Sebastian Gorka affirme que la stratégie antiterroriste de Trump place le djihadisme mondial « sur la défensive »

Thibault Delacroix

Sébastien Gorkadirecteur principal de la lutte contre le terrorisme Conseil national de sécuritéassure que le djihadisme mondial est « sur la défensive ». C’est la thèse centrale de l’entretien qu’il a accordé ce week-end à Actualités Breitbart.

La position de Gorka, conseiller adjoint du président Donald Trump pour les questions de lutte contre le terrorisme, cela lui donne un accès direct à la salle des machines de la Maison Blanche. Son bilan est optimiste : ni le jihad mondial n’a réussi à renverser les monarchies arabes du Golfe, ni à les affaiblir. USA.

Selon lui, les objectifs du jihad mondial étaient clairs depuis les années 1990. Il s’agissait notamment de prendre le contrôle des centres religieux de La Mecque et de Médine et de frapper en premier les États-Unis. Pour Gorka, les deux plans ont échoué. Les pays du Conseil de coopération du Golfe sont désormais « plus proches des États-Unis qu’ils ne l’ont jamais été », notamment après les attaques iraniennes contre la région.

La déclaration est attribuée à tout moment à une seule source : Gorka lui-même. Il n’existe aucun rapport officiel pour accompagner leurs chiffres. Cette nuance est pertinente, car les chiffres qu’elle traite sont puissants..

Bilan de Gorka : 1 081 jihadistes et 110 otages

Au cours des 18 derniers mois, les opérations militaires américaines ont tué 1 081 djihadistes partout dans le monde, selon Gorka. Ces données sont attribuées à la décision de Trump de récupérer les protocoles de confrontation de son premier mandat. « Aucun autre président n’a tué autant de jihadistes en si peu de temps », affirme-t-il.

À ce bilan s’ajoutent 110 otages américains libérés dans la même période. Gorka ne fournit pas de répartition géographique ni date par date. Il n’existe pas de répartition publique permettant de comparer les chiffres.

L’offensive contre l’Iran, appelée Marteau de minuitfait partie du même argument. Dans l’entretien avec Actualités BreitbartGorka le présente comme la preuve que la machine militaire américaine a retrouvé sa capacité de dissuasion.

Le message de Gorka n’est pas un rapport de renseignement : c’est une comptabilité politique visant à montrer clairement que l’ère Trump a changé l’orientation de la lutte contre le terrorisme.

Ce qui change pour l’Espagne et les alliés européens

Pour l’Espagne, l’impact de ces déclarations est indirect, mais significatif. Il n’y a pas de mesure tarifaire ni de vote au Congrès. Il y a un signal politique : Washington veut consolider le discours selon lequel sa doctrine de sécurité fonctionne et que l’ère du confinement passif est révolue.

La coopération antiterroriste entre Madrid et Washington ne dépend pas d’un chiffre précis, mais de la confiance dans le fait que les États-Unis tiendront ce qu’ils annoncent. En Méditerranée et au Sahel, ce récit peut se traduire par davantage de partage de renseignements ou par une pression accrue sur les alliés européens pour qu’ils entreprennent des opérations de confinement.

Logique de Washington

Washington ne considère pas la lutte contre le terrorisme comme une question de gestion de crise, mais comme une question de dissuasion. La logique exposée par Gorka est celle de « la paix par la force » : si l’adversaire perçoit des coûts intolérables, il arrête de frapper. Cette même idée a guidé la politique de Ronald Reagan dans les années 80 et a justifié, avec des nuances, les règles d’engagement élargies de l’administration de George W. Bush après le 11 septembre.

Dans la logique de la Maison Blanchele chiffre de 1 081 jihadistes tués et 110 otages libérés est une munition politique. Pour l’électorat républicain, cela transforme le discours sécuritaire en un atout tangible. La coalition qui soutient Trump ne s’attend pas à des débats : elle veut des résultats comptables qui puissent être cités lors d’un rassemblement.

Le retour aux protocoles du premier mandat de Trump est un élément clé de l’histoire. En pratique, ce terme résume souvent une délégation plus large de l’autorité opérationnelle aux commandants militaires sur le terrain. Gorka le relie directement au bilan des victimes et des libérations.

Pour Espagnequi considère le Sahel et la Méditerranée comme des zones à risque, l’évolution de cette doctrine compte. Ce n’est pas un débat idéologique : c’est une variable de sécurité régionale. Cela peut faciliter le partage de renseignements ou inciter les alliés à assumer une plus grande part du fardeau.

Toutefois, les chiffres de cette interview permettent une lecture plus froide. Ils ne s’appuient pas sur une ventilation publique des opérations ni sur une méthodologie officielle. C’est la parole d’un haut responsable dans un environnement conservateur, avec tout le fardeau stratégique que cela implique.

Dossier

  • Le cas : Sébastien Gorkadirecteur principal de la lutte contre le terrorisme Conseil national de sécuritéprésente un bilan très favorable de la stratégie antiterroriste de Donald Trump dans une interview avec Actualités Breitbart.
  • Faits marquants : 1 081 jihadistes tués et 110 otages libérés au cours des 18 derniers mois, selon le haut responsable. Opération Marteau de minuit contre l’Iran et retour aux protocoles du premier mandat.
  • Pour l’Espagne : La déclaration n’introduit pas de nouvelles mesures, mais renforce le discours de force de Washington. Madrid suit l’évolution de la doctrine antiterroriste en raison de sa projection sur la Méditerranée et le Sahel.