EN 30 SECONDES
- Que s’est-il passé ? Le suivi SocioMétrica publié par El Español place le PP plus de cinq points au-dessus du PSOE et porte la somme du PP, Vox et UPN à 200 sièges.
- Qui est derrière ? SocioMetric (Insight Analytics) : 3 223 entretiens CAWI cumulés depuis le 1er septembre, échantillonnage non probabiliste et erreur d’équilibrage estimée à ± 3 %.
- Quel impact cela a-t-il ? Avec une probabilité de 99% d’obtenir la majorité absolue, Sánchez se retrouve sans calcul, Podemos sort de la répartition pour Madrid et Se Acabó la Fiesta menace de soustraire des voix au PP et à Vox.
Le sondage 29N donne au PP plus de cinq points sur le PSOE et 200 places vers PP, Vox et UPN. C’est le portrait que SocioMétrica publie ce soir et celui qui explique pourquoi La Moncloa a transformé la pré-campagne en carrousel.
La série diffusée par El Español donne à cette somme un 99 % de probabilité de la majorité absolue. Traduit en politique pratique : avec ce calcul, Pedro Sánchez n’aurait aucun moyen de revenir à la Moncloa, même si sa pré-campagne s’est accélérée. Et le PP, en outre, double pratiquement le nombre de sièges de Vox, malgré la croissance enregistrée par le parti de Santiago Abascal par rapport aux élections de 2023.
L’arithmétique de 29N : là où la somme de gauche se brise
Le PSOE récupère quatre sièges en une semaine et dépasse à nouveau la centaine, mais il le fait aux dépens de ses propres partenaires. Le Frente Amplio et Podemos rivalisent séparément et les attentes des deux s’effondrent. Podemos a également conclu un accord avec ERC pour inscrire quatre de ses représentants sur les listes indépendantistes catalanes : Irene Montero et Gabriel Rufián ont fait leurs débuts en couple ce samedi à Nou Barris, avec Oriol Junqueras dans la salle.
La candidate violette a profité de l’événement pour lancer ses propositions : augmenter le SMI à 1.800 euros, réduire la journée de travail à 30 heures par semaine, « cribler d’impôts ceux qui sont au sommet » et exproprier les appartements des fonds vautours. L’emballage ne compense cependant pas la livraison. La somme de Podemos et de l’ERC est inférieure à son résultat du 11 octobre et la formation n’obtiendrait pas de record pour Madrid, où elle concourt seule.
Irene Montero resterait en dehors du Congrès des députés et conserverait son siège au Parlement européen jusqu’au 29. Ni la candidature canarienne Unidad del Pueblo Canario ni Se Acabó la Fiesta ne se présenteraient, qui reste dans le 2,4% bien qu’il attire 116 000 anciens électeurs du PP et 111 000 électeurs de Vox. Réelle capacité à conditionner la distribution à travers le résidu.
Lorsque le calcul se rapproche de 99%, la campagne cesse d’être une somme d’actes et devient une soustraction d’attentes.
La fiche technique permet de dimensionner tout ce qui précède : 3 223 entretiens CAWI s’est accumulé depuis le 1er septembre, avec des réductions d’estimation en décalage de 3 000, 2 000 et 1 000 entretiens et une post-pondération par date croissante. SocioMétrica, membre d’Insight Analytics, prévient que l’erreur d’échantillonnage n’est pas applicable car il s’agit d’un échantillonnage non probabiliste, bien qu’elle estime l’erreur d’équilibrage à ± 3 %. Un tracking n’est pas une photo, c’est un film, et il faut le lire comme tel.
De la caravane de l’amour au contrat Feijóo
À Moncloa, la lecture est différente. En 2023, il a poussé l’émergence de Sumar car il avait besoin d’un partenaire solide à sa gauche ; Désormais, la stratégie est que Vox se développe aux dépens du PP, suffisamment pour que le PSOE prenne la tête. Il n’y a qu’un seul problème : la poussée de croissance d’Abascal ne compense pas l’hémorragie de l’espace laissé à la gauche du PSOE, et cela désactive à 99 % l’histoire du match nul.
Sánchez a résolu la campagne d’un geste. Samedi, il s’est arrêté à Grenade, a dansé plusieurs chansons de sa liste, a mis ses lunettes pour lire un poème de Lorca et a annoncé une interview avec le YouTuber Jordi Wild. La leader du PSOE andalou, María Jesús Montero, a profité de l’assassinat de Lorca et de La Bola Negra pour demander un vote contre le fascisme.
Feijóo a choisi le registre inverse. Il fait appel à la solvabilité – « J’ai mon mot à dire » – et a signé son Contrat avec les Espagnolsun document qui comprend la revalorisation des pensions avec l’IPC. La pièce n’est pas cosmétique : elle désactive l’argument central de la campagne de peur que le PSOE agite depuis des semaines et ramène le débat sur le terrain où le PP se sent à l’aise, celui de la conformité.
Le PP atteint la dernière ligne droite avec deux messages qui se renforcent mutuellement. Le premier est la direction accréditée dans le onze communautés autonomes où il règne ; la seconde, la parole donnée dans les engagements qu’il signe. Face à cela, l’adversaire propose une affiche de festival et un groupe de partenaires luttant pour le même espace.
L’Axe du pouvoir populaire
Ce que l’on observe, c’est un schéma que Génova connaît bien : la campagne ne se construit pas sur la somme avec Vox, mais sur l’idée d’une majorité suffisante. Les présidents régionaux – Ayuso à Madrid, Moreno en Andalousie, Mazón dans la Communauté valencienne, Rueda en Galice – apportent l’argument qui fonctionne le mieux dans une Espagne qui marche : des impôts bas, des comptes sains et une administration réactive.
L’atterrissage territorial est l’autre étape. Les communautés populaires ont fait de la politique fiscale leur principale vitrine et c’est là l’aperçu que Génova veut montrer de ce qu’elle ferait au sein du gouvernement central. Au niveau institutionnel, la majorité absolue du PP au Sénat se traduit par une chambre de contestation contre les lois de l’Exécutif, même si le 29N renouvelle les deux chambres et force la revalidation de cette position par les votes.
Il y a un risque qui porte son propre nom et ce n’est pas Vox. Se Acabó la Fiesta recueille 116 000 voix du PP et 111 000 de Vox, et ce transfert, même s’il ne lui donne pas de siège, peut modifier la répartition dans les provinces restreintes. À cela s’ajoute la tentation classique de tout avantage large : la démobilisation de l’électeur lorsqu’il croit que la partie est gagnée. Le précédent de 2011 sert d’avertissement et d’exemple, car le PP a alors converti un avantage durable en majorité absolue grâce au maintien de la tension jusqu’au dernier jour.
🏛️ La Note de Gênes
- Message fort : Solvabilité et parole devant le spectacle : une majorité suffisante est à sa portée et seule la fragmentation du vote peut la diluer.
- Protagoniste: Alberto Núñez Feijóo (président national du PP).
- Prochaine étape : Le 29N, avec le Contrat avec les Espagnols comme axe du tronçon final et les coupes de suivi hebdomadaires comme thermomètre.






