Les familles des victimes du 11 septembre exigent que Trump déclassifie le rôle de l’Arabie Saoudite alors que la CIA publie 71 rapports

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le INC. a déclassifié 71 rapports présidentiels qui George W. Bush reçu avant le 11 septembre. Plusieurs ont prévenu que Al-Qaïda préparait des attentats aux États-Unis.
  • Qui est derrière ? La diffusion coïncide avec la demande des familles des victimes de Donald Trump déclassifier le rôle de Arabie Saoudite.
  • Quel impact cela a-t-il ? Il n’existe aucune mesure économique ayant un effet direct sur l’Espagne. L’intérêt est politique et fondamental : il rouvre le débat sur les responsabilités et la transparence du renseignement.

Le INC. a rendu public 71 rapports présidentiels qui George W. Bush reçu avant le 11 septembre. Il ne s’agit pas d’un paquet bureaucratique : plusieurs documents décrivent la détermination d’Oussama ben Laden à attaquer le sol américain.

Ce que disent les 71 rapports publiés par la CIA

Le rapport le plus cité date du 6 août 2001, cinq semaines avant les attentats. Son titre était un avertissement direct : « Ben Laden est déterminé à frapper aux États-Unis ». Dans le texte, il était lu que le chef de Al-Qaïda Il souhaitait mener des attaques sur le territoire américain depuis 1997.

Le 28 août, soit 14 jours seulement avant le 11 septembre, un autre rapport décrivait les opérations de Ben Laden comme expertes et flexibles. La cellule terroriste, a-t-il ajouté, a préparé des cibles grâce à une surveillance avancée et a protégé ses plans de toute détection. Il ne s’agissait pas de données flottantes : il s’agissait de schémas indiquant une attaque dans une phase avancée.

En juillet 2001, les avis étaient déjà opérationnels. La Maison Blanche a appris qu’une attaque parrainée par Ben Laden avait été retardée tandis que d’autres préparatifs se poursuivaient. Ces articles s’inscrivent dans la chronologie établie par le Commission du 11 septembre en 2004.

Pression des familles : l’Arabie Saoudite au centre du dossier

Les familles des victimes ne se contentent pas de lire les avis qu’elles ont reçus Buisson. Ils veulent l’administration atout déclassifier ce que Washington sait de l’implication de l’Arabie Saoudite dans les attentats. La demande n’est pas nouvelle, mais la diffusion des 71 rapports lui apporte un puissant soutien symbolique.

Depuis des années, les familles poursuivent la responsabilité de Riyad devant les tribunaux. L’argument est désormais plus simple : si les avis présidentiels sont publiés, le chapitre saoudien peut également l’être. Cette séquence oblige la Maison Blanche à décider si la transparence a une limite au Moyen-Orient.

La déclassification de la CIA soulève une question inconfortable : pourquoi les avertissements existaient alors que l’alerte n’a pas été activée.

Logique de Washington

Lecture de Washington Cela ne nécessite pas de croire aux complots. Il suffit de comprendre une coalition de victimes, de membres du Congrès républicains et démocrates et de commandants des services de renseignement qui font pression en faveur de la déclassification depuis deux décennies. La Maison Blanche ne publie pas ces documents par hasard : elle le fait pour contrôler le discours et répondre à une demande de plus en plus organisée.

Le précédent le plus proche est celui des 28 pages du Congrès sur l’Arabie saoudite, retenues pendant des années et publiées en 2016 sous la pression des deux partis. Ce mouvement n’a pas rompu l’alliance avec Riyad, mais il a forcé à justifier les zones sombres. La logique de l’administration Trump est similaire : déclassifier pour ne pas se laisser prendre dans la fuite.

Il y a un deuxième calcul. La relation avec Arabie Saoudite est stratégique pour Donald Trumpet la déclassification du chapitre saoudien pourrait avoir des coûts diplomatiques. Pour l’instant, la CIA a montré ses avertissements à Bush et a laissé en suspens ses conclusions sur Riyad.

Pour Espagnele thème nourrit un principe qui Moncloa et Bruxelles le sait bien : la transparence du renseignement est gérée comme une décision politique. Le 11 mars 2004 a introduit les liens entre terrorisme et financement international dans le débat espagnol, et l’expérience nord-américaine montre une fois de plus que chaque publication de documents a un propriétaire et une époque.

La projection est claire. La CIA a déjà agi ; la décision finale sur les documents liés à Arabie Saoudite reste entre les mains de l’Exécutif. La prochaine fenêtre sera la réponse de la Maison Blanche aux nouvelles demandes formelles de déclassification.

Dossier

  • Le cas : Le INC. a publié 71 rapports présidentiels qui George W. Bush reçus dans les mois précédant le 11 septembre, avec des notifications sur les projets de Al-Qaïda.
  • Faits marquants : les 6 et 28 août 2001, plus un avis de juillet ; 25ème anniversaire des attentats ; pétition des familles pour déclassifier le rôle de Arabie Saoudite.
  • Pour l’Espagne : Intérêt politique et de renseignement : la déclassification sélective renforce le principe de transparence mesurée et peut rouvrir le débat sur les pays tiers.