Indemnisation à Sacyr : la Cour suprême donne raison à l’entreprise de construction et oblige l’État à payer

Thibault Delacroix

Il Cour suprême vient de infliger un nouveau revers à l’État. A estimé la ressource de Sacyr et oblige le gouvernement à recalculer maintenant – sans plus tarder – les indemnisations qu’il doit payer pour le sauvetage des autoroutes radiales R-3 et R-5 à Madrid. Un litige qui dure plus de dix ans et qui a déjà coûté 1,684 millions d’euros aux caisses publiquesselon Eurostat.

Que dit exactement l’arrêt de la Cour suprême ?

L’arrêt, daté du 2 juin, annule la résolution complémentaire que le Conseil des ministres a approuvée le 27 décembre 2023. Cette résolution a établi une Responsabilité Patrimoniale de l’Administration (RPA) de 570 millions d’euros pour le concessionnaire des radiaux R-3 et R-5, et une section du M-50. La Cour suprême estime que le calcul n’est toujours pas conforme à la loi et reproche à l’Exécutif un retard « plus que prudent », l’invitant à dicter sans plus tarder le règlement final.

La Haute Cour s’appuie sur la même jurisprudence qu’elle avait déjà appliquée dans des décisions précédentes sur le sauvetage de neuf autoroutes en faillite. En fait, le chiffre de 570 millions était déjà supérieur de 451 millions à la première estimation du gouvernement, qui a également été annulée par la Cour suprême elle-même. Maintenant, L’État devra se rasseoir avec du papier et un crayon pour calculer correctement la valeur d’une infrastructure déjà publique et géré par la société d’État SEITT.

Pourquoi cette décision est importante pour la sécurité juridique de l’Espagne

Allons-y par parties. Sacyr n’exploite plus ces autoroutes ; La dette financière de la faillite a été rachetée par des fonds de titrisation tels que TDA, Bothar et Kommunalkredit. Mais la Cour suprême indique clairement que L’entreprise de construction maintient un intérêt légitime suffisant pour contester le calcul. Il n’exige pas le remboursement de la dette initiale, mais plutôt que le RPA soit quantifié légalement. Et c’est exactement ce que le tribunal a reconnu.

Le détail que presque personne ne raconte : R-3 et R-5 faisaient partie d’une seule concession attribuée en 1999 à un consortium composé d’ACS, OHLA, Sacyr et FCC, pour une durée de 50 ans. Ils sont entrés en service complet boom économiques (2004), ils ont fait faillite avec la crise financière et en 2012 ils ont fait faillite. Depuis lors, l’État verse des indemnisations provisoires pour toutes les autoroutes sauvées : 134 millions pour la R-4, 319 pour l’A-36, 41 pour l’A-41, 278 pour l’AP-7 Cartagena-Vera, 307 pour l’AP-7 Alicante, 46 pour la M-12 et zéro euro pour la R-2.

Pour tout investisseur international, Le fait qu’une juridiction supérieure oblige l’État à payer correctement et sans plus tarder est un message indiquant que l’Espagne respecte la sécurité juridique.. L’image du pays est en jeu : si les contrats de concession sont réglés selon des formules que les tribunaux finissent par renverser, la confiance en souffre.

La Cour suprême demande de clôturer dès maintenant une liquidation qui accumule plus de dix ans de contentieux et reproche au gouvernement un retard « plus que prudent ».

Un précédent qui entraîne plus de 1,6 milliard de personnes et qui n’a pas pris fin

Il convient de rappeler que le sauvetage des neuf autoroutes radiales a été le plus gros casse-tête financier découlant des concessions de l’État. boom constructeur du début du siècle. Ces infrastructures ont été conçues avec des prévisions de trafic qui n’ont jamais été réalisées et, lorsque la crise a éclaté, le trou était colossal. L’État a dû créer le SEITT pour absorber les actifs et éviter les coupures de serviceset depuis, il n’a cessé de payer. Les 1,684 millions déboursés ne sont qu’un début, car la plupart des autoroutes sont encore dans la deuxième phase de résolution.

La décision de la Cour suprême n’est pas une surprise : la Cour avait déjà établi une doctrine dans des cas similaires, annulant les calculs initiaux de l’Exécutif concernant le non-respect de la loi. Ce qui est nouveau, c’est le ton d’urgence avec lequel il s’adresse au gouvernement, presque un mandat : « sans plus attendre ». Pour le lecteur espagnol, cela signifie que dans les mois à venir, nous verrons de nouveaux règlements et, très probablement, une facture finale bien supérieure à ce qui a été payé jusqu’à présent.

📌 Dossier

  • Dossier : La Cour suprême a accueilli le recours de Sacyr contre la liquidation de la RPA des autoroutes radiales R-3 et R-5, annulant la résolution du gouvernement de décembre 2023.
  • Informations importantes : À ce jour, le sauvetage des neuf autoroutes a coûté 1,684 millions d’euros. La compensation pour cette concession s’élevait à 570 millions dans le calcul annulé.
  • Résumé: La décision renforce la sécurité juridique en Espagne en obligeant l’État à payer ce qui est réellement dû, mais elle fera monter en flèche la facture finale du trésor public.