La promotion de l’épouse du président valencien inquiète Génova 13

Thibault Delacroix

Génova 13 a respiré tranquillement à Valence après la démission de Carlos Mazón, marquée par la gestion chaotique du DANA de 2024, qui a fait 230 morts et une traînée de critiques contre son leadership dans la Communauté valencienne.

La succession de Mazón semble ouvrir un scénario de stabilité pour le Parti populaire valencien, avec Juan Francisco Pérez-Llorca assumer la présidence de la Generalitat avec le soutien de Vox et entretenir de bonnes relations avec la direction provinciale, notamment avec Vicente Mompó, président de la Conseil provincial de Valence.

Cependant, la controverse née autour de l’embauche de Vanesa Soler, compagne de Pérez-Llorca, a alarmé le parti et l’opinion publique, au moment même où les sondages prédisent une égalité technique entre les blocs de gauche et de droite dans la communauté.

Le 3 mars, La Députation Forale de Valence a approuvé une commission de service pour Vanesa Soler, qui lui permettra d’occuper le poste de secrétaire de gestion dans le domaine de l’assistance aux municipalités de l’organisme provincial..

La résolution, signée par le deuxième vice-président du Contracting, le député PP Remedios Mazzolari, justifie l’incorporation de Soler en vertu du « besoin urgent » de pourvoir le poste. Avec un salaire de 52 070 euros par an, Son salaire est plus du double de ce qu’il a reçu en tant qu’administrateur de carrière à la mairie de Finestrat, une ville d’Alicante dont Pérez-Llorca a été maire de 2015 jusqu’à sa nomination comme président du Consell en décembre dernier.

Selon le décret officiel, la nomination de Soler au poste de secrétaire de direction sera valable six mois, ou jusqu’à ce que survienne l’un des motifs de licenciement prévus par le règlement.

La résolution souligne que Soler est fonctionnaire depuis 2008 et que son expérience professionnelle et son parcours justifient la sélection, à la suite d’une procédure qui, selon le Conseil provincial, a inclus d’autres candidats, mais la décision inconvenante a soulevé des ampoules au sein du PP.

L’institution insiste sur le fait que le contrat répond à la nécessité de garantir la normalité opérationnelle dans la zone, en liant indirectement la mesure à la reconstruction des communes touchées par DANA.

Cependant, la controverse ne réside pas tant dans la couverture médiatique de la place que dans son contexte politique et personnel. Le lien direct du bénéficiaire avec le président du Consell a généré un débat sur le népotisme et l’éthique publique, au moment même où Pérez-Llorca cherchait à séparer le PP de la corruption associée aux gouvernements d’Eduardo Zaplana et de Francisco Camps.

Cette action a été décrite par les analystes et les partis d’opposition comme une « Erreur directe »ce qui pourrait renforcer les blocs progressistes dans un scénario électoral de plus en plus incertain. Les comparaisons salariales exacerbent les perceptions de privilèges.

À la Mairie de Finestrat, Soler recevait 25.652 euros bruts par an, tandis qu’à la Députation Forale de Valence, son salaire s’élève à 52.070 euros, avec une masse salariale mensuelle de 3.736 euros, deux versements supplémentaires de 3.614 et un complément spécifique de 2.244. Les syndicats locaux ont noté que cette différence est difficile à justifier par les seuls critères professionnels, renforçant ainsi le récit du favoritisme politique.

De la Generalitat Valenciana, Un porte-parole officiel s’est limité à faire référence à la version du Conseil provincial, qui défend la légalité et la normalité administrative du processus.. Cependant, le manque de transparence sur le nombre de candidats et les critères de sélection a alimenté l’impression que la mesure était taillée sur mesure, favorisant directement le partenaire du président. Vanesa Soler n’a souhaité faire aucune déclaration sur le sujet, ce qui a maintenu la polémique au centre du débat médiatique et politique.

MESSAGE CONTRADICTOIRE ?

La polémique survient à un moment crucial pour le PP valencien. Pérez-Llorca, arrivé au pouvoir après la démission de Mazón et le soutien de Vox, a cherché à se présenter comme un leader capable de moderniser la gestion régionale et de prendre ses distances avec les pratiques contestées de ses prédécesseurs.

Son intervention dans l’attribution controversée de 144 logements de protection publique (VPP) à San Juan, Alicante, avait démontré son intention de se démarquer des cas de favoritisme et de corruption présumée. Cependant, L’embauche de Soler au Conseil provincial pourrait envoyer un message contradictoire qui pourrait éroder l’image de transparence et d’éthique qu’il tente de projeter.

La gestion politique de Pérez-Llorca combine une stratégie de contrôle interne du PP avec une négociation constante avec Vox, un parti dont le soutien a été décisif pour son élection à la présidence de la Generalitat.

Sa bonne entente avec Vicente Mompó, président du Conseil provincial et du PP provincial, a facilité des manœuvres de cette nature, mais la révélation publique de la nomination de Soler a soulevé des ampoules et a permis à l’opposition de remettre en question le leadership du président. Dans le domaine électoral, le ‘erreur directe’ coïncide avec un scénario d’incertitude maximale.

Les derniers sondages reflètent une égalité technique entre la gauche et la droite dans la Communauté valencienne, qui fait de chaque mouvement politique un facteur potentiellement décisif.

La controverse sur Soler alimente non seulement le récit du favoritisme politique, mais offre également aux partis de gauche et aux mouvements citoyens l’opportunité de mobiliser le vote critique et de compromettre la majorité conservatrice en 2027.