Illa et Junqueras clôturent le pacte budgétaire catalan pour 2026

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le président Salvador Illa (PSC) et le leader de l’ERC, Oriol Junqueras, ont signé mardi au Palau de la Generalitat le pacte budgétaire catalan pour 2026.
  • Qui est derrière ? Illa et son gouvernement, qui ont besoin des voix de l’ERC et des Comuns pour faire les comptes.
  • Quel impact cela a-t-il ? L’accord débloque la gouvernabilité d’Illa, met la pression sur le gouvernement central avant la Commission bilatérale de mercredi et laisse les Comuns comme le dernier obstacle pour la majorité parlementaire.

Salvador Illa et Oriol Junqueras ont signé ce mardi au Palau de la Generalitat l’accord budgétaire de la Catalogne pour 2026, un pacte qui débloque la gouvernabilité de l’Exécutif catalan après des mois de négociation et qui comprend un investissement de 527 millions d’euros pour l’Agence catalane des impôts et la promotion de la ligne ferroviaire périphérique.

L’accord : les clés du pacte budgétaire

Le document, signé dans la Galerie Gothique devant les équipes de négociation du PSC et de l’ERC, comprend plusieurs mesures importantes. Le plus visible est la ligne de train orbital qui reliera les villes du deuxième anneau métropolitain de Barcelone, une vieille revendication pour décongestionner la capitale. On crée également le nouveau Consortium de la Zone Libre de Barcelone – à majorité catalane – et une société mixte pour réaliser des investissements de l’État en Catalogne, un chiffre analogue au consortium auquel Junts a opposé son veto au Congrès l’année dernière.

Le point phare est le renforcement de l’Agence Fiscale de Catalogne, à laquelle le 527 millions d’euros entre 2026 et 2029. Ce chiffre, avancé par les équipes de négociation, représente un bond quantitatif dans la capacité de recouvrement de la Generalitat et est lié au portefeuille de financement singulier dont ERC et PSC discutent depuis l’investiture d’Illa. En outre, le pacte envisage d’autres actions dans les infrastructures et les services publics que le gouvernement détaillera dans les prochains jours.

Gouvernance, pression sur la Moncloa et le facteur Comuns

La signature du pacte ne donne pas seulement de l’air au législateur catalan. Demain, à 16h30, la Commission bilatérale Generalitat-État se réunit à Madrid pour valider les questions qui lient le gouvernement central. Le calendrier est délibéré : Illa et Junqueras veulent que le contenu de l’accord serve de levier auprès de l’exécutif de Sánchez, qui a déjà sur la table le transfert de l’impôt sur le revenu et d’autres demandes de financement régional.

Pendant ce temps, les Communes – dont les votes sont essentiels pour approuver les comptes au Parlement – continuent de négocier avec le gouvernement. La formation de Jéssica Albiach pose trois conditions : maintenir l’investissement de 400 millions annuels dans le plan de quartier, reformuler la ligne R-Aéroport pour qu’elle atteigne le Vallès et promouvoir la taxe Zucman, un impôt de 2% sur les patrimoines dépassant cent millions d’euros. Des sources gouvernementales espèrent fermer ce flanc dans les prochains jours, ce qui permettrait que le projet budgétaire soit approuvé ce vendredi et envoyé au Parlement pour traitement, en vue d’une approbation finale début juillet.

L’Axe du pouvoir socialiste

Le pacte entre le PSC et l’ERC est avant tout une victoire tactique pour Salvador Illa. Le président parvient à réaliser les budgets de sa première année complète de mandat sans céder à une avance électorale qui aurait été un échec pour le projet socialiste en Catalogne. L’image de la poignée de main avec Junqueras dans la Galerie Gothique renforce son profil de dirigeant dialoguant et soustrait les arguments de ceux, à l’intérieur et à l’extérieur du parti, qui doutaient de sa capacité à tisser des majorités stables.

Sur le plan territorial, l’accord envoie un message clair : la Catalogne n’est pas bloquée. Face au récit d’instabilité que l’opposition – en particulier Junts et le PP – tente d’installer, l’accord démontre que les forces de gauche et souverainistes sont capables de parvenir à un consensus lorsqu’il s’agit de protéger les services publics et les investissements. Le CPS souligne également que le renforcement du fisc catalan se fait dans le cadre de la solidarité interterritoriale, un équilibre que la direction fédérale de Ferraz observe attentivement.

Le risque le plus immédiat est que les Communes durcissent leurs exigences dans les dernières heures. Si les négociations échouent, le gouvernement serait contraint de prolonger les comptes de 2023 et le législateur catalan entrerait dans une dangereuse phase intérimaire. Toutefois, des sources gouvernementales consultées par Moncloa.com voient des possibilités d’accord : « Les trois dossiers sont très avancés et la volonté politique existe des deux côtés », soulignent-elles. La fenêtre critique s’ouvre maintenant et se fermera au plus tard vendredi.

Le pacte budgétaire en Catalogne n’éclaircit pas seulement l’horizon immédiat d’Illa ; C’est la preuve que le PSC et l’ERC savent conclure des accords lorsque l’alternative est l’instabilité.

🌹La note de Ferraz

  • Message fort : Les budgets 2026 démontrent que le gouvernement Illa garantit la stabilité institutionnelle et l’investissement social en Catalogne, conformément au projet national défendu par le PSOE.
  • Protagoniste: Salvador Illa (président de la Generalitat de Catalogne et premier secrétaire du CPS).
  • Prochaine étape : Réunion de la Commission bilatérale Generalitat-État ce mercredi à 16h30. à Madrid et éventuelle approbation du projet budgétaire vendredi si l’accord avec les Communes est conclu.