

Le temps presse et le temps presse contre le gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sánchez. C’est pour cette raison que dans les salles du Congrès des députés, les décibels sont montés dans leur agitation et leur polarité désormais classiques. Il faut rappeler que quatre mois seulement avant l’échéance finale pour atteindre les jalons et les objectifs liés au «Fonds de nouvelle génération», le Parti Populaire (PP) a déclenché toutes les alarmes parlementaires.
L’offensive du PP est totale : plus d’une centaine de questions enregistrées et la demande de comparution de treize ministres pour rendre compte de ce que l’opposition qualifie de terrible gestion d’une énorme somme d’argent public. L’inquiétude n’est pas seulement politique, mais structurelle, compte tenu de la possibilité réelle que l’Espagne doive restituer ou renoncer à des milliards d’euros destinés au transformation du modèle de production.
La situation, selon les données fournies par le Groupe parlementaire populaire, est une paralysie administrative inquiétante. Douze des vingt-deux ministères de l’Exécutif actuel sont situés en dessous du 32% des paiements effectuésun chiffre qui détonne frontalement avec le récit officiel d’une reprise robuste impulsée par Bruxelles.
La Commission européenne a approuvé cette manne financière dans le but de moderniser l’économie après la pandémie, mais le déploiement effectif sur le terrain semble s’être heurté à un mur de difficultés. bureaucratie et manque d’efficacité opérationnelle. Le risque n’est pas seulement l’argent qui n’arrive pas, mais aussi les réformes laissées à mi-chemin et la perte de compétitivité par rapport à nos partenaires européens.
Le défi d’exécuter 40% des transferts en un temps record
L’analyse détaillée des chiffres révèle une réalité arithmétique difficile à digérer. Le Gouvernement est confronté au défi herculéen d’exécuter, avant le 31 août, un total de 32 milliards d’euros correspondant aux virements non remboursables. Pour mettre ces données en perspective, cela signifie mobiliser 40 % de tous les fonds directs en seulement 120 jours, alors qu’au cours des cinq dernières années, l’appareil d’État n’a pu exécuter qu’un peu plus de 47,8 milliards.
Ce écart d’exécution suggère que le rythme des dépenses devrait se multiplier de façon exponentielle, ce que les experts considèrent pratiquement impossible compte tenu de la rigidité des processus d’attribution et de paiement.
La méfiance du Parti Populaire se fonde sur ce qu’il appelle des « doutes plus que raisonnables » quant au degré de respect des nouveaux engagements acquis dans l’avenant de décembre. Les données sont éloquentes : sur les 163 014 millions d’euros initialement alloués à l’Espagne, le gouvernement a déjà renoncé à 60,454 millionsen plus de supprimer 17 lois du calendrier et de réduire les investissements d’une valeur de 10 milliards d’euros supplémentaires.
Ce perte de l’ambition réformiste De l’avis de l’opposition, cela représente un revers dans les plans de résilience dont le pays avait besoin pour protéger son avenir économique face aux incertitudes mondiales.
Impact direct sur le logement et le tissu économique espagnol
L’un des points où le manque d’exécution est le plus douloureux est celui du logement et de la numérisation des petites entreprises. Les conséquences de la non-atteinte des objectifs sont tangibles pour le citoyen moyen. Dans le secteur immobilier, l’ambition initiale de rénover ou d’améliorer plus de 576 000 logements a subi une réduction drastique, se réduisant à un peu plus de 36 000 certificats énergétiques.
Cette baisse des objectifs affecte non seulement le secteur de la construction et de la rénovation, mais impacte aussi directement le facture d’énergie familialequi perdent la possibilité de vivre dans des logements plus efficaces et moins dépendants du gaz ou de l’électricité.
De même, le programme phare de numérisation, le bien connu Trousse numériqueprésente des symptômes d’épuisement ou de mauvaise planification. Même si l’objectif était de faire bénéficier 2,5 millions d’entreprises et de travailleurs indépendants pour qu’ils puissent faire le saut vers l’économie 4.0, la réalité est que seules 865 000 PME ont réussi à accéder à cette aide.
Le résultat est un tissu commercial à deux vitessesoù une grande majorité de petites entreprises sont exclues de la modernisation technologique nécessaire pour survivre dans un marché de plus en plus mondialisé. Le manque de coordination et la charge administrative excessive apparaissent, une fois de plus, comme les principaux responsables de cet arrêt brutal.
Le revers de l’adaptation climatique et de la politique de l’eau
La crise climatique n’attend pas la bureaucratie, mais les fonds destinés à la combattre semblent y être piégés. Les plaintes présentées par le PP se concentrent sur Réduction de 28 % des étapes clés de la politique de l’eauune ressource essentielle pour l’agriculture et la consommation humaine dans un pays menacé par la désertification.
Le retard dans les infrastructures d’approvisionnement essentielles n’est pas seulement un problème d’investissement, mais aussi un problème de sécurité nationale à moyen terme. En abandonnant 3,5 milliards d’euros spécifiquement destinée à l’adaptation au changement climatique, l’Espagne perd un temps précieux à préparer ses côtes, ses campagnes et ses villes aux événements météorologiques extrêmes.
Par ailleurs, dans le domaine de l’énergie, des retards pouvant aller jusqu’à 24 mois sur des projets clés Ils compromettent sérieusement l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique. Sans ces investissements, la capacité de l’Espagne à diriger la transition verte en Europe est diminuée.
L’élimination des critères d’innovation dans ces projets, également dénoncée par les populaires, vide de son contenu le caractère transformateur que l’Union européenne exigeait. Le risque est que les fonds soient utilisés pour remédier à des situations temporaires au lieu de construire une infrastructure énergétique solide et résiliente qui réduise les coûts de production pour l’industrie nationale.
Le PERTE et la paralysie du secteur industriel stratégique
Le joyau du Plan de relance, les Projets stratégiques de relance et de transformation économique (PERTE), traversent également une période creuse. La réduction de ces projets a été drastique, passant d’une prévision de 42,480 millions d’euros à seulement 25,314 millionsce qui représente une réduction de 40,4 %.
Cette baisse touche des secteurs critiques comme l’automobile électrique, la microélectronique ou la santé de pointe. Le PP exige de savoir quels montants ont été effectivement versés aux entités bénéficiaires, car on craint qu’une grande partie des fonds ne soient « engagés » mais non transférés, ce qui signifie en pratique que l’argent ne circule pas dans l’économie réelle.
Pour le principal parti d’opposition, l’origine de cet échec n’est pas une question de manque de moyens, mais d’un conception défaillante et gestion inefficace. Ils soulignent l’arrogance de l’Exécutif lors des négociations et l’absence d’une authentique co-gouvernance avec les communautés autonomes et les conseils municipaux, qui sont ceux qui connaissent le mieux les besoins du territoire.
Le manque de volonté politique de simplifier les procédures a transformé ce qui devrait être un moteur de croissance en un labyrinthe de fenêtres fermées. Si un miracle administratif ne se produit pas dans les quatre prochains mois, l’Espagne pourrait entrer dans l’histoire comme le pays qui a eu la plus grande opportunité financière du siècle et la laisser filer pour rien. effondrement bureaucratique.






