EN 30 SECONDES
- Que s’est-il passé ? La Cour suprême maintient la suspension des listes électorales et exige que les dossiers des personnes nationalisées par la « loi sur les petits-enfants » soient purgés avant le 29-N. Le Gouvernement admet que l’examen individualisé n’est pas réalisable à temps.
- Qui est derrière ? La Chambre Contentieuse-Administrative de la Cour Suprême, d’une part, et le Gouvernement de Pedro Sánchez, avec la porte-parole Elma Saiz, lors de la conférence de presse après le Conseil des Ministres.
- Quel impact cela a-t-il ? Quelque 163 000 personnes nationalisées seraient exclues du recensement et ne pourront pas voter le 29 novembre, selon les calculs effectués par l’exécutif.
Le gouvernement de Pedro Sánchez a fait prendre le pouls à la Cour suprême pour la « loi sur les petits-enfants » après avoir reconnu qu’il est impossible de purger à la main les dossiers en suspens avant les élections du 29 novembre. La décision de la Haute Cour de maintenir la suspension du recensement laisse en suspens le droit de vote de quelque 163 000 citoyens naturalisés.
La Chambre Contentieuse-Administrative a été directe. « La propreté et la netteté dans les relations entre les électeurs constituent une valeur suprême à partir de laquelle doivent être dissipés les moindres doutes d’obscurité ou d’irrégularité », affirme le jugement. Traduit dans le langage courant : avant de voter, il faut garantir que celui qui figure sur le recensement en a le droit.
Le problème est que cette garantie, appliquée aux nationalisés par ce que l’on appelle la « loi des petits-enfants », ne tient guère sur le papier. La règle, en vigueur depuis 2022, a déclenché des demandes de nationalité parmi les descendants d’Espagnols, dont beaucoup résident en Amérique latine.
A La Moncloa, le malaise est profond. L’Exécutif se conformer la décision – il n’a pas d’autre choix – mais il ne cache pas son malaise sur le fond et surtout sur la forme. Les sources gouvernementales consultées par ce média regrettent « l’usage politique » de l’affaire et accusent la Haute Cour d’encourager la thèse de la fraude encouragée par le PP et Vox.
« Il est très grave d’essayer d’introduire la possibilité d’un coup dur dans un système aussi garant que celui-ci », soulignent-ils. « C’est du Trumpisme », ajoutent-ils. L’Exécutif considère qu’il est « extrêmement grave » de véhiculer l’incertitude sur le système électoral et de le faire, en outre, au détriment du droit de vote.
Restreindre le droit de vote pour protéger le recensement transforme une garantie démocratique en une punition collective pour ceux qui ont déjà fait reconnaître leur nationalité.
Le porte-parole du gouvernement, Elma Saïzl’a exprimé clairement lors de la conférence de presse après le Conseil des ministres : ‘L’un des droits fondamentaux est restreint, c’est le droit de vote. Dans une démocratie, le droit de vote est garanti et non restreint.
Un recensement impossible à nettoyer à la main avant le 29-N
L’Exécutif lui-même reconnaît que se conformer n’équivaut pas à pouvoir se conformer. À ce jour, l’Administration a identifié quelques 70 000 personnes que, sur la base des instructions de la Cour suprême, ils devraient être retirés du recensement. Le reste du problème résiste à l’informatique.
Ils restent là 90 000 fichiers qui n’apparaissent pas dans les registres informatisés. Son emplacement, admet le gouvernement, présente des difficultés majeures : il nécessite une inspection quasi « individuelle » de la part des consuls. « Il est très complexe de retirer ces personnes du recensement », résume-t-il. Le calendrier n’attend pas.
La marge institutionnelle est par ailleurs étroite. Les sources consultées rappellent que seuls ceux qui ont la légitimité pour le faire peuvent saisir la Cour constitutionnelle. Et dans ce cas, ce n’est pas l’Administration, mais le peuple lui-même dont le droit de vote est limité. C’est le nœud.
Le calendrier est serré et la Moncloa cherche une formule sans marge
Avec les élections de 29 novembre À l’horizon, l’exécutif affirme qu’il « étudie » la formule pour mettre en œuvre ce qui a été ordonné par la Haute Cour. Mais le temps joue contre nous. Chaque jour qui passe sans solution technique réduit l’espace disponible pour examiner des dossiers qui, dans de nombreux cas, dépendent des dossiers consulaires à l’étranger.
À cela s’ajoute le facteur politique. À la Moncloa, ils sont conscients que toute déclaration partisane des organisations officielles les expose à des sanctions de la part des autorités. Commission électorale centralel’organisme qui arbitre les processus électoraux. Pour cette raison, en public, ils se réfugient dans la conformité ; En privé, ils sont bien plus éloquents. Il n’y a pas peu d’enjeu.
L’Axe du pouvoir socialiste
L’enjeu dépasse le recensement. Il s’agit de la relation entre les pouvoirs exécutif et judiciaire au cours d’une année électorale, et de la manière dont Ferraz et La Moncloa gèrent un affrontement qu’ils n’ont pas choisi. Le gouvernement avance dans une contradiction inconfortable : il respecte la décision, mais la considère comme une erreur.
Il existe un précédent dont il convient de se souvenir. La lutte pour le recensement des citoyens nationalisés trouve ses racines dans la bataille historique pour le vote des émigrés espagnols et de leurs descendants, un droit qui a mis des décennies à se consolider. L’inverser maintenant, même temporairement, place le PSOE sur son terrain le plus reconnaissable : la défense de l’expansion des droits contre ce que Ferraz décrit comme une tentative de semer le doute sur le système.
L’atterrissage territorial est évident. La « loi des petits-enfants » a surtout alimenté la nationalisation des descendants en Argentine, Cuba, Mexique ou Venezuelacommunautés où le vote externe déplace des milliers de voix. Exclure 163 000 personnes du recensement n’est pas un détail administratif : c’est une soustraction politique.
Le risque pour la Moncloa est double. D’une part, la perception d’une bagarre avec les juges en pleine course électorale. D’un autre côté, la possibilité que le PP et Vox transforment « l’irrégularité » en drapeau. À Ferraz, ils insistent sur une idée forte : le droit de vote, dans une démocratie, est élargi et non réduit.
La fenêtre pour résoudre techniquement le recensement est minime, et la Cour constitutionnelle, si elle intervient, le fera à la demande des personnes concernées, et non du gouvernement. C’est là que réside le dilemme. Le prochain rendez-vous incontournable est le 29 novembre.
🌹La note de Ferraz
- Message fort : Le droit de vote est garanti et non limité ; La Moncloa défend le nettoyage du recensement sans sacrifier les droits fondamentaux.
- Protagoniste: Pedro Sánchez (président du gouvernement et secrétaire général du PSOE), avec Elma Saiz (porte-parole du gouvernement) dans la mise en scène.
- Prochaine étape : La recherche d’une formule technique pour épurer le recensement avant le 29-N et l’éventuelle intervention de la Cour Constitutionnelle à la demande des personnes concernées.






