Vox protège le recensement électoral : la Cour suprême confirme la suspension du CERA en raison de la « loi sur les petits-enfants »

Thibault Delacroix

La Cour suprême confirme la suspension des inscriptions au CERA en raison de la « loi sur les petits-enfants » après l’appel de Vox.

L’appel de Vox et l’alerte de la Cour suprême

Les deux voitures du Quatrième Section de la Chambre Contentieuse-Administrative ont été notifiés ce jeudi et confirment la décision prise mardi à la demande de Voix et de Iustitia Europa. La Haute Cour met en garde contre un « risque d’altération des listes électorales » et évalue un « danger fondé, réel et grave » pour l’objectivité et la transparence des élections.

La Chambre considère que l’augmentation extraordinaire et constante des inscriptions dans le Recensement électoral des résidents absents (CERA), dérivé de l’interprétation large établie par le ministère de la Justicepeut générer « une incertitude fondée sur le résultat électoral ».

Le recensement est permanent, il est mis à jour chaque mois et continue d’intégrer les électeurs. Si des élections avaient lieu avant que la Cour suprême ne rende sa décision, une éventuelle décision favorable aux appelants arriverait trop tard pour en corriger les conséquences. La Chambre est consciente du soi-disant danger du retard, une des exigences des mesures de précaution.

La résolution, soutenue par cinq des six juges de la Quatrième Section, n’annule pas la nationalité espagnole des personnes concernées. Il suspend seulement les effets électoraux de certaines inscriptions le temps que le fonds soit liquidé. Les dossiers en cours d’instruction pourront être clôturés, mais leur incorporation au recensement sera suspendue, à moins que l’exil du père, de la mère, du grand-père ou de la grand-mère ne soit prouvé pour les motifs prévus par la loi.

L’origine du litige réside dans la distance entre le Loi sur la mémoire démocratique et l’instruction que la Direction générale de la sécurité juridique et de la foi publique a émise le 25 octobre 2022, six jours après l’approbation de la règle. La huitième disposition supplémentaire reconnaît le droit d’opter pour la nationalité aux descendants d’Espagnols qui l’ont perdue ou y ont renoncé en raison d’un exil politique, idéologique, religieux ou en raison de leur orientation ou identité sexuelle.

La suspension évite qu’un futur arrêt de la Cour suprême ne perde de son efficacité face à des élections avec des inscriptions qui pourraient ensuite être déclarées contraires à l’ordonnance.

Quels sont les effets immédiats de la décision de précaution ?

La mesure fut soutenue par cinq des six magistrats de la Quatrième Section ; le magistrat Alicia Millán a émis un vote dissident contre la suspension. La décision ne retire pas la nationalité à ceux qui figurent déjà ainsi au CERA, mais elle gèle ses effets électoraux jusqu’à ce qu’une décision soit rendue sur le fond.

L’instruction contestée maintient sa validité administrative, mais sans la capacité de continuer à élargir le fichier électoral en raison de l’interprétation que la Cour suprême remet en question. Les dossiers déjà initiés pourront être traités jusqu’à leur conclusion, mais aucun ne pourra être incorporé électoralement jusqu’à ce que la qualité d’exilé soit prouvée dans les termes requis par la loi.

La stratégie de Vox contre la « loi sur les petits-enfants »

Pour Voixl’ordonnance de la Cour suprême valide sa thèse juridique : le ministère de la Justice a élargi administrativement les hypothèses de la Loi Mémoire Démocratique pour augmenter extraordinairement le recensement des résidents absents. La suspension laisse le gouvernement avec une interprétation judiciairement contestée et renforce l’argument du parti en faveur de la propreté du processus électoral.

La bataille juridique est liée au rejet par Vox de la norme elle-même et à son affirmation selon laquelle le recensement ne peut pas dépendre d’interprétations larges dictées par une orientation générale. Le précédent a du poids : si la décision du fonds confirmait ce critère, il pourrait annuler des milliers d’inscriptions électorales déjà réalisées et renvoyer la question au Congrès des députés.

Vox considère cette décision comme un soutien à sa stratégie de contrôle légal du recensement, un flanc que le parti continuera à exploiter dans son opposition au gouvernement. La suspension préventive ne clôt pas le débat, mais elle laisse le ministère de la Justice confronté à la nécessité de revoir une interprétation que la Cour suprême a mise en doute.