EN 30 SECONDES
- Que s’est-il passé ? Le régime iranien a averti ses voisins que coopérer avec la campagne de sanctions américaine ferait d’eux des « ennemis » et a menacé de représailles « semblables à un tremblement de terre ».
- Qui est derrière ? L’administration de Donald Trumpqui prépare ce qu’il présente comme la campagne de sanctions la plus sévère de l’histoire contre l’Iran, selon la publication américaine Breitbart.
- Quel impact cela a-t-il ? L’escalade augmente le risque sur le détroit de Ormuzpar lequel circule une partie importante du pétrole importé par l’Union européenne et, avec elle, par l’Espagne.
Téhéran Ce samedi, il a averti ses voisins que coopérer avec la campagne de sanctions de USA en fera des ennemis. Cette menace, rapportée par la publication américaine Breitbart, survient alors que Washington prépare ce que la Maison Blanche décrit comme la campagne de sanctions la plus sévère de l’histoire contre l’Iran.
L’avertissement de Téhéran à ses voisins
La note iranienne ne se limite pas à un avertissement diplomatique. Selon le texte publié samedi, tout pays de la région qui entrerait dans la « guerre économique » promue par le président Donald Trump sera traité comme un ennemi. Téhéran ajoute que les intérêts de ces pays pourraient être la cible de représailles, avec une formule que la menace elle-même qualifie de « similaire à un tremblement de terre ».
Cette déclaration intervient à un moment de tension maximale. Les États-Unis n’ont pas encore détaillé le calendrier exact des nouvelles sanctions, mais des sources administratives consultées par les médias américains insistent sur le fait qu’il s’agira d’un paquet sans précédent, axé sur l’asphyxie des capacités d’exportation iraniennes.
Téhéran n’a pas attendu. La menace de représailles « sismiques » est interprétée avant tout comme un avertissement adressé aux pays du Golfe qui hébergent des bases américaines ou qui pourraient servir d’intermédiaires financiers et logistiques pour la nouvelle série de sanctions.
Le pétrole, Ormuz et la facture énergétique espagnole
La chaîne de Ormuz est de retour au centre du plateau. Environ un cinquième du pétrole mondial circule par ce détroit et, même si l’Espagne n’achète pas de quota important de brut iranien, cela dépend indirectement de l’équilibre des prix sur les marchés mondiaux. Une interruption prolongée du transit ferait monter en flèche le prix du Brent et, avec lui, la facture énergétique européenne.
Les sanctions de Washington ne sont pas une improvisation : il s’agit du même manuel de pression maximale que Trump a appliqué contre l’Iran entre 2018 et 2020.
L’Union européenne a tenté de maintenir sa propre position. Washington a toutefois clairement indiqué qu’il ne ferait pas d’exception : des sanctions secondaires peuvent atteindre toute banque ou entreprise facilitant les opérations avec les entités iraniennes sanctionnées. Pour les raffineries espagnoles, l’effet ne se ferait pas tant sur l’offre que sur les prix et la pression réglementaire.
Le gouvernement espagnol n’a pas encore réagi officiellement à cette nouvelle escalade. A Madrid, la priorité est d’éviter une hausse supplémentaire du prix du pétrole brut, au moment où l’inflation sous-jacente continue de conditionner les budgets. Si le conflit s’aggrave, la position espagnole passera par Bruxelles et par des négociations avec Washington plutôt que par un affrontement direct avec Téhéran.
Logique de Washington
Le pari de Donald Trump Il n’est pas né de rien. C’est la réédition de la campagne de pression maximale qu’il a déjà appliquée lors de son premier mandat, lorsqu’il a retiré les États-Unis de l’accord nucléaire de 2015 et étouffé les exportations iraniennes de pétrole brut avec des sanctions secondaires. L’objectif affiché hier et aujourd’hui est le même : priver Téhéran des revenus qui financent son programme nucléaire et son réseau de milices régionales.
La coalition qui soutient cette ligne au sein du Parti républicain Il est vaste et consolidé depuis des années. Pour la sécurité nationale, l’Iran constitue la principale menace asymétrique au Moyen-Orient. Pour les secteurs les plus proches d’Israël et de ses partenaires du Golfe, la pression économique est une alternative à l’intervention militaire. La logique de Washington ne vise pas seulement à punir : elle cherche à forcer Téhéran à renégocier à partir d’une position de faiblesse.
Le précédent historique est clair. En 2018, la sortie du JCPOA et la baisse des exportations iraniennes n’ont pas fait tomber le régime, mais ont drastiquement réduit sa marge budgétaire et alimenté les protestations internes. La Maison Blanche estime que la répétition, dans un scénario régional plus fragmenté, peut avoir plus d’effet. C’est le pari.
Pour l’Espagne, la lecture immédiate est énergique. Les semaines à venir confirmeront si Téhéran met à exécution sa menace contre ses voisins qui coopèrent avec Washington ou si, comme en 2019, la rhétorique l’emporte sur l’action. La clé ne sera pas à Madrid ou à Téhéran, mais dans le transit par Ormuz et dans la réponse adoptée par les partenaires européens à la nouvelle série de sanctions.
Dossier
- Le cas : Téhéran prévient les pays voisins que coopérer avec la campagne de sanctions de l’administration Trump les transformera en ennemis, avec la menace de représailles « semblables à un tremblement de terre ».
- Données clés : Les États-Unis préparent ce qu’ils présentent comme la campagne de sanctions la plus sévère de leur histoire contre l’Iran ; l’avertissement iranien est diffusé ce samedi selon Breitbart ; Le détroit d’Ormuz canalise environ un cinquième du pétrole mondial.
- Pour l’Espagne : Le principal risque concerne l’énergie et les prix : une interruption à Ormuz rendrait plus cher le pétrole brut importé par l’économie espagnole, avec un risque inflationniste et une pression réglementaire sur les entreprises ayant des liens commerciaux dans la région.






