Les policiers apprécient positivement la loi sur la récidive malgré « son utilisation partisane »

Thibault Delacroix

Ce jeudi, le Congrès des députés a approuvé la loi Junts pour lutter contre la récidive criminelle multiple. L’initiative législative a été approuvée par 302 voix pour, 36 contre et 8 abstentions. Ainsi, le Code pénal et le Code de procédure pénale sont modifiés et le vol de téléphones portables est puni d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. Podemos, Sumar et Bildu ont voté contre et l’ERC s’est abstenu. La police nationale, du syndicat Jupol, apprécie « positivement qu’une large majorité parlementaire au Congrès approuve une loi sur la récidive multiple, qui va dans le sens de nos revendications de durcissement législatif ».

La nouvelle règle imposera une amende d’un à trois mois de prison si le montant de ce qui a été volé ne dépasse pas 400 euros. Avant, cela n’entraînait pas de peine de prison. Mais la peine pour vol peut être étendue à une peine de prison d’un à trois ans si la personne est récidiviste de trois délits moins graves.

Ainsi, la récidive multiple est considérée comme une circonstance aggravante qualifiée, qui permet aux juges d’augmenter la peine jusqu’à la moitié au-dessus du maximum légal fixé pour le type de délit. De plus, en augmentant la nature de la peine, il facilite l’adoption de mesures plus sévères, comme la détention provisoire, pour les personnes qui accumulent des dizaines de petits larcins.

Un autre facteur aggravant sera le vol du téléphone portable, un comprimé ou un ordinateur contenant des données personnelles. Cette circonstance aggravante ne s’applique pas si le téléphone mobile est neuf et provient par exemple d’un magasin inutilisé.

Dans un autre amendement convenu avec le PP, le PSOE et le PNV, les sanctions en cas de récidive multiple sont étendues aux cas de fraude à but lucratif, « lorsque la tromperie est suffisamment utilisée pour provoquer une erreur chez autrui ».

Enfin, un amendement accepté par PP, PNV et Junts établit un peine de prison d’un à cinq ans pour le soi-disant « petaqueo » qui fournit un soutien logistique aux bateaux de drogue en punissant « l’acquisition, la possession, le dépôt, le stockage, le transport ou la fourniture, avec une imprudence manifeste, de toute forme de combustibles liquides » en violation des lois ou d’autres dispositions générales.

ÉVALUATION DES POLICIERS

Cette réforme pénale, initialement conçue pour intensifier la répression des délits répétés de vol, de fraude et d’autres délits mineurs, représente, selon Jupol, « une réponse insuffisante et tardive à un grave problème de sécurité citoyenne qui affecte quotidiennement la police nationale et la société en général ».

La norme approuvée vise à durcir les sanctions pour les individus qui commettent des vols et des délits mineurs de manière répétée, même avec des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et des mesures de précaution leur interdisant de s’approcher de certains lieux, ainsi que des sanctions aggravées pour les délits mineurs d’escroquerie s’ils sont commis de manière répétée.

Cependant, Jupol prévient que « le débat politique a transformé la question de la sécurité publique en un instrument de négociation partisane et que la norme approuvée manque de mesures efficaces et opérationnelles qui permettent réellement aux policiers et au système judiciaire de lutter efficacement contre la criminalité répétée et organisée ». Le syndicat dénonce que l’initiative ait été traitée davantage comme un geste de recomposition politique que comme une réponse structurelle à l’insécurité citoyenne.

Pour cette raison, la Jupol exige des mesures concrètes et la fourniture immédiate de ressources aux forces et organismes de sécurité de l’État, « avec plus de personnel, de formation et de moyens techniques pour enquêter et démanteler les réseaux de récidivistes multiples, ainsi qu’une réforme globale du Code pénal et du Code de procédure pénale qui accompagne les sanctions avec des outils procéduraux efficaces et des délais de réponse judiciaire réduits », disent-ils dans un communiqué.

En outre, « un engagement politique ferme et non opportuniste est nécessaire, sans utiliser la sécurité publique comme monnaie d’échange parlementaire, et cela va au-delà des slogans et des discours grandioses », ajoutent-ils.

Enfin, pour Jupol, il est nécessaire que tous les mécanismes possibles soient mis en place pour générer une plus grande coordination institutionnelle entre la police, le parquet, les juges et les administrations territoriales afin de garantir que la nouvelle loi ne reste pas lettre morte.

JUPOL rappelle que la sécurité n’est pas seulement une question pénale, mais nécessite une approche globale : « prévention, enquête, poursuites et réinsertion, en plus de politiques publiques qui garantissent le respect des droits des citoyens et la coexistence. L’organisation prévient que, sans budget, sans personnel policier suffisant et sans réelle volonté politique, cette loi ne résoudra pas le sentiment croissant d’impunité dont souffrent des millions de citoyens et que les agents subissent chaque jour sur le terrain », concluent-ils.