Ayuso accuse Sánchez pour l’Italie : « Spectaculaire tourner le dos à l’Occident » avec 70 000 billets pour Ceuta

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? La présidente de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a sévèrement critiqué le gouvernement de Pedro Sánchez pour avoir rétabli les contrôles aux frontières avec l’Italie alors que 70 000 migrants Ils sont entrés à Ceuta cette année.
  • Qui est derrière ? Isabel Díaz Ayusoprésidente de la Communauté de Madrid et baronne clé du PP, qui a rendu publique sa position sur les réseaux sociaux.
  • Quel impact cela a-t-il ? La plainte expose une contradiction de l’exécutif en pleine crise migratoire et exerce une pression sur le gouvernement dans un domaine – la défense de l’Occident – ​​sur lequel Génova veut capitaliser.

Isabel Díaz Ayuso a accusé Pedro Sánchez ce samedi de la décision de son gouvernement de rétablir les contrôles aux frontières avec l’Italie, une mesure qui contraste avec la situation à Ceuta, où, selon les mots de la présidente elle-même, « plus de 70 000 personnes sont entrées illégalement ».

« La confrontation avec l’Italie est très intelligente. Nous avons laissé entrer illégalement plus de 70 000 personnes uniquement par Ceuta et nous avons interdit l’entrée des Italiens, un pays frère qui investit et contribue à l’Espagne. Ce tourner le dos à l’Occident est spectaculaire », a écrit la dirigeante populaire sur ses réseaux sociaux.

Un affrontement diplomatique qui révèle les deux poids, deux mesures du gouvernement

La décision de Fernando Grande-Marlaskaministre de l’Intérieur, a communiqué vendredi après-midi aux autorités de l’Union européenne, arguant que la pression migratoire sur la route de la Méditerranée centrale affecte la République italienne et, par extension, la sécurité des autres États membres de l’espace Schengen.

Cependant, cette mesure intervient alors que le poste frontalier de Ceuta continue d’enregistrer un flux massif d’entrées irrégulières. Selon les données gérées par l’opposition, depuis janvier, plus de 70.000 migrants sont entrés par cette voie, un chiffre cité par Ayuso pour souligner la contradiction de l’exécutif.

La presse italienne, qui a suivi l’affaire de près, parle déjà d’un « affrontement total ». Le journal Corriere della Sera titre : « L’Italie et l’Espagne, c’est maintenant une confrontation totale », et prévient que les nouveaux contrôles pourraient affecter le tourisme italien aux îles Baléares et Canaries, où l’ordre a déjà été prolongé.

Le PP territorial soutient l’argument d’Ayuso

De Gênes, le porte-parole national Borja Sempre a soutenu samedi matin la ligne tracée par Ayuso, soulignant que « la cohérence de la politique d’immigration ne peut pas être sélective ou dépendre de calculs diplomatiques à court terme ». L’argument du parti insiste sur le fait que la priorité doit être la défense des frontières extérieures et la collaboration avec les partenaires européens, et non la bagarre avec un pays allié.

Dans le reste des barons populaires, la réaction a été similaire. De la Junta de Andalucía, le président Juanma Moreno Il a rappelé que « on ne peut pas exiger des Italiens qu’ils agissent sur l’immigration et en même temps les punir par des mesures unilatérales ». Et dans la Communauté valencienne, des sources du gouvernement de Carlos Mazón Ils soulignent que « le double standard à Ceuta n’est pas viable ».

Le contraste entre la dureté avec l’Italie et l’inaction à Ceuta a été précisément l’axe de la déclaration publiée par le Groupe parlementaire populaire du Congrès, qui demandera la semaine prochaine la comparution de la ministre Grande-Marlaska pour expliquer le rétablissement des contrôles et la gestion de la crise migratoire à la frontière sud.

Plus de 70.000 entrées irrégulières par Ceuta tandis que les barrières sont levées pour les Italiens : l’incohérence de l’Exécutif est révélée.

L’Axe du pouvoir populaire

L’intervention d’Ayuso n’est pas seulement un geste d’opposition au gouvernement, mais aussi une démonstration de la capacité du PP à articuler son propre discours sur la défense de l’Occident. Ces derniers mois, le président madrilène est devenu une voix particulièrement inconfortable pour la Moncloa sur des questions telles que l’immigration irrégulière, la collaboration avec l’Italie ou la politique étrangère. Et il le fait avec une liberté de ton que d’autres dirigeants populaires, plus liés par les équilibres territoriaux, ne peuvent pas toujours se permettre.

D’un point de vue territorial, le message d’Ayuso touche directement l’électorat de centre-droit qui considère la crise migratoire comme une priorité nationale. Les communautés gouvernées par le PP – notamment l’Andalousie, Madrid, Murcie et la Communauté valencienne – réclament depuis des mois plus de ressources et une politique de l’État qui ne se limite pas aux « patchs diplomatiques », selon les mots d’un baron consulté par ce média. Le contraste avec la gestion du gouvernement central est, en ce sens, l’un des principaux atouts du parti face aux prochaines échéances électorales.

La lecture stratégique est claire : Génova veut maintenir la pression sur Sánchez sur le flanc de l’immigration, mais sans s’engager dans des alliances inconfortables avec Vox. La voie d’Ayuso – ferme, ancrée dans le débat occidental et sans véhémence – sert cet objectif et renforce la position des dirigeants nationaux.

Le risque existe cependant pour le PP : si le conflit avec l’Italie est résolu avant que la controverse n’atteigne l’électorat, l’effet sera dilué. Pour l’instant, les sondages internes du parti montrent que l’immigration incontrôlée s’est installée parmi les trois principales préoccupations des Espagnols, ce qui fait de ce type d’intervention un atout électoral. La prochaine comparution parlementaire de Grande-Marlaska sera l’indicateur le plus fiable de l’ampleur que peut atteindre cette impulsion.

🏛️ La Note de Gênes

  • Message fort : Le gouvernement Sánchez applique deux poids, deux mesures en matière de politique d’immigration, punissant un partenaire européen tout en autorisant une entrée massive via Ceuta.
  • Protagoniste: Isabel Díaz Ayuso (présidente de la Communauté de Madrid).
  • Prochaine étape : Apparition de la Ministre Grande-Marlaska au Congrès pour donner des explications sur la mesure avec l’Italie et la gestion de Ceuta.