Ignacio Garriga présente le 29-N comme l’occasion de mettre fin à la « peur » que, selon lui, le Gouvernement de Pedro Sánchez en Espagne. Il l’a fait depuis Santa Coloma de Gramenet (Barcelone), lors d’une apparition devant les médias au cours de laquelle le secrétaire général de Voix a lié le scrutin à la situation à Ceuta et à la détérioration des services publics.
Qu’a affirmé Garriga et avec quels arguments
Le chef de Voix a présenté le 29 novembre comme un choix binaire : poursuivre la politique de l’Exécutif socialiste ou promouvoir un changement qui garantisse le fonctionnement des services publics et la sécurité dans les rues. Il reste 27 jours pour des élections générales qui sont essentielles pour mettre fin à la peur », a-t-il déclaré, avant de souligner au président du gouvernement : « La peur que représente Pedro Sánchez, qui représente le gouvernement espagnol et que tous les Espagnols souffrent.
La thèse du parti est que l’événement de novembre permet de « commencer à reconstruire tout ce que Pedro Sánchez et le Parti Socialiste ont détruit » et de « retrouver cette sécurité, cette prospérité et cette liberté dont jouissait auparavant la majorité des Espagnols ». Garriga a accusé l’Exécutif d’avoir généré de l’insécurité et de l’incertitude dans de nombreux quartiers et villes du pays, et a exigé de reprendre le contrôle des frontières et d’expulser, conformément aux procédures légales, les étrangers qui commettent des délits.
Le point le plus délicat est venu avec Ceuta. Le secrétaire général a dénoncé de nouveaux épisodes de violence et d’affrontements au cours du week-end dans la ville autonome et a exigé de « récupérer Ceuta pour les Espagnols ». « Nous allons restaurer la normalité pour la population de Ceuta », a-t-il souligné, avec la protection des frontières et la sécurité des citoyens comme priorité déclarée du futur gouvernement.
La comparution a également abordé l’état du réseau ferroviaire, après avoir évoqué la possibilité de fermer temporairement la ligne à grande vitesse Madrid-Barcelone pour entreprendre des travaux de maintenance. Garriga a tenu le responsable politique Parti socialiste de la détérioration des infrastructures et a critiqué la position du président de la Generalitat, Salvador Illa. « Le Parti Socialiste est responsable de la peur que les Espagnols ont aujourd’hui de prendre le train », a-t-il conclu.
A cela s’ajoute le coût du logement des plus jeunes, une question que le leader a placée au centre de l’usure de l’Exécutif et que Vox relie avant tout au manque de sécurité juridique et à la pression sur les terrains disponibles. Le diagnostic du parti est que la prospérité, considérée comme acquise il y a dix ans, se détériore et que la réponse implique un changement politique fondamental.
Vox place la sécurité et la frontière au centre de sa campagne : chaque épisode à Ceuta ou sur le réseau ferroviaire renforce sa thèse du changement.
Quel chemin prend le message dans la dernière ligne droite ?
Il reste 27 jours et les règles du calendrier. Le choix du lieu n’est pas neutre : Santa Coloma de Gramenet, dans la zone métropolitaine de Barcelone, permet à la direction nationale de projeter un message de portée nationale depuis un territoire où le parti aspire à se développer. La frontière, le train et le logement sont des thèmes que la formation transfère à la campagne comme une facture de l’Exécutif socialiste.
Au moment de la rédaction de ces informations, il n’y avait aucune réponse publique de la part du gouvernement à ces déclarations. Dans le domaine de la droite, la lutte pour l’électorat de centre-droit continue de conditionner le cadre : tout message de Vox sur l’immigration ou les forces de sécurité le PP pour fixer sa position aux mêmes heures. La direction de Vox part de l’hypothèse que cette campagne se décidera dans le domaine de la sécurité plutôt que dans celui du débat économique.
La stratégie de Vox 27 jours après le 29-N
Le mouvement correspond à un modèle connu. Vox fixe l’agenda en matière d’immigration et de sécurité depuis plusieurs cycles et force le PP réagir à droite ; avec 33 députés dedans Congrès des députés et troisième force de la Chambre, la formation mesure son utilité politique par sa capacité à entraîner le reste de l’arc parlementaire vers ses positions. La nouveauté de cette apparition est le ton : moins articulé et plus d’ambiance.
Le pari comporte un risque évident. Concentrer le discours sur la « peur » et à Ceuta mobilise un électorat très sensible à la sécurité, mais laisse en arrière-plan d’autres questions qui décident également des sièges. La direction le sait et c’est pourquoi elle a émaillé son intervention de références aux services publics, aux logements pour les jeunes et aux infrastructures ferroviaires.
Le précédent le plus utile pour lire le défi est la propre trajectoire du parti depuis 2019 : lorsque le débat public s’est déplacé vers la frontière ou la sécurité, Vox a amélioré sa position relative ; Lorsque la campagne s’est tournée vers l’économie ou vers les pactes, les performances ont été moindres. Cette lecture explique le scénario fermé de ce début. A 27 jours de la fin, la direction mise sur le premier scénario et une campagne finale axée sur l’immigration, tandis que le 29-N décidera si cette thèse se traduit par des sièges.






