Une demi-heure de moins chaque jour ou concentrer les deux heures et demie par semaine pour libérer un après-midi, un vendredi complet ou ajouter des jours entiers de repos. La réduction de la durée maximale légale de travail de 40 à 37,5 heures par semaine équivaut à 1 712 heures par an contre 1 826 heures actuellement, et la clé de la semaine dont vous disposerez désormais ne réside pas tant dans cette réduction que dans la manière dont elle est répartie. La règle fixe la limite hebdomadaire sur une base annuelle, mais laisse le réajustement du calendrier entre les mains de l’entreprise : elle peut soustraire une demi-heure à chaque jour du lundi au vendredi, elle peut accumuler ce temps lors d’un départ anticipé ou même le gérer tout au long de l’année. Ce n’est pas un choix que le travailleur décide par défaut.
Cette marge est ce qui fait du contrôle du temps un véritable champ de bataille. En mesurant la journée de travail en moyenne annuelle, l’entreprise acquiert la capacité de répartir ces deux heures et demie là où elle l’intéresse, et c’est là qu’interviennent des chiffres comme la marge de répartition irrégulière que le ministère du Travail est venu mettre sur la table pour attirer les employeurs. La loi laisse intactes les vacances, qui continuent de dépendre de l’accord, et ne permet pas de compenser la réduction par des jours de repos. En pratique, la négociation collective – plus d’un million de travailleurs déjà couverts par des accords représentant près de 1 712 heures par an – décide si ces deux heures et demie se traduisent par un départ plus tôt chaque après-midi ou par un vendredi de congé par mois.






