Le monastère fondateur de l’ordre trappiste, l’abbaye de La Trappe à Soligny-la-Trappe dans l’Orne (Normandie), est en voie de disparition. Les moines du monastère du nord de la France envisagent d’abandonner le site et de déménager d’ici 2028, comme le citent les médias religieux français dans un communiqué de l’ordre. Les raisons en sont le manque de rentabilité, le manque de jeunes talents et le vieillissement.
Plusieurs monastères déjà fermés
Une initiative visant à sauver l’abbaye avait échoué auparavant. Une restauration de bâtiments historiques estimée à douze millions d’euros a échoué faute de financement. Enfin, des visites publiques du monastère visaient à stimuler l’intérêt des jeunes gens pour le mode de vie des moines.
S’éloigner du monastère fondateur constituerait un autre revers majeur pour l’ordre trappiste traditionnel en Europe. Récemment, de nombreuses abbayes ont déjà dû fermer, notamment Notre-Dame de Port-du-Salut et Oelenberg en Alsace en France (toutes deux en 2024) et Bellefontaine en 2026 ; le seul monastère trappiste d’Allemagne et d’Autriche, Mariawald dans l’Eifel (2018) et Engelszell (2025). Des sites importants aux Pays-Bas et en Belgique ont également été et sont fermés, comme Achel, Zundert et Tegelen.
Contre-tendance en Afrique et en Asie
En Afrique et en Asie, cependant, de nouveaux monastères ont vu le jour au cours des dernières décennies. Selon l’ordre, il y avait récemment environ 100 monastères trappistes d’hommes et 75 monastères de femmes dans le monde, ce qui signifie plus que doubler en 75 ans. Mais dans le même temps, le nombre de religieux a diminué de manière significative, à environ 1 350 trappistes et 1 300 trappistes dans le monde.
Les Trappistes, les « Cisterciens de la Stricte Observance », comptent parmi les ordres les plus stricts de l’Église catholique. Les Trappistes sont un ordre indépendant depuis 1892. Ses débuts réformistes à La Trappe, en France, remontent au XVIIe siècle, lorsque le noble Armand Jean Le Bouthillier de Rancé (1626-1700), nommé abbé par le roi, se convertit à une vie pieuse.
Ordre Réformé des Cisterciens
L’ordre réformateur bénédictin des Cisterciens tire son nom du monastère de Cîteaux près de Dijon, fondé en 1098. L’accent mis sur le travail manuel, l’agriculture et la bonification des terres a donné à l’ordre une grande importance dans la colonisation orientale allemande au Haut Moyen Âge.
Il était conforme à l’esprit des Cisterciens de voyager jusqu’au bout du monde pour se consacrer entièrement à Dieu dans la solitude du désert. Le travail – établir l’agriculture et la pêche – qui dans l’Antiquité était réservé aux esclaves, était une voie de grâce pour les Cisterciens.






