Attaque des Houthis à l’aéroport de Riyad : un Américain meurt et Rubio condamne l’attaque terroriste

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Une attaque au missile menée par les Houthis soutenus par l’Iran sur l’aéroport King Khalid de Riyad a tué au moins 12 personnes, dont un citoyen américain, et en a blessé plus de 300 dans deux terminaux nationaux.
  • Qui est derrière ? Les Houthis, avec le soutien de l’Iran. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, l’a qualifié d’attentat « terroriste ». Donald Trump envisage de se joindre à l’offensive saoudienne.
  • Quel impact cela a-t-il ? Il s’agit du plus grand coup porté à un pays du Golfe depuis l’éclatement du conflit avec l’Iran en février. Elle menace le détroit d’Ormuz et le prix du pétrole brut importé par l’Espagne.

L’attaque des Houthis contre l’aéroport King Khalid de Riyad a fait au moins 12 morts, dont un citoyen américain, et plus de 300 blessés.

Douze morts dans deux terminaux et condamnation immédiate de Washington

Les missiles ont touché samedi deux terminaux de vols intérieurs de l’aéroport international de la capitale saoudienne, comme l’ont confirmé les autorités de l’aviation civile du royaume. Parmi les personnes décédées figurent quatre citoyens saoudiens, un palestinien et des ressortissants du Bangladesh, d’Égypte, de Jordanie, de Syrie et du Soudan. Le général Turki Al-Maki Il a qualifié l’attaque de crime de guerre et a averti que l’armée saoudienne réagirait. Mercredi, une autre attaque des Houthis contre l’aéroport d’Abha a fait deux morts.

Depuis Washingtonle Département d’État a condamné les événements de samedi soir par l’intermédiaire de son chef, Marco Rubio. « Ces attaques répréhensibles démontrent un mépris flagrant pour la vie de civils innocents. Ils doivent arrêter maintenant », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Nous sommes aux côtés du Royaume d’Arabie saoudite et de son peuple et nous transmettons nos condoléances aux victimes et à leurs familles », a ajouté le chef de la diplomatie américaine, qui n’a pas hésité à qualifier les Houthis de « terroristes ».

Trump envisage de se joindre aux attentats et le brut regarde Ormuz

La question qui pèse sur Riyad est de savoir si les États-Unis entreront dans le conflit. Lorsqu’on lui a demandé s’il se joindrait aux bombardements saoudiens contre les milices, le président américain a été éloquent et concis : « Peut-être que oui. Nous allons l’étudier. Nous venons d’apprendre l’attaque, nous allons donc prendre une décision. Nous avançons très vite», a-t-il déclaré. Donald Trump. Le président a ajouté qu’il s’entretiendrait avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmaneet que son administration maintient la « communication » avec les Houthis.

Il s’agit de la plus grande attaque lancée contre un pays du Golfe depuis l’éclatement du conflit ouvert avec l’Iran en février, selon l’agence AP. Ces données transforment une crise régionale en un problème énergétique mondial. Le détroit d’Ormuz, par lequel passe environ un cinquième du pétrole brut mondial, est à la portée des Houthis et de leur parrain iranien. Toute escalade se traduit par une augmentation immédiate du prix du baril.

La décision de Trump ne se mesure pas en kilomètres de distance, mais en prix du baril que tout conducteur espagnol paiera demain.

L’Espagne n’est pas à la table des négociations, mais elle figure sur l’affiche. Le pays importe pratiquement tout le pétrole brut qu’il consomme et dépend des marchés internationaux pour fixer le prix de l’essence, du diesel et, par conséquent, de l’électricité. Un rebond soutenu du Brent se retrouvera dans le panier de toutes les familles espagnoles dans quelques semaines. À cela s’ajoute la présence d’entreprises espagnoles dans la région, de Repsol aux entreprises de construction réalisant des travaux publics dans le Golfe et aux contrats de défense qui lient Madrid à Riyad depuis des décennies.

Logique de Washington

Pour comprendre la réponse américaine, il faut remonter quatre décennies en arrière. En 1980, Jimmy Carter énonce la doctrine qui porte son nom : toute tentative d’une puissance étrangère de contrôler le golfe Persique serait considérée comme une attaque contre les intérêts vitaux des États-Unis. Sept ans plus tard, Ronald Reagan a ordonné que les pétroliers koweïtiens soient rebaptisés sous pavillon américain pour les protéger de l’Iran. Washington n’improvise pas dans le Golfe : il a déjà récité ce manuel.

La coalition qui soutient cette logique est cependant tendue. L’électorat qui a porté le président au pouvoir Maison Blanche se méfie des guerres lointaines, et l’équipe présidentielle le sait. L’alliance avec l’Arabie Saoudite, scellée en 1945 entre Roosevelt et le fondateur du royaume, nous oblige également à réagir lorsqu’un citoyen américain décède. C’est la contradiction classique de L’Amérique d’abord: se retirer du monde tout en protégeant un ordre énergétique dont dépend l’économie américaine.

La prochaine étape sera la conversation entre atout et Mohammed ben Salmaned’où peut ou non découler la participation directe américaine aux bombardements. Dans le même temps, les marchés ignorent déjà le risque géopolitique. Pour l’Espagne et l’UE, chaque jour d’escalade nous rappelle que la sécurité énergétique du continent se joue, en grande partie, à des milliers de kilomètres de Bruxelles.

Dossier

  • Le cas : Une attaque de missiles Houthis contre l’aéroport King Khalid de Riyad tue 12 personnes, dont un citoyen américain, et fait plus de 300 blessés.
  • Données clés : Au moins 12 morts et plus de 300 blessés. Il s’agit de la plus grande attaque contre un pays du Golfe depuis le déclenchement du conflit avec l’Iran en février. Trump envisage de se joindre aux attentats saoudiens.
  • Pour l’Espagne : Le risque lié au détroit d’Ormuz menace le prix du pétrole brut importé par le pays et pèse sur les factures énergétiques des entreprises et des ménages.