Elma Saiz défend la présomption d’innocence de Zapatero et exige le sauvetage de Plus Ultra

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? La porte-parole de la ministre, Elma Saiz, a défendu la présomption d’innocence de l’ancien président Zapatero et a qualifié les procédures de sauvetage de Plus Ultra de « soignées et transparentes », après son accusation d’organisation criminelle, de mensonge et de trafic d’influence.
  • Qui est derrière ? Elma Saiz s’est exprimée au nom du gouvernement lors de la conférence de presse après le Conseil des ministres.
  • Quel impact cela a-t-il ? Le PP a demandé la comparution urgente de Sánchez, et le PSOE s’aligne pour défendre Zapatero, évitant le discours juridique mais se montrant fier de son héritage.

Elma Saiz, ministre porte-parole du Gouvernement, est apparue ce mardi à la conférence de presse après le Conseil des ministres avec une mission claire : protéger la figure de l’ancien président José Luis Rodríguez Zapatero après son accusation dans l’affaire Plus Ultra. Avec un ton qui mêle affection personnelle et fermeté institutionnelle, Saiz a défendu la présomption d’innocence de l’ancien président et a défendu la « propreté et la transparence » des procédures qui ont entouré le sauvetage de la compagnie aérienne pendant la pandémie.

Le Tribunal national a convoqué Zapatero à témoigner comme faisant l’objet d’une enquête le 2 juin, pour les délits présumés d’organisation criminelle, de falsification de documents et de trafic d’influence, comme l’ont confirmé des sources judiciaires. La nouvelle a secoué la matinée politique et a obligé le gouvernement à réagir en quelques minutes. Saiz a évité d’associer la décision judiciaire au concept de lawfare suggéré par d’autres voix du Parti socialiste. « De cette table, un maximum de respect pour la justice », a-t-il déclaré.

La réaction de la Moncloa : respect de la justice et fierté de l’héritage de Zapatero

Le porte-parole a combiné trois messages. La première, institutionnelle : « La justice appliquera la justice, et de notre part une collaboration maximale ». La seconde, personnelle : « J’ai autant d’affection personnelle pour Zapatero que la droite ne l’aime pas. » Le troisième, politique : il a vanté son héritage. « Ses deux mandats ont représenté la plus grande transformation sociale du pays grâce aux avancées en matière de droits. « La société a vaincu l’ETA sous sa présidence », a-t-il souligné.

Saiz a qualifié les procédures de sauvetage de Plus Ultra de « soignées et transparentes », sans entrer dans les détails des irrégularités sur lesquelles enquête le juge Calama. La ligne de Moncloa est claire : séparer l’accusation personnelle de Zapatero de la gestion du gouvernement actuel et éviter que cette affaire ne contamine l’action législative. Un porte-parole de Ferraz consulté par Moncloa.com souligne que « le parti soutient la présomption d’innocence, mais ne va pas judiciariser la politique », en référence voilée aux critiques du PP.

Le PP exige la comparution urgente de Sánchez et met à rude épreuve le Parlement

Quelques minutes après l’accusation, le Parti Populaire a enregistré une demande de comparution urgente du Président du Gouvernement au Congrès. Les plus populaires veulent que Sánchez explique le rôle de son prédécesseur dans un sauvetage financé avec des fonds publics. « Il est insoutenable que l’ancien président soit accusé d’organisation criminelle et que l’actuel reste silencieux », a déclaré le porte-parole du PP, Esteban González Pons.

Le Groupe Parlementaire Socialiste, par la voix de son porte-parole Patxi López, a répondu qu’il n’y avait aucune raison pour une comparution extraordinaire et a accusé le PP d’« utiliser une procédure judiciaire pour s’opposer ». En attendant la décision du Congressional Board, la majorité des investiteurs pourrait bloquer l’initiative. Cependant, cet épisode ajoute des frictions à un climat parlementaire déjà chaud.

La défense de l’héritage de Zapatero et le calme institutionnel de Saiz cherchent à contenir la pression dans une semaine où l’opposition aiguise l’argumentation judiciaire.

L’Axe du pouvoir socialiste

L’affaire Plus Ultra place le PSOE face à un dilemme délicat. D’une part, l’inculpation d’un ancien président est le signe que les tribunaux scrutent la gestion publique, ce que le parti ne peut remettre en question sans entrer en contradiction avec son discours sur le respect institutionnel. D’un autre côté, l’héritage de Zapatero – le retrait d’Irak, l’égalité du mariage, la loi sur la dépendance et la fin de l’ETA – continue d’être un atout émotionnel pour les bases. Ferraz a opté pour une défense à deux niveaux : la présomption d’innocence comme principe juridique incassable et la fierté politique dans une période qui a transformé l’Espagne. La prudence en matière de lawfare est calculée : ils ne veulent pas importer les arguments du mouvement indépendantiste catalan, mais ils ne veulent pas non plus donner des munitions à une opposition qui accuse déjà le gouvernement de s’emparer des institutions.

Dans les fédérations territoriales, la nouvelle est accueillie avec malaise. Les barons socialistes savent que la répétition des scandales judiciaires – réels ou instrumentalisés – érode la confiance de l’électeur centriste. Le président de Castilla-La Mancha, Emiliano García-Page, a évité de s’exprimer en public, même si des sources proches admettent que cette affaire renforce sa thèse selon laquelle le parti doit privilégier l’exemplarité. En Catalogne, le PSC de Salvador Illa, tourné vers les élections municipales, préfère faire profil bas. Pendant ce temps, à la Moncloa, on espère que la comparution de Zapatero le 2 juin dissipera les doutes et que le juge n’adoptera pas de mesures conservatoires qui prolongeraient le bruit.

🌹La note de Ferraz

  • Message fort : Présomption d’innocence et transparence : l’ancien président mérite le même respect que n’importe quel citoyen devant la justice.
  • Protagoniste: Elma Saiz (Ministre porte-parole du gouvernement).
  • Prochaine étape : Convocation à témoigner depuis Zapatero le 2 juin devant le juge Calama du Tribunal national.