ; Aux États-Unis, non. Le résultat est que les budgets publics européens bénéficient de l’innovation américaine tandis que les patients américains en supportent le coût. La tarification de la nation la plus favorisée vise exactement à inverser cette situation.

Le précédent n’est pas nouveau. En 2020, lors de son premier mandat, Donald Trump tenté d’appliquer une règle de tarification NPF aux médicaments Medicare ; l’industrie pharmaceutique l’a bloqué devant les tribunaux. Désormais, l’approche est différente : au lieu d’une obligation générale, la Maison Blanche signe des accords volontaires avec les fabricants en échange d’achats préférentiels et d’un accès au marché public. Le résultat est un réseau de 26 entreprises qui couvre 89 % du marché de la marque, ce qui était impensable il y a un an.

Pour l’Espagne et l’UE, l’impact se fait de deux manières. Le premier est le précédent : si les États-Unis consolident le système NPF, Bruxelles perdra l’avantage de payer des prix inférieurs à ceux de Washington. Le deuxième est industriel : les 19,6 milliards de dollars engagés dans l’industrie manufacturière en une seule annonce sont le signe que la Maison Blanche donne la priorité à la délocalisation de la production pharmaceutique. Les sociétés pharmaceutiques européennes devront choisir entre accepter des prix plus bas sur leur marché intérieur ou transférer leurs capacités vers les États-Unis.

La prochaine bataille aura lieu dans le Congrès. La Maison Blanche demande d’approuver le Excellent plan de santéce qui ferait des prix NPF une norme légale et plafonnerait les primes d’assurance privée. Le vote n’est pas encore clos, mais l’annonce des neuf accords est une forme de pression : si les constructeurs acceptent déjà ces prix, le Congrès a moins d’arguments pour ne pas les légiférer. Nous observons attentivement le mouvement.

Dossier

  • Le cas : Neuf fabricants de produits pharmaceutiques rejoignent le programme de tarification MFN de la Maison Blanche, avec des investissements et des dons stratégiques pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement américaine.
  • Données clés : 26 sociétés pharmaceutiques avec un accord, 89 % du marché des marques, 19,6 milliards de dollars en fabrication, 600 000 millions d’économies estimées en une décennie et 500 000 seniors avec des économies de 216 millions de dollars grâce à TrumpRx.
  • Pour l’Espagne : La pression sur les prix européens et la délocalisation industrielle peuvent modifier l’accès et la production de médicaments pour les sociétés pharmaceutiques opérant en Espagne.