L’inflation américaine atteint 3,4 % en août et déclenche les paris sur une hausse des taux de la Fed

Thibault Delacroix

EN 30 SECONDES

  • Que s’est-il passé ? L’IPC américain a augmenté de 0,4 % en août et le taux annuel est resté à 3,4 %, l’essence étant le principal moteur.
  • Qui est derrière ? Le ministère du Travail a publié les données ce vendredi. Les marchés l’interprètent comme un argument en faveur d’une hausse des taux par la Réserve fédérale.
  • Quel impact cela a-t-il ? Des taux plus élevés aux États-Unis rendent le financement mondial plus coûteux, exercent une pression sur l’euro et pourraient augmenter le coût de la dette souveraine espagnole.

L’inflation aux États-Unis a atteint 3,4% sur un an en août et est revenue à Réserve fédérale au centre du débat. L’indice des prix à la consommation a progressé de 0,4% par rapport à juillet, tiré par l’essence, selon le ministère du Travail.

La progression mensuelle a coïncidé avec ce que prévoyaient les économistes, mais l’inflation sous-jacente a été une surprise. Cette mesure, qui exclut l’alimentation et l’énergie, a augmenté de 0,3% sur le mois, soit un dixième de plus que prévu, et s’est modérée à 2,4% sur un an contre 2,5% en juillet. L’inflation de fond se poursuit sans relâche.

Un rebond avec l’essence comme protagoniste

L’essence explique plus du tiers de la progression mensuelle de l’indice général. Son prix a augmenté de 3,9% en août et a accumulé une hausse de 27,4% sur un an, selon les données du ministère du Travail.

Le logement, le poste le plus surveillé par les analystes en raison de son poids énorme dans la consommation, a augmenté de 0,3% mensuellement et de 3,0% annuellement. Le refuge ne refroidit pas et complique le travail de la Fed.

La nourriture à domicile est restée stable au cours du mois et a augmenté de 2,2 % sur un an ; les repas au restaurant ont progressé de 0,3% et 3,4%. Les tarifs de l’électricité ont baissé de 0,2% en août, leur deuxième baisse en trois mois, bien qu’ils restent 3,8% supérieurs au niveau d’il y a un an.

Les biens sous-jacents, sans alimentation ni énergie, n’ont augmenté que de 0,1% et accumulent 0,7% par an. Les services sous-jacents ont augmenté de 0,3 % sur un mois et de 3,0 % sur un an. Les voitures d’occasion augmentent au cours du mois, mais restent 2,3 % moins chères qu’il y a un an.

La Réserve fédérale ne freine pas pour le plaisir : elle le fait parce qu’une inflation persistante est politiquement plus coûteuse qu’un ajustement monétaire.

Le marché anticipe une Fed avec moins de patience

Les investisseurs ont évoqué vendredi la probabilité d’une hausse des taux lors de la réunion de la Réserve fédérale la semaine prochaine. La Fed n’a confirmé aucune décision, mais Le marché adopte déjà un ton plus dur pour contenir les prix.

Pour l’Espagne, le canal de transmission est financier. Des taux plus élevés aux États-Unis ont tendance à renforcer le dollar et à exercer une pression sur l’euro, ce qui rend la facture énergétique plus chère et peut affecter la dette souveraine espagnole. Entreprises espagnoles dont les activités sont en dollars, par exemple : Santander— remarquez le changement dans leurs soldes.

Sur le plan commercial, un dollar fort rend les importations d’énergie plus chères et réduit la compétitivité des exportations espagnoles hors zone euro. Le tourisme peut cependant en bénéficier. Il est moins cher pour le voyageur américain de voyager en Espagne.

Logique de Washington

À Washington, l’inflation n’est pas qu’une simple réalité macroéconomique. C’est le thermomètre qui détermine la popularité de toute administration et, en 2026, l’essence et le logement continueront d’être les prix qui nuisent le plus aux électeurs. C’est pourquoi le Réserve fédéralemalgré son indépendance, lit le CPI avec la même logique électorale que le Congrès : s’il n’arrête pas les prix, le coût politique retombe ensuite sur la Maison Blanche.

Il existe un précédent évident. Paul Volcker, président de la Fed entre 1979 et 1987, a augmenté les taux à 20 % pour briser l’inflation des années 1970 ; Cette dureté a jeté les bases d’une stabilité ultérieure. La Fed actuelle ne répond pas au manuel de Volcker, mais elle répond au même principe. Leur marge est étroite : refroidir l’économie sans briser le marché du travail. La prochaine réunion du FOMC, le Comité fédéral de l’Open Market qui décide des taux, aura lieu la semaine prochaine et dira si les données d’août sont suffisantes pour faire bouger les choses. Pour l’Espagne, les projections comptent : une Fed restrictive maintient la pression sur la BCE et prolonge le scénario de financement coûteux.

Dossier

  • Le cas : L’IPC aux États-Unis a augmenté de 0,4 % en août et de 3,4 % sur un an, l’essence étant la principale pression.
  • Faits marquants : Inflation sous-jacente de 2,4% sur un an ; essence 3,9 % par mois et 27,4 % par an ; logement 3,0% par an. Les marchés augmentent la probabilité d’une hausse des taux lors de la réunion de la Réserve fédérale de la semaine prochaine.
  • Pour l’Espagne : Une pression accrue sur l’euro et sur le financement des États et des entreprises ; Des entreprises comme Santander sont directement exposées au cycle monétaire américain.