Vox ouvre le cap politique en Catalogne pour éroder le PSOE dans la ceinture rouge de Sánchez

Thibault Delacroix

Vox Catalogne Le cours politique à Barcelone s’ouvre ce vendredi avec un rassemblement de Santiago Abascal et Ignacio Garriga. L’objectif affiché est d’éroder le PSOE dans la ceinture rouge de Sánchez et faire de la Catalogne une pièce maîtresse de la stratégie nationale du parti.

Ce que Vox recherche en Catalogne : l’argument de l’immigration et de la sécurité

Le choix de la Catalogne comme point de départ n’est pas fortuit. Abascal n’avait pas visité Barcelone depuis plus de deux ans ; Sa présence ce vendredi cherche à fixer les messages de la nouvelle scène : immigration et sécurité. Dans le contexte de la crise de Ceuta, la direction de Vox considère que la Catalogne, la communauté avec le plus haut pourcentage de population d’origine maghrébine, est un terrain particulièrement réceptif au discours contre l’immigration clandestine.

La devise choisie est forte : « Soit la civilisation, soit la barbarie ». La formation soutient que le défi n’est pas de décider « qui est le plus catalan ou espagnol », mais de protéger les frontières de toute l’Espagne. La menace, insiste la direction, « est aux frontières ». « La priorité nationale, la réimmigration et la déréglementation » seront au centre de la stratégie, selon des sources de gestion rapportées par La Vanguardia.

Dans cette optique, Vox se concentre sur les anciens électeurs du PSOE qui se sentent abandonnés et abstentionnistes. Le parti s’est fixé un objectif symbolique : changer la couleur du ceinture métropolitainedu rouge socialiste au vert Vox. Le message interne est de « remettre la Catalogne sur pied » et de capturer les citoyens fatigués du mauvais fonctionnement des services publics.

Impact et viabilité : le pouls avec le PP et les rencontres avec le monde des affaires

Les sondages réalisés par la direction sont favorables dans l’ensemble de l’Espagne et également en Catalogne. Vox considère cette marge comme une opportunité de jouer un rôle décisif dans la formation des gouvernements locaux, que les élections générales soient avancées ou qu’elles surviennent après les élections. élections municipales en mai prochain. Le parti veut projeter l’image d’un « acteur utile doté d’une capacité de changement » construit dans les autonomies et dans les pactes avec les PP. Il souhaite également profiter de la visibilité de l’événement pour renforcer sa fédération catalane, qui, au cours des derniers cycles, a joué un rôle moins visible dans la stratégie du parti.

L’engagement catalan comprend un agenda de contacts discrets avec les principales entités économiques et commerciales de la communauté. Il existe un intérêt mutuel, selon des sources du parti, quant à l’éventuelle influence de Vox dans un prochain gouvernement. Ce n’est pas seulement un geste d’ouverture ; C’est une opération de légitimation institutionnelle. Le fait que l’ouverture ait lieu à Barcelone confirme que la direction nationale place la place catalane dans la première étape des priorités territoriales.

L’engagement de Vox en Catalogne ne s’arrête pas au rassemblement de Barcelone : il cherche à faire de la ceinture métropolitaine le levier qui décide du prochain cycle électoral.

La lecture stratégique : conditionner Moncloa depuis la ceinture rouge

Le mouvement Vox dépasse la Catalogne. S’emparer des sièges du PSOE dans la communauté la plus décisive pour la majorité des Moncloa peut modifier le conseil d’administration national. La ceinture rouge de Barcelone a toujours été une proie pour le vote socialiste : l’affaiblir mettrait en danger la stabilité du bloc d’investiture. Le précédent de la rupture des gouvernements de coalition autonomes avec le PP a laissé une leçon : sans une base territoriale plus large, l’influence du parti est exposée aux équilibres des autres.

Parement Alliance catalanequi rivalise sur l’axe identitaire, Vox déplace le débat vers les frontières et la gestion des services publics. Il s’agit d’une tentative d’élargir la base et de forcer le PP à s’installer sur le territoire de Vox. Le risque est que l’agenda migratoire perde sa centralité si la crise de Ceuta s’atténue. La direction l’assume : le cours commence en Catalogne et non à Madrid, et cette décision marque la hiérarchie des priorités.

Nos yeux sont tournés vers les mois à venir et vers les élections municipales. Vox veut apparaître comme un parti capable de conditionner les gouvernements locaux, et la Catalogne est le laboratoire de cette stratégie. « Soit la civilisation, soit la barbarie » est un slogan inconfortable, mais il définit précisément le cadre dans lequel Vox veut concourir pour le vote socialiste désenchanté. Le choix de Barcelone comme point de départ n’est pas un clin d’œil au nationalisme, mais plutôt un message direct adressé à l’électeur ceinture rouge.