Feijóo accuse Sánchez de préférer ses voyages en Chine à sa visite à Adamuz

Thibault Delacroix

Dans une séance marquée par des tensions accumulées, le président du Parti Populaire, Alberto Nuñez Feijóoa lancé l’une des offensives les plus grossières du Parlement contre Pedro Sánchezconcentrant son discours non seulement sur les soupçons d’irrégularités qui entourent le gouvernement, mais sur ce qu’il définit comme une déconnexion émotionnelle irréversible avec les citoyens. La dureté des propos du leader galicien reflète un changement de stratégie qui cherche à frapper directement l’empathie du gouvernement.

L’intervention a commencé par une attaque frontale contre la gestion des crises récentes. Feijóo a accusé le président d’être impitoyable lorsqu’il s’agissait de percevoir des impôts mais manquent de la sensibilité nécessaire pour comprendre la vie quotidienne des Espagnols. Selon le leader du PP, le locataire de la Moncloa vit dans une bulle de pouvoir qui l’empêche de mettre les pieds sur le terrain réel. « Il est à des années lumières d’eux. C’est pour cela qu’il est allé plus souvent en Chine qu’à Adamuz ou Paiporta »a-t-il déclaré depuis la tribune, soulignant une prétendue préférence pour l’agenda international plutôt que pour les tragédies ou les besoins locaux des municipalités qui ont récemment souffert.

L’éthique de la dépense publique à la loupe

Le discours de Feijóo s’est concentré particulièrement sur le manque d’humanité ce que, selon lui, l’Exécutif démontre en ne demandant pas pardon aux victimes de diverses négligences ou de crises territoriales. Le reproche était direct et personnel, accusant Sánchez de maintenir une attitude arrogante face à la souffrance des autres. « Pensez-vous vraiment que vous ne devez d’excuses à personne ? »a-t-il lancé d’un ton sévère, puis il a lié cette attitude à l’utilisation du trésor public à des fins qu’il considère immorales dans le contexte économique actuel.

L’ombre de la corruption planait sur la chambre lorsque le président du PP s’est interrogé sur la destination des fonds alloués à la sécurité et sur le comportement de certains membres du cabinet. « Pensez-vous vraiment que nous, Espagnols, méritons de payer les amis du précédent ministre des Transports avec notre argent de sécurité ? Ou payons-nous le salaire de l’actuel ministre qui se consacre à insulter tout le monde sur les réseaux sociaux parce que vous le lui dites ? »a-t-il ajouté, liant directement la gestion des ressources publiques à des comportements qu’il qualifie de dégradants pour l’institution qu’il représente.

Incompétence et gestion des infrastructures

La deuxième partie de son intervention s’est appuyée sur des données macroéconomiques pour tenter de démanteler l’histoire de la reprise économique. Feijóo a mis un accent particulier sur la croissance excessive du dette publiquequi a augmenté de 42% sous le mandat actuel.

Le leader populaire a posé une question rhétorique visant à démontrer une mauvaise gestion des ressources : « Où sont les 500 milliards d’euros qui ont augmenté la dette publique si les infrastructures, les autoroutes, l’AVE, ne fonctionnent pas ? ». Cette critique du manque d’investissements concrets s’est traduite par une préoccupation pour la sécurité routière, affirmant qu’il y avait « des millions d’Espagnols qui montent en voiture craignent d’avoir un accident à cause de l’état des routes ».

Pour conclure son discours, Feijóo a lié l’éthique personnelle à la capacité de gestion, dressant un sombre panorama où l’inefficacité administrative est le seul contrepoids aux scandales politiques. « Monsieur Sánchez, la seule chose plus honteuse que votre corruption est votre manque d’humanité »a-t-il réitéré avant de terminer par une dernière phrase sur l’état des investissements en Espagne : « Vous avez un historique d’augmentation des impôts et de la dette publique, mais l’Espagne est au bas de l’Union européenne en termes d’investissement dans les infrastructures en termes de produit intérieur brut ». Avec cet équilibre, le leader de l’opposition a précisé que, pour sa formation, le Gouvernement non seulement gère mal, mais gouverne activement contre les intérêts et la dignité des citoyens.