Les pays où l’Espagne ne peut plus garantir votre sécurité

Thibault Delacroix

Le scénario géopolitique au Moyen-Orient a atteint un point d’ébullition qui a obligé le ministère espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération à intervenir directement dans la planification des voyages de ses citoyens. Ce 9 mars 2026la mise à jour des recommandations de voyage reflète une dure réalité : la région est dans un état de volatilité jamais vu depuis des décennies, et ce qui est aujourd’hui une destination touristique fonctionnelle pourrait devenir demain une zone d’exclusion aérienne ou un front de combat ouvert.

La diplomatie espagnole, à travers son réseau d’ambassades et de consulats, a publié un rapport détaillé qui classe les pays de la zone selon leur niveau de danger. Le message central est préventif : le gouvernement ne peut pas légalement interdire à un citoyen de voyager, mais il prévient fortement qu’en cas de conflit ouvert ou de fermeture de frontière, la capacité d’évacuation et d’assistance consulaire sera extrêmement limitée, voire impossible.

L’« Axe du non » : destinations interdites pour cause d’extrême sécurité

Dans l’échelle de risque des Affaires étrangères, la couleur noire identifie les pays recommandés ne voyagez en aucun cas. Depuis mars 2026, cette liste est dirigée par L’Iran et le Liban.

La situation dans L’Iran De tension, la situation est devenue considérée comme « un risque extrême pour les citoyens occidentaux ». Les Affaires étrangères préviennent que le risque de détentions arbitraires et la possibilité de fermeture de l’espace aérien sans préavis en cas d’échange d’attaques de missiles sont très élevés. De son côté, le Liban Cela reste une zone d’exclusion pratique pour le tourisme. Les bombardements incessants dans le sud et l’instabilité politique à Beyrouth font du pays une poudrière. Le ministère est direct : si vous êtes là pour le tourisme, il est recommandé de partir pendant que les vols commerciaux continuent de fonctionner.

À cela s’ajoutent les déjà malheureusement courants Syrie, Yémen et Libyeoù la guerre civile et la présence de groupes insurgés font de toute présence étrangère une cible potentielle d’enlèvements ou de violence directe.

Le dilemme d’Israël et des territoires palestiniens

Pour Israëlla recommandation est passée de « prudence » à « voyage non essentiel ». Le gouvernement espagnol recommande reporter toute visite autre que pour des raisons de force majeure. Même si des villes comme Tel-Aviv maintiennent une certaine normalité opérationnelle, le risque d’attaques par saturation de roquettes et l’instabilité des frontières nord et sud font du voyage une loterie sécuritaire.

Quant au Territoires palestiniensla distinction est claire. Gaza est une zone de guerre active avec un risque de mort. En Cisjordanie, une « extrême prudence » est de mise et il faut éviter tout type de rassemblement, car les explosions de violence sont soudaines et difficiles à prévoir. Le ministère prévient également que les postes frontaliers avec la Jordanie pourraient fermer par intermittence, laissant les voyageurs coincés dans un no man’s land.

Tourisme sous surveillance : Egypte, Jordanie et Émirats

Les pays qui sont traditionnellement les moteurs touristiques de la région, comme L’Égypte et la Jordanieils restent dans une couleur orange « extrême prudence ». Le voyage n’est pas totalement déconseillé, mais il est demandé aux Espagnols de limiter leurs déplacements aux zones strictement touristiques et sous surveillance.

  • Jordanie: Le pays subit l’impact des protestations sociales dues au conflit voisin. Il est recommandé d’éviter les zones frontalières avec la Syrie et l’Irak.
  • Egypte: Le transit par la péninsule du Sinaï (à l’exception des stations balnéaires de Charm el-Cheikh par voie aérienne) et les zones frontalières avec la Libye et le Soudan est totalement déconseillé.
  • Turquie : Bien que géographiquement plus éloignés de l’épicentre, les Affaires étrangères appellent à la prudence dans les provinces du sud-est frontalières de la Syrie et de l’Irak.

Le registre des voyageurs : la dernière ligne de défense

Face à cette crise, le Gouvernement insiste sur un outil fondamental : le Enregistrement des voyageurs. Il s’agit d’une application gratuite où chaque Espagnol qui quitte le pays doit enregistrer ses coordonnées et ses coordonnées. En 2026, avec l’intelligence artificielle intégrée aux systèmes d’urgence des Affaires étrangères, ce registre est indispensable pour localiser les citoyens en cas de « panne » de communication ou d’attaque à grande échelle.

Par ailleurs, les Affaires étrangères émettent un avertissement concernant la assurance voyage. En mars 2026, de nombreux assureurs ont activé des clauses d’exclusion pour « actes de guerre ou de terrorisme ». Si un voyageur décide de se rendre dans une zone déconseillée par le ministère, il est probable que son assurance ne couvrira pas les frais médicaux ni les rapatriements, laissant au citoyen une facture financière insupportable en cas d’incident.

La dernière recommandation est la prudence. Dans un monde hyperconnecté, le désir de visiter des lieux historiques se heurte de plein fouet à la sécurité personnelle. Le ministère des Affaires étrangères est clair : la meilleure façon de se protéger est, pour l’instant, de reporter le voyage jusqu’à ce que la carte du Moyen-Orient cesse de brûler.