Le PP accuse le Congrès des décrets sur le logement : « ils détruiront encore plus le marché »

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? Le PP a critiqué au Congrès les deux décrets royaux sur le logement approuvés ce mardi par le Conseil des ministres, qui, selon lui, « détruiront encore davantage le marché ».
  • Qui est derrière ? Ester Muñoz, porte-parole du Groupe Parlementaire Populaire au Congrès.
  • Quel impact cela a-t-il ? Le Congrès votera la validation des deux normes lors d’une séance plénière extraordinaire ce vendredi 2 octobre.

Le PP accuse ce mardi au Congrès les décrets du gouvernement sur le logement : « ils détruiront encore plus le marché. Le porte-parole du Groupe Parlementaire Populaire, Ester Muñoza reproché à l’Exécutif de ne pas avoir appelé le parti à négocier des mesures qui affecteront des millions de foyers.

Les deux décrets royaux sont arrivés ce mardi au Conseil des ministres après l’accord conclu entre le PSOE et Sumar, et cherchent leur validation au Congrès lors d’une séance plénière extraordinaire ce vendredi 2 octobre. Génova considère que ce calendrier express démontre le manque de volonté de négociation du gouvernement de Pedro Sánchez, qui a préféré lier le soutien à ses partenaires de coalition plutôt que d’ouvrir la main au premier parti d’opposition.

Les critiques populaires s’appuient sur un argument central : le marché immobilier n’est pas réparé par davantage d’interventions, mais par davantage d’offre. Pour Muñoz, les mesures approuvées visent à « détruire encore plus le marché » et à aggraver le problème même qu’elles prétendent résoudre.

« On ne peut pas réparer en 24 heures ce qui a été détruit en huit ans », a résumé le porte-parole devant les médias, dans une phrase qui concentre les arguments populaires des semaines à venir.

Le scénario parlementaire n’est pas facile pour la Moncloa. La validation d’un arrêté royal nécessite une majorité simple et le Gouvernement n’a pas la garantie des votes nécessaires pour exécuter deux règlements importants au cours d’une seule session extraordinaire. L’arithmétique oblige Sánchez à dépendre, une fois de plus, de ses partenaires habituels.

La validation n’est pas n’importe quel vote : c’est le premier véritable examen du parcours logement et le PP y fait face avec l’argumentation écrite.

Que contiennent les décrets et pourquoi le PP les rejette catégoriquement

Les deux décrets royaux incluent l’ensemble de mesures sur le logement convenues par le PSOE et Sumar. Le Groupe parlementaire populaire (GPP) les rejette catégoriquement car, affirme-t-il, ils s’appuient sur des recettes qui ont déjà échoué : plus de réglementation, plus d’intervention et moins d’incitations à construire.

Dans le GPP, on rappelle que la validation d’un décret royal permet au Congrès d’accepter ou d’annuler la norme telle qu’elle a été approuvée par l’Exécutif, sans amendements partiels. D’où l’importance de la séance plénière de vendredi : soit les décrets sont adoptés en bloc, soit ils sont refusés et le gouvernement se retrouve sans son paquet phare.

Le motif se répète. Les communautés autonomes gouvernées par le peuple populaire…Madrid, Andalousie, Galice, Communauté valencienne, Murcie, Castille et León, Aragon, Îles Baléares, Estrémadure, La Rioja et Cantabrie— ont approuvé ces dernières années des mesures de libéralisation foncière, des réductions d’impôts sur les achats et des garanties pour les propriétaires.

Validation expresse au Congrès et absence de négociation

Le reproche sous-jacent de Muñoz est politique : le gouvernement a négocié avec ses partenaires et non avec le principal parti d’opposition. Génova souligne que le PP s’est prononcé à plusieurs reprises sur les questions de logement et que la Moncloa n’a pas fait un seul pas vers le dialogue.

L’absence de négociation a des conséquences pratiques. Un arrêté royal validé sans consensus naît avec une date d’expiration et s’expose aux vicissitudes d’une majorité fragile.

L’Axe du pouvoir populaire

Ce que nous observons est une stratégie claire de la part de Gênes : faire du logement le grand axe d’opposition au gouvernement au cours des prochains mois. La question est liée à l’inquiétude des citoyens et à la gestion éprouvée des communautés autonomes populaires, atout que le parti revendique chaque fois qu’il le peut.

Au niveau interne, le porte-parole de Muñoz au Congrès renforce une ligne de profil technique et de confrontation argumentée. Le dôme de Alberto Nuñez Feijóo Il souhaite que le GPP soit le groupe qui fixe l’agenda du logement, contrairement à un gouvernement qui dépend de ses partenaires pour chaque vote.

Ce n’est pas la première fois que le PP utilise le processus de validation pour faire pression sur la Moncloa. Cela s’est déjà produit avec d’autres décrets votés au minimum, avec le sentiment que l’Exécutif paie un prix de plus en plus élevé pour gouverner sans majorité suffisante. La lecture à moyen terme passe par le Sénat, où le PP dispose de la majorité absolue.

L’atterrissage territorial est évident. Dans les communautés populaires, la politique du logement est devenue l’un des principaux arguments de gestion, et le contraste entre ce qui se fait à Madrid ou en Andalousie et ce que propose le gouvernement central est exactement le cadre dans lequel Génova veut évoluer.

Il y a, oui, un risque. Si le Gouvernement parvient à valider les décrets avec le soutien de ses partenaires, le PP devra tenir le coup sans défaite parlementaire en main. Des choses qui arrivent en politique.

Il reste donc une courte impulsion calendaire. La prochaine fenêtre critique est la session plénière extraordinaire du vendredi 2 octobreoù le Congrès décidera de soutenir ou de rejeter le programme de logement de l’exécutif.

🏛️ La Note de Gênes

  • Message fort : Le logement comme grand axe d’opposition au gouvernement et comme drapeau de gestion des communautés autonomes populaires.
  • Protagoniste: Ester Muñoz (porte-parole du Groupe parlementaire populaire au Congrès).
  • Prochaine étape : Séance plénière extraordinaire du Congrès ce vendredi 2 octobre, pour la validation des deux arrêtés royaux.