Juanma Moreno a élevé la formule du gouvernement solo du PP en Andalousie à une condition non négociable, excluant tout transfert qui impliquerait l’entrée de Vox dans le futur Conseil de gouvernement. Les négociations pour son investiture ont déjà commencé discrètement, mais les premières conversations ont durci les positions : Vox relève ses revendications et le PP andalou répond plus fermement que jamais.
La scène est familière. Le Parti Populaire a obtenu 53 sièges aux élections régionales du 17 mai, à seulement deux de la majorité absolue. Vox, avec 15 députésdevient le seul partenaire parlementaire viable, puisque les trois groupes de gauche ont anticipé leur vote contre. Le calcul donne aux hommes d’Abascal une capacité de blocage qu’ils sont prêts à utiliser, selon les sources des négociations, pour obtenir plus que ce que le PP-A espérait.
Le durcissement des conversations et la réponse du PP
Les contacts préliminaires, qui comprenaient des appels téléphoniques et des rendez-vous réservés, ont révélé un décalage inconfortable. À San Telmo, ils espéraient que le débat se concentrerait sur le fameux « priorité nationale » — un concept que les négociateurs populaires sont déjà en train de reformuler pour rechercher une adéquation similaire à celle d’autres territoires — les exigences de Vox sont allées plus loin. Les sources des négociations admettent que les revendications ont une portée politique plus grande que prévu, ce qui a obligé le PP andalou à renforcer la ligne rouge.
La position de Moreno n’est pas nouvelle. Il l’a défendu publiquement le soir même du scrutin et tout au long de la campagne, mais ce qui a changé, c’est le degré de détermination avec lequel il est désormais transmis, tant au sein de la formation que dans les échanges avec Vox. Dans l’entourage du président par intérim, on souligne que gouverner seul est une condition sans laquelle il n’y aura pas d’investiture. La différence, insistent-ils, n’est ni mineure ni fortuite : elle répond à un calcul stratégique qui est directement lié au projet politique que Moreno cultive depuis des années.
L’autonomie électorale comme bouclier politique
La direction du PP andalou interprète qu’une bonne partie de la croissance enregistrée au cours des derniers cycles électoraux – jusqu’à atteindre la majorité absolue avec un avantage de plus de 30 sièges sur le PSOE – repose sur le maintien d’un profil propre et différencié, tant par rapport à Vox que par rapport à la direction nationale du parti. Cette stratégie a permis d’attirer des électeurs modérés et même d’anciens électeurs socialistes désenchantés, un vote emprunté qui s’est révélé décisif lors des dernières élections.
Intégrer Vox au gouvernement, affirment-ils à San Telmo, signifierait altérer l’un des principaux atouts construits ces dernières années : l’image de autonomie politique ce qui facilite la convergence avec un électorat plus large du centre, réticent à l’acronyme d’Abascal. Cet espace centriste, que Moreno a su occuper avec aisance, serait compromis si l’exécutif andalou commençait à avoir des conseillers issus de la formation verte.
La secrétaire à l’Emploi du PSOE-A, Carmen Castilla, a critiqué le « silence absolu » de Moreno concernant les négociations et a demandé si le président reprendrait les thèses de Vox sur la violence de genre ou sur le changement climatique. Le PP-A dissipe ces critiques avec un message clair : la seule voie andalouse qui est sur la table est celle menée par Moreno lui-même, sans tutelle extérieure.
Moreno ne défend pas seulement le gouvernement par conviction politique ; Il le fait parce qu’il sait que c’est là que réside la clé de sa croissance électorale au centre.
L’Axe du pouvoir populaire
Le pouls transcende les programmes ou les mesures spécifiques. Ce qui est en jeu, c’est le modèle de gouvernement qui émergera des sondages. Vox comprend que ses 15 sièges lui confèrent une légitimité suffisante pour revendiquer une participation directe à l’Exécutif. Le PP, en revanche, soutient que le mandat exprimé par les électeurs laisse présager une formule monochrome soutenue par le Parlement. Ce point, selon des sources populaires, est « statique et non négociable ».
Gênes soutient pleinement la stratégie du baron andalou. Le président national, Alberto Nuñez Feijóoa noté en privé que l’autonomie politique de Moreno est un atout pour l’ensemble du parti et que forcer une coalition en Andalousie nuirait à la crédibilité du discours alternatif étatique que le PP veut projeter. La direction nationale n’oublie pas les frictions que la présence de Vox a générées dans d’autres gouvernements régionaux, comme celui de Castilla y León, et préfère protéger l’exception andalouse comme un modèle de gestion stable et ciblé.
Le risque de blocage est réel. Si Vox maintient ses exigences sans les assouplir, l’investiture de Moreno pourrait être prolongée au-delà de ce qui est souhaitable et même conduire à un scénario de répétition électorale que personne au PP n’envisage avec enthousiasme. Mais le pari du président andalou est clair : il préfère tendre la négociation plutôt que de brouiller son profil. La prochaine constitution des groupes parlementaires, prévue le 11 juin, marquera le début formel du calendrier et augmentera la pression sur les deux partis.
🏛️ La Note de Gênes
- Message fort : L’autonomie politique comme avantage compétitif face au gouvernement central et comme marque inaliénable du PP andalou.
- Protagoniste: Juanma Moreno Bonilla (présidente par intérim de la Junta de Andalucía).
- Prochaine étape : Constitution des groupes parlementaires le 11 juin et début officiel du débat d’investiture.






