EN 30 SECONDES
- Que s’est-il passé ? Feijóo a rejeté le modèle de financement régional convenu avec ERC et l’a qualifié d’« anti-modèle ».
- Qui est derrière ? Alberto Núñez Feijóo, président national du PP, dans une interview à Saint-Jacques-de-Compostelle.
- Quel impact cela a-t-il ? Les communautés autonomes du PP participeront au Conseil de Politique Fiscale et Financière le 4 septembre avec une position unanime de blocage.
Le président national du PP, Alberto Nuñez Feijóoa rejeté ce dimanche le modèle de financement régional négocié par le Gouvernement et l’ERC et l’a défini comme « l’anti-modèle ». Dans une interview accordée à Saint-Jacques-de-Compostelle, le leader populaire a averti qu’un exécutif « en phase terminale » n’est pas autorisé à approuver un système qui conditionnera la santé, l’éducation et les services sociaux des Espagnols.
La déclaration intervient cinq jours seulement avant que le ministère des Finances ne rencontre le Conseil de politique fiscale et financière. Le département dirigé par Arcadi España a retardé l’appel jusqu’à 4 septembre après la demande de report des communautés autonomes régies par le PP.
Le rejet des « anti-modèles » : trois arguments contre la proposition du Trésor
Feijóo a déployé un triple argument. « Premièrement, ce n’est pas un modèle, c’est un système de survie ; deuxièmement, le gouvernement va distribuer de l’argent qu’il n’a pas et que le budget de l’État n’a pas ; et troisièmement, c’est un modèle conçu par un parti indépendantiste en Catalogne», a-t-il résumé.
Le président national du PP a assuré que l’Exécutif « n’a pas pour objectif le fonctionnement des services publics » car, selon lui, il est incapable de gérer les politiques qui lui correspondent. Il a évoqué ceux de l’intérieur, de la sécurité, de l’extérieur, de l’immigration et de l’enfance.
Selon Feijóo, ce qui se cache derrière l’accord avec ERC est « d’acheter avec l’argent des services publics du peuple espagnol la survie de quelques mois supplémentaires au sein du gouvernement espagnol ». Dans ce contexte, il a défini le rôle d’Oriol Junqueras, qu’il a désigné comme le concepteur et présentateur du nouveau modèle depuis sa sortie du Palais de la Moncloa.
Le modèle que Feijóo rejette n’est pas seulement une répartition territoriale : c’est la preuve que la majorité parlementaire d’investiture détermine le financement des services de base.
La réunion du 4 septembre et la position unanime des territoires
Le Conseil de Politique Fiscale et Financière du 4 septembre Il s’agit du premier examen public de la proposition. Pour Feijóo, l’Exécutif n’a pas son propre modèle : « Le gouvernement n’a pas de modèle de financement, le gouvernement a un modèle de subsistance », a-t-il ajouté.
La proposition du ministère des Finances, selon le leader populaire, a le soutien uniquement de la Catalogne et des îles Canaries. Le ministre Arcadi Espagne a retardé l’appel suite à la demande des communautés autonomes du PP, qui considèrent inacceptable de négocier une répartition des ressources sans disposer des budgets généraux et avec un accord préalable avec une force indépendantiste.
Feijóo a également demandé que soit examiné le rapport de la Fedea, qui met en garde contre les risques pour la solvabilité de l’État et le traitement favorable accordé à la Catalogne. « En effet », a-t-il répondu lorsqu’on l’a interrogé sur ce document ; Selon lui, la proposition actuelle « n’est pas un modèle », c’est « l’anti-modèle, qui est radicalement différent ».
Le parti fonde ce rejet sur l’égalité des services. Feijóo a comparé les possibilités d’un citoyen d’Almería, de Ceuta ou de Saint-Jacques-de-Compostelle de se faire opérer, d’envoyer un enfant à l’école ou de recevoir des soins à domicile. Le slogan de Gênes est clair : le financement ne peut pas se transformer en une vente aux enchères entre territoires.
Le diagnostic de Gênes est sévère. Les communautés du PP ont déjà forcé le report de la nomination et vont maintenant se présenter avec une position de blocage qui rendra difficile au gouvernement de présenter un projet fermé.
L’Axe du pouvoir populaire
La position de Feijóo n’est pas un geste isolé. Gênes a transformé le rejet du financement régional convenu avec l’ERC en un étendard de cohésion interne : les onze communautés autonomes gouvernées par le PP ont soutenu le report du CPFF, et les présidents régionaux les plus éminents – Ayuso, Moreno, Rueda ou Mazón – partagent le diagnostic selon lequel il s’agit d’une répartition politique et non d’un modèle de financement.
Au niveau territorial, l’argumentaire populaire se concentre sur l’égalité entre les citoyens. Feijóo a expressément cité un citoyen d’Almería, de Ceuta ou de Saint-Jacques-de-Compostelle ; L’idée selon laquelle chacun devrait avoir les mêmes possibilités d’opérer une prothèse, d’envoyer un enfant à l’école ou de recevoir des soins à domicile est au cœur de l’histoire du PP. Face à une Espagne fragmentée par les quotas et les concerts, le parti présente l’alternative d’une répartition équitable des ressources.
La lecture historique renforce l’argument de Gênes. La dernière grande réforme du financement des régions, approuvée en 2009, a été négociée dans un contexte de majorité parlementaire différente et surtout sans que la survie d’un exécutif dépende de la signature d’un parti indépendantiste. Cet accord est désormais épuisé ; mais le PP maintient que la solution ne peut pas passer par une « vente aux enchères » en dehors du Conseil de Politique Fiscale et Financière.
La majorité des présidents régionaux du PP soutiennent la feuille de route tracée par Feijóo. Le risque immédiat pour le gouvernement est évident : si le Trésor persiste à présenter un projet avec le seul soutien de la Catalogne et des Canaries, le choc institutionnel avec les communautés populaires aura lieu lors de la réunion du 4 septembre.
🏛️ La Note de Gênes
- Message fort : Le gouvernement distribue l’argent qu’il n’a pas et conçoit un modèle de survie politique, et non un système de financement des services publics.
- Protagoniste: Alberto Núñez Feijóo (président national du PP).
- Prochaine étape : Conseil de Politique Fiscale et Financière du 4 septembre avec la position unanime des communautés autonomes du PP.






